DE SON EXCELLENCE
MONSIEUR RODOLPHE ADADA,
MINISTRE DES AFFAIRES
ETRANGERES, DE LA
COOPERATION ET DE LA
FRANCOPHONIE
A LA 55ème SESSION
ORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE
GENERALE DES NATIONS
UNIES
Monsieur le Président,
Permettez-moi tout d'abord de
joindre ma voix à celles des orateurs qui m'ont précédé pour vous adresser, au
nom de la délégation congolaise, à vous-même ainsi qu'aux autres membres du
bureau, mes vives et chaleureuses félicitations pour votre élection à la
présidence de cette Assemblée générale du Millénaire.
Soyez assuré de la disponibilité
de la délégation congolaise à vous aider dans l'accomplissement de votre
importante et délicate tâche.
Je voudrais également ici rendre
hommage à votre prédécesseur, Monsieur Théo-Ben GURIRAB, Ministre des Affaires
étrangères de la Namibie, pour la dextérité et la sagesse avec lesquelles il a
su accomplir sa mission.
Je voudrais enfin exprimer notre
satisfaction à Monsieur Kofi ANNAN, Secrétaire Général de l'Organisation des
Nations Unies, pour le dévouement et l'efficacité dont il fait preuve à la tête
de notre organisation.
Monsieur le Président,
Le Sommet du Millénaire, ce grand
rassemblement historique, a donné l'occasion aux dirigeants de la planète de
débattre, au plus haut niveau, des questions brûlantes qui nous préoccupent à
l'aube du XXIeme siècle.
L'examen par les Chefs d'Etat et
de Gouvernement du Rapport du Secrétaire Général sur le rôle des Nations Unies
au XXIeme siècle a abouti à des décisions sages et pertinentes dont nous devons
nous féliciter.
Il ne nous reste plus qu'à tout
mettre en oeuvre pour que ces conclusions soient suivies d'effets.
Monsieur le Président,
La réforme de l'ONU, la maîtrise
de la mondialisation, la préservation de l'environnement, la promotion et la
protection des droits de l'homme, le maintien de la paix et de la sécurité
internationales, sont autant de défis qui interpellent l'humanité, aujourd'hui
plus qu'hier.
S'agissant de la réforme de l'ONU,
elle se révèle indispensable. En effet, après plus d'un demi-siècle
d'existence, notre Organisation doit tenir compte de la volonté de tous les
Etats membres de participer à la gestion des affaires du monde. L'ONU doit donc
subir les mutations qui s'imposent afro de s'adapter aux exigences du monde
actuel. Cette réforme apparaît à nos yeux comme une nécessité et une urgence.
Quant à la mondialisation, le
débat n’est plus de savoir si l'on est pour ou contre ce phénomène. La mondialisation
est une réalité tangible qui imprime sa marque dans tous les domaínes des
relations internationales. La mondialisation est en marche, mais elle ne peut
réellement produire tous ses bienfaits sans la prise en compte des intérêts des
pays en développement. Dans ce contexte, les questions d'aide au développement,
de la dette et de l' accès aux marchés des pays développés doivent être
envisagées comme des conditions permissives dune coopération plus fructueuse et
mutuellement avantageuse entre le Nord et le Sud.
Monsieur le Président,
Nous sommes tout aussi concernés
par l'environnement dont la conservation et la protection n'ont pas cessé
d'être au centre des préoccupations de l'ONU depuis la Conférence Mondiale de
Rio de Janeiro, en 1992.
Il importe absolument que notre environnement commun soit
préservé et géré conformément aux préceptes du développement durable.
Encore faudrait-il que nous
acceptions tous, pays développés et pays en développement, gouvernements et
secteur privé, d'en payer le prix, de manière solidaire, pour ôter tout
prétexte à ceux qui n'ont parfois pas d'autre choix que de le dégrader. C'est
là tout l'enjeu de la sauvegarde indispensable de la faune, de la flore et
surtout des forêts des pays en développement.
Le Congo, pays équatorial, se sent
une responsabilité particulière daps ce domaine. Notre gouvernement s'est
engagé résolumment daps la gestion et l'utilisation durables de sa forêt.
Ce sujet sera le point focal de la
réunion ministérielle de l'Organisation Africaine du Bois, qui aura lieu à
Brazzaville, du 9 au 13 octobre prochain.
Monsieur le Président,
En ce qui concerne le maintien de
la paix et de la sécurité internationales, beaucoup d'efforts ont été déployés
par l'Organisation des Nations Unies pour libérer l'humanité du fléau de la
guerre.
Mais nos succès, pour remarquables
qu'ils soient, sont encore loin des attentes angoissées des millions d'hommes,
de femmes et d'enfants à travers le monde.
C'est pour cela que nous appuyons
fermement les propositions du rapport Brahimi et appelons de nos voeux leur
mise en oeuvre rapide.
