ALGERIE

Intervention

 

de

Son Excellence Monsieur

Abdelaziz BELKHADEM,

Ministre d'Etat,

Ministre des Affaires Etrangères

 

lors du débat général

à la 55ème Session

de lAssemblée Générale

de l'Organisation des Nations Unies

 

New York, le 14 Septembre 2000


s

Monsieur le Président,

 

Je voudrais tout d'abord vous présenter, en mon nom personnel et au nom de la délégation algérienne, mes félicitations les plus chaleureuses à l'occasion de votre élection à la présidence de la 55ème session de l'Assemblée générale de l'ONU, tout en vous souhaitant le plein succès dