MADAGASCAR
ASSEMBLEE DU MILLENAIRE
DE
L’ASSEMBLEE GENERALE
DES NATIONS UNIES
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ALLOCUTION
DE SON EXCELLENCE MADAME
LILA HANITRA RATSIFANDRIHAMANANA
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
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New York, 18 septembre 2000
Monsieur le Président,
Je salue,
en choeur avec tous, l'avènement de cette Assemblée générale dans sa 55ème
session. Faisant mienne la Déclaration du Sommet du Millénaire, je réitère son
message:
"Nous les peuples...des
Nations Unies, face aux nouveaux défis."
Nous,
frères et soeurs partenaires liés par et dans notre adhésion aux principes de
notre Organisation ;
Nous, face
à nos attentes et contraintes; ceux de nos pays, de nos peuples respectifs,
avides de paix et de bien-être;
Nous,
également, confrontés aux exigences de la mondialisation - aux risques
multiformes de conflits et de marginalisation ;
Puissions-nous
être solidaires dans nos actions ! Disons alors : "Nous les peuples" inspirés par un nouvel espoir,
réclamant un nouvel élan, pour un Millénaire meilleur.
Monsieur le Président,
Pour votre
élection unanime à la présidence de la 55ème session de l'Assemblée Générale
des Nations Unies, vous sont adressées les félicitations de la délégation de
Madagascar. Hommage est rendu tant à vos éminentes qualités de diplomate qu'à
votre pays, la FINLANDE.
Honneur
est présenté à Son Excellence Monsieur Theo-Ben GURIRAB, Ministre des Affaires
Etrangères de la Namibie, pour le dévouement et la détermination avec lesquels
il a assuré la présidence de notre 54ème Assemblée Générale.
A Monsieur le Secrétaire Général s'adressent nos salutations pour les efforts accomplis. Ses actions vont au bénéfice de tous les citoyens de la planète, tous impatients de sortir des privations et de la misère.
Je saisis
avant tout cette occasion pour remercier du haut de cette tribune
l'Organisation des Nations Unies pour sa résolution A/RES/54/96-M du 14 Mars
2000 ainsi que tous les pays et organismes qui ont apporté leur assistance à
Madagascar à la suite des dégâts cycloniques en début de cette année 2000.
Monsieur le Président,
De la
restructuration de l'ONU, il est plus que temps de concrétiser les réformes
proposées telles que l'élargissement du Conseil de Sécurité, pierre angulaire
de la paix collective, l'allègement de la structure institutionnelle pour une
meilleure opérationnalité, l'amélioration de l'organisation financière en vue
dune répartition équitable des contributions. A propos du droit de veto,
négation même de la démocratie, il ne saurait aller de pair avec les principes
de base de notre Organisation.
Monsieur le Président,
L'Afrique,
comme nous le savons, est malheureusement le siège de conflits permanents. Un
nouvel élan se fait sentir dans la recherche de la voie vers la paix durable et
la réconciliation.
Madagascar,
au sujet de la crise comorienne, respecte la position de l'Organisation de
l'Unité Africaine, issue du 36ème Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement
tenu à Lomé. L'Accord d'Antananarivo en Avril 1999 reste la solution viable
pour mettre un terme à la crise séparatiste anjouanaise aggravée par
l'inconstitutionnalité du régime au pouvoir actuellement.
Madagascar
félicite les efforts menés par le Président Nelson Mandela au Burundi, en sa
qualité de médiateur, efforts ayant abouti à la signature des "Accords
d'Arusha" qui, nous le souhaitons, permettront au peuple burundais de
retrouver son unité, sa sérénité et un nouvel élan pour le développement.
Ayant
longtemps soutenu la lutte pour l'autodétermination du peuple sahraoui, nous
encourageons l'application du plan de règlement des Nations Unies, seul
mécanisme viable pour résoudre les différends entre les deux parties.
Nous nous
réjouissons du résultat de la médiation du Président de la République de Djibouti,
SEM ISMAIL OMAR GUELLEH, grâce à laquelle la Somalie, après plus d'une décennie
de non-Etat de droit, est en voie de retrouver un début de paix. L'élection à
Djibouti, le 26 Août 2000, de Monsieur ABDIKASSIM SALAD HASSAN comme nouveau
Président par le Parlement, est un pas vers la concorde. Le peuple somalien
peut désormais entamer le processus de restauration d'un Etat de droit et de la
paix civile par ses propres efforts et avec le soutien de la communauté
internationale.
La volonté
de dialogue des deux Corée ces derniers mois est encourageante. Nous saluons la
Conférence au Sommet tenue en juin 2000 à Pyongyang consacrée à la
réunification pacifique et la signature de la déclaration commune Nord-Sud. Les
retrouvailles des familles séparées depuis un demi-siècle ont été émouvantes et
méritent d'être facilitées à l'avenir. La décision d'un défilé conjoint des
athlètes du Nord et du Sud aux Jeux Olympiques de Sydney est le reflet d'une
aspiration à la réconciliation.
Monsieur le Président,
Ile
pacifique de l'Océan Indien, Madagascar, par ma voix, réitère son attachement à
la concrétisation du désarmement et compte sur la mise en application des
Conventions condamnant la production, la prolifération et les ventes illicites
des armes sous toutes les formes.
A cet
égard, Madagascar a ratifié le 25 Août 1999 la Convention sur l' interdiction
de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines
antipersonnel. Par ailleurs, actuellement, la procédure de ratification par
notre Parlement de la Convention sur les armes biologiques et à toxine est
enclenchée. La prolifération des armes légères étant l'une des causes de la
multiplication des conflits, mon pays appuie pleinement la convocation sous les
auspices des Nations Unies d'une Conférence internationale sur le commerce
illicite des armes légères sous tous ses aspects en 2001.
Monsieur
le Président,
Hommage est rendu aux volontaires de la paix des Nations Unies, victimes
de la récente agression terroriste au Timor Oriental. Nous soulignons la
nécessité d'une stratégie commune face à cette vague de violence. C'est ainsi
que Madagascar a signé le 1er Octobre 1999 la Convention internationale pour la
répression des attentats terroristes à l'explosif et souhaite la finalisation
rapide du projet de Convention sur la répression des actes terroristes
nucléaires.
Madagascar
appuie fermement les recommandations du rapport Brahimi et souhaite leur mise
en oeuvre effective et rapide en vue de renforcer la capacité de notre organisation
au maintien de la paix. L'accent doit être mis sur la formation, l'équipement
et la sécurité des volontaires de la paix. A cet effet, il est souhaitable que
les pays concernés et avoisinants apportent leur contribution. L'adoption d'une
démarche globale en matière de prévention des conflits est nécessaire car il
importe d'appréhender le problème dès sa source.
Monsieur le Président,
En faveur de la démocratie et du
respect des Droits de l'Homme et des Citoyens, Madagascar s'est associé à la
décision du 35ème Sommet de l'OUA à Alger en 1999 pour condamner toute forme de
, prise de pouvoir anti- constitutionnelle.
La
résolution du 36ème Sommet de Lomé exhorte la Communauté internationale à
condamner unanimement telles pratiques anti-démocratiques et à prendre des
sanctions à l'encontre des régimes qui en sont issus.
Monsieur le Président,
Pour ce Millénaire nouveau, faisons en sorte que l'enfant, avant tout, demeure au coeur de nos actions concertées.
De la Conférence de Genève en Juin 2000 sur le développement social, nous avons retenu la nécessité de protéger l'enfant, de l'informer de ses droits, de l'éduquer pleinement afin de le préparer à la vie citoyenne.
Pour marquer le Sommet du Millénaire, Madagascar a procédé, le 7 Septembre 2000, aux signatures des Protocolés facultatifs relatif, l'un à la Convention des Droits de l'Enfant concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés, et l'autre relatif à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. L'égalité des Droits entre les genres est pour nous un défi permanent.
Monsieur le Président,
En
condamnant tout facteur de régression de l'être humain, nous faisons nôtre la lutte
commune engagée contre les fléaux sociaux, les crimes transnationaux,
tout en soulignant la résurgence de nouvelles préoccupations tels que le
tourisme sexuel, la pédophilie, la propagation du VIH/SIDA.
En choeur avec mes consoeurs Ministres des Affaires Etrangères, nous nous sommes exprimées pour un combat commun contre ce fléau et ce, à travers une lettre adressée à notre Secrétaire Général, Monsieur Kofi ANNAN. Ce dont l'Afrique a besoin, c'est faciliter l'accès aux soins et aux médicaments.