De même, nous suivons avec intérêt
et espoir, les négociations entre l'Etat d'Israël et l'Autorité palestinienne
et souhaitons vivement les voir couronnées de succès.
Nous nous félicitons également des
derniers développements de la situation daps la péninsule coréenne, d'autant plus
qu'ils traduisent la volonté et l'aspiration profonde des Coréens séparés par
la guerre, de vivre ensemble et en paix.
Nous saluons les résultats obtenus
en Somalie grâce à la médiation de S.E.M. Ismail Omar GUELLEH, Président de la
République de Djibouti. Nous saluons cette véritable renaissance de la Somalie
et formons les voeux les meilleurs pour le retour définitif de la paix daps ce
pays frère.
Monsieur le Président,
En Afrique Centrale, déterminés à
renforcer leurs capacités opérationnelles de maintien de la paix face à la
persistence des crises et conflits qui minent la sous-région, les pays membres
de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (C.E:E.A.C.) ont
décidé de mettre en place un Conseil de Paix et de Sécurité (COPAX) dont le
Mécanisme d'Alerte Rapide et la Force Multinationale de maintien de Paix
comptent parmi les organes opérationnels.
Au-delà de sa mission de
prévention, le COPAX est également une réponse à l'appel du Secrétaire Général
au sujet des forces en attente. Il importe que la Communauté Internationale
contribue au bon fonctionnement de ce mécanisme sous-régional de prévention, de
gestion et de règlement des conflits, daps cette région du monde en proie à des
guerres meurtrières et dévastatrices.
Nous voudrions saisir cette
occasion solennelle pour exprimer notre voeu d'être pleinement associés dens la
recherche de solutions aux problèmes qui nous concernent.
Le vécu quotidien et partagé des
conséquences de ces conflits tributaires du voisinage justifie à tout le moins
cette préoccupation; un voisinage que nous voulons toujours exempt de courants
belligènes.
C'est pourquoi, chaque fois que
nécessaire, le Congo ne ménage aucun effort pour dissiper les malentendus et
renforcer ses liens de fraternité et ses rapports de coopération avec ses
voisins.
C'est ici le lieu d'appeler
l'attention de la communauté internationale sur le drame humanitaire qui se
déroule au Nord-Est de notre pays, du fait de l'afflux massif des réfugiés et
des déplacés fuyant la recrudescence des combats en République Démocratique du
Congo, pays avec lequel nous partageons près de 2000 kilomètres de frontière.
Eu égard à la gravité de cette
situation, le gouvernement de la République du Congo voudrait renouveler son
appel en vue dune assistance conséquente à ces populations en détresse, presque
oubliées de la communauté internationale.
Monsieur le Président,
Ainsi que vous le savez, mon pays,
la République du Congo a été également secoué par des conflits internes. Je
voudrais vows assurer qu'il a retrouvé la paix après la signature, l'année
dernière, des Accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités, grâce à
la médiation de Son Excellence El Hadj Omar BONGO, Président de la République
gabonaise, à qui nous renouvelons notre sincère gratitude.
Le Congo s' est dès lors tourné
vers l' avenir. L' avenir pour nous c' est désormais la consolidation de cette
paix, la réconciliation nationale, la reconstruction du pays et la relance du
processus démocratique.
C'est pourquoi, à partir de ce
mois de septembre 2000, ainsi que le lui a prescrit le Président de la
République, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, le gouvernement
congolais a mission de mener les plus larges consultations sur le projet de constitution
qui sera soumis à 1,'appréciation du parlement de transition- au mois de mars
2001. Son adoption ouvrira la voie au référendum constitutionnel et aux
élections générales.
De même,
duns le cadre de la reconstruction du pays, nous venons d'adopter un programme
intérimaire post-conflit pour la période 20002002 dont la mise en oeuvre
nécessite la mobilisation d'importants moyens financiers, et pour lequel
l'appui de la communauté internationale nous sera indispensable.
Monsieur le Président,
Notre Organisation, on ne le dira
jamais asset, a montré toute son utilité. Sa réforme, qui se veut aujourd'hui
incontournable, a vocation à la rendre plus crédible dons un monde en
perpétuelle mutation et que le phénomène de la mondialisation changera
profondément.
Seine une plus forte volonte
politique orientee vers la lutte contre la pauvreté, l'ignorance, la maladie,
l'injustice et la violence, la dégradation et la destruction de notre planète,
lui garantira ce crédit auprès de Nous, les Peuples des Nations Unies.
Puissent les engagements pris au
Sommet du Millénaire guider notre action quotidienne, afro que le rôle de
l'Organisation des Nations Unies se trouve renforcé au cours de ce siècle pour
le salut de l'humanité tout entière.
Je vous remercie.