DISCOURS

DE SON EXCELLENCE MONSIEUR RODOLPHE ADADA,

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA

COOPERATION ET DE LA FRANCOPHONIE

A LA 55ème SESSION ORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE

GENERALE DES NATIONS UNIES

 

New York, le 19 septembre 2000


 

Monsieur le Président,

 

Permettez-moi tout d'abord de joindre ma voix à celles des orateurs qui m'ont précédé pour vous adresser, au nom de la délégation congolaise, à vous-même ainsi qu'aux autres membres du bureau, mes vives et chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de cette Assemblée générale du Millénaire.

 

Soyez assuré de la disponibilité de la délégation congolaise à vous aider dans l'accomplissement de votre importante et délicate tâche.

 

Je voudrais également ici rendre hommage à votre prédécesseur, Monsieur Théo-Ben GURIRAB, Ministre des Affaires étrangères de la Namibie, pour la dextérité et la sagesse avec lesquelles il a su accomplir sa mission.

 

Je voudrais enfin exprimer notre satisfaction à Monsieur Kofi ANNAN, Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies, pour le dévouement et l'efficacité dont il fait preuve à la tête de notre organisation.

 

Monsieur le Président,

 

Le Sommet du Millénaire, ce grand rassemblement historique, a donné l'occasion aux dirigeants de la planète de débattre, au plus haut niveau, des questions brûlantes qui nous préoccupent à l'aube du XXIeme siècle.

 

L'examen par les Chefs d'Etat et de Gouvernement du Rapport du Secrétaire Général sur le rôle des Nations Unies au XXIeme siècle a abouti à des décisions sages et pertinentes dont nous devons nous féliciter.

 

Il ne nous reste plus qu'à tout mettre en oeuvre pour que ces conclusions soient suivies d'effets.


 

Monsieur le Président,

 

La réforme de l'ONU, la maîtrise de la mondialisation, la préservation de l'environnement, la promotion et la protection des droits de l'homme, le maintien de la paix et de la sécurité internationales, sont autant de défis qui interpellent l'humanité, aujourd'hui plus qu'hier.

 

S'agissant de la réforme de l'ONU, elle se révèle indispensable. En effet, après plus d'un demi-siècle d'existence, notre Organisation doit tenir compte de la volonté de tous les Etats membres de participer à la gestion des affaires du monde. L'ONU doit donc subir les mutations qui s'imposent afro de s'adapter aux exigences du monde actuel. Cette réforme apparaît à nos yeux comme une nécessité et une urgence.

 

Quant à la mondialisation, le débat n’est plus de savoir si l'on est pour ou contre ce phénomène. La mondialisation est une réalité tangible qui imprime sa marque dans tous les domaínes des relations internationales. La mondialisation est en marche, mais elle ne peut réellement produire tous ses bienfaits sans la prise en compte des intérêts des pays en développement. Dans ce contexte, les questions d'aide au développement, de la dette et de l' accès aux marchés des pays développés doivent être envisagées comme des conditions permissives dune coopération plus fructueuse et mutuellement avantageuse entre le Nord et le Sud.

 

Monsieur le Président,

 

Nous sommes tout aussi concernés par l'environnement dont la conservation et la protection n'ont pas cessé d'être au centre des préoccupations de l'ONU depuis la Conférence Mondiale de Rio de Janeiro, en 1992.

 

Il importe absolument que notre environnement commun soit préservé et géré conformément aux préceptes du développement durable.


 

Encore faudrait-il que nous acceptions tous, pays développés et pays en développement, gouvernements et secteur privé, d'en payer le prix, de manière solidaire, pour ôter tout prétexte à ceux qui n'ont parfois pas d'autre choix que de le dégrader. C'est là tout l'enjeu de la sauvegarde indispensable de la faune, de la flore et surtout des forêts des pays en développement.

 

Le Congo, pays équatorial, se sent une responsabilité particulière daps ce domaine. Notre gouvernement s'est engagé résolumment daps la gestion et l'utilisation durables de sa forêt.

 

Ce sujet sera le point focal de la réunion ministérielle de l'Organisation Africaine du Bois, qui aura lieu à Brazzaville, du 9 au 13 octobre prochain.

 

Monsieur le Président,

 

En ce qui concerne le maintien de la paix et de la sécurité internationales, beaucoup d'efforts ont été déployés par l'Organisation des Nations Unies pour libérer l'humanité du fléau de la guerre.

 

Mais nos succès, pour remarquables qu'ils soient, sont encore loin des attentes angoissées des millions d'hommes, de femmes et d'enfants à travers le monde.

 

C'est pour cela que nous appuyons fermement les propositions du rapport Brahimi et appelons de nos voeux leur mise en oeuvre rapide.