Sans
nullement nous opposer au noble principe de la liberté de pensées et d'expressions,
nous déplorons les effets pervers de toutes les formes d'agression d'ordre
physique et moral engendrées par la prolifération des sectes et la
médiatisation d'images obscènes et immorales. A cet égard, des instruments
juridiques doïvent être conçus et appliqués pour baliser la circulation des
informations électroniques portant atteinte à la moralité.
La
signature par Madagascar, le 7 Septembre 2000, du Protocole facultatif à la Convention relative aux Droits de l'Enfant,
concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie
mettant en scène des enfants, témoigne
de notre volonté d'oeuvrer pour la sauvegarde de la cellule familiale et des
valeurs y associées, source de dignité humaine, garante d'un développement
social stable et durable.
Dans ce contexte, Madagascar s'est exprimé à travers une Loi adoptée en 1999 pour condamner la pédophilie.Madagascar s'est aussi investi dans les différentes étapes des négociations ayant conduit à l'adoption et à la signature le 14 Septembre 2000 du Protocole sur la biosécurité. L'objectif est d'éviter les dangers de l'usage des organismes .génétiquement modifiés. Madagascar se prononce aussi contre toute application des résultats de recherche relatifs au clonage humain.
Monsieur le Président,
Les
difficultés économiques et sociales auxquelles font face nos pays sont aggravées
par les incertitudes découlant des mutations du système international. Ceci
nous amène à devoir renforcer le dialogue. international fondé sur le
partenariat et la responsabilité partagée.
mutuelle contribue à
l'instauration d'un monde harmonieux, Madagascar souscrit à la résolution 53/22
de l'Assemblée Générale proclamant l'année 2001 "Année des Nations Unies
pour le dialogue entre les civilisations."
Monsieur le Président,
Nous
souhaitons que de cette session se dégagent des stratégies qui répondent au
mieux aux impératifs du développement et à ceux relatifs à la sécurité humaine,
conformément au plan d'action proposé par notre Secrétaire général dans son rapport.
Une mise à
niveau général du développement est nécessaire car il est dans l'intérêt de
tous de hisser les pays en développement à un degré de pouvoir d'achat tel que
ceux-ci constitueront, dans un futur proche, des partenaires égaux et se
transformeront en un marché potentiel. L'on déplore les inégalités saillantes
quand nos populations souffrent de famine et de malnutrition et que, ailleurs,
certains affichent une surproduction contrastante. Un tel déséquilibre ne
favorise pas le flux des échanges commerciaux et financiers.
Aussi,
souscrivons-nous à la Déclaration du Sommet du Millénaire qui propose l'adoption
d'une politique d'admission en franchise des produits exportés par les pays en
développement, - l'accroissement de l'aide publique au développement (APD), la concrétisation
du programme d'allègement et d'annulation de la dette.
La tenue
en mai 2001 de la Troisième Conférence de l'ONU sur les Pays les Moins Avancés
(PMA) devra aboutir à des décisions qui, à long terme, concourront à la disparition
de la catégorie PMA de l'échelle des valeurs économiques mondiales.
Dans ce
contexte, nous soutenons les principes de la confiance en soi et de la confiance
réciproque pour établir un Fonds monétaire, un Fonds de développement, et un
Fonds de stabilisation des prix des matières premières: Cette initiative a pour
finalité de réduire à la fois la vulnérabilité des pays en développement vis-à-vis
des facteurs exogènes, d'amoindrir la dépendance de nos économies de celles des
pays développés.
Concernant plus particulièrement l'Afrique,
l'integration régionale et continentale est un impératif pour éviter la
marginalisation. A cet égard, Madagascar a procédé à la signature de l'acte
constitutif de l'Union Africaine, expression de la renaissance d'une Afrique
responsable et souveraine.
Monsieur
le Président,
D'importants
rendez-vous nous attendent en 2001, entre autres la réunion intergouvernementale
de haut niveau sur le financement du Développement, le Sommet mondial sur
l'Enfant, autant d'opportunités pour donner un sens réel aux engagements pris
au cours de cette Assemblée du Millénaire.
Nous
sommes venus à cette session historique, convaincus qu'elle insufflera une énergie
nouvelle à notre Organisation, lui donnera les ressorts d'une dynamique de paix
et de coopération.
Nous
sommes venus car nous avons confiance aux actions concertées face aux multiples
défis d'aujourd'hui.
Nous
sommes venus car nous avons l'espoir en un avenir viable, à l'abri des besoins,
dans un monde de bien- être et de sérénité.
Je vous remercie.