 

De même, nous suivons avec intérêt et espoir, les négociations entre l'Etat d'Israël et l'Autorité palestinienne et souhaitons vivement les voir couronnées de succès.


 

Nous nous félicitons également des derniers développements de la situation daps la péninsule coréenne, d'autant plus qu'ils traduisent la volonté et l'aspiration profonde des Coréens séparés par la guerre, de vivre ensemble et en paix.

 

Nous saluons les résultats obtenus en Somalie grâce à la médiation de S.E.M. Ismail Omar GUELLEH, Président de la République de Djibouti. Nous saluons cette véritable renaissance de la Somalie et formons les voeux les meilleurs pour le retour définitif de la paix daps ce pays frère.

 

Monsieur le Président,

 

En Afrique Centrale, déterminés à renforcer leurs capacités opérationnelles de maintien de la paix face à la persistence des crises et conflits qui minent la sous-région, les pays membres de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (C.E:E.A.C.) ont décidé de mettre en place un Conseil de Paix et de Sécurité (COPAX) dont le Mécanisme d'Alerte Rapide et la Force Multinationale de maintien de Paix comptent parmi les organes opérationnels.

 

Au-delà de sa mission de prévention, le COPAX est également une réponse à l'appel du Secrétaire Général au sujet des forces en attente. Il importe que la Communauté Internationale contribue au bon fonctionnement de ce mécanisme sous-régional de prévention, de gestion et de règlement des conflits, daps cette région du monde en proie à des guerres meurtrières et dévastatrices.

 

Nous voudrions saisir cette occasion solennelle pour exprimer notre voeu d'être pleinement associés dens la recherche de solutions aux problèmes qui nous concernent.

 

Le vécu quotidien et partagé des conséquences de ces conflits tributaires du voisinage justifie à tout le moins cette préoccupation; un voisinage que nous voulons toujours exempt de courants belligènes.


                                                                                    

C'est pourquoi, chaque fois que nécessaire, le Congo ne ménage aucun effort pour dissiper les malentendus et renforcer ses liens de fraternité et ses rapports de coopération avec ses voisins.

 

C'est ici le lieu d'appeler l'attention de la communauté internationale sur le drame humanitaire qui se déroule au Nord-Est de notre pays, du fait de l'afflux massif des réfugiés et des déplacés fuyant la recrudescence des combats en République Démocratique du Congo, pays avec lequel nous partageons près de 2000 kilomètres de frontière.

 

Eu égard à la gravité de cette situation, le gouvernement de la République du Congo voudrait renouveler son appel en vue dune assistance conséquente à ces populations en détresse, presque oubliées de la communauté internationale.

 

Monsieur le Président,

 

Ainsi que vous le savez, mon pays, la République du Congo a été également secoué par des conflits internes. Je voudrais vows assurer qu'il a retrouvé la paix après la signature, l'année dernière, des Accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités, grâce à la médiation de Son Excellence El Hadj Omar BONGO, Président de la République gabonaise, à qui nous renouvelons notre sincère gratitude.

 

Le Congo s' est dès lors tourné vers l' avenir. L' avenir pour nous c' est désormais la consolidation de cette paix, la réconciliation nationale, la reconstruction du pays et la relance du processus démocratique.

 

C'est pourquoi, à partir de ce mois de septembre 2000, ainsi que le lui a prescrit le Président de la République, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, le gouvernement congolais a mission de mener les plus larges consultations sur le projet de constitution qui sera soumis à 1,'appréciation du parlement de transition- au mois de mars 2001. Son adoption ouvrira la voie au référendum constitutionnel et aux élections générales.



De même, duns le cadre de la reconstruction du pays, nous venons d'adopter un programme intérimaire post-conflit pour la période 2000­2002 dont la mise en oeuvre nécessite la mobilisation d'importants moyens financiers, et pour lequel l'appui de la communauté internationale nous sera indispensable.

 

Monsieur le Président,

 

Notre Organisation, on ne le dira jamais asset, a montré toute son utilité. Sa réforme, qui se veut aujourd'hui incontournable, a vocation à la rendre plus crédible dons un monde en perpétuelle mutation et que le phénomène de la mondialisation changera profondément.

 

Seine une plus forte volonte politique orientee vers la lutte contre la pauvreté, l'ignorance, la maladie, l'injustice et la violence, la dégradation et la destruction de notre planète, lui garantira ce crédit auprès de Nous, les Peuples des Nations Unies.

 

Puissent les engagements pris au Sommet du Millénaire guider notre action quotidienne, afro que le rôle de l'Organisation des Nations Unies se trouve renforcé au cours de ce siècle pour le salut de l'humanité tout entière.

 

Je vous remercie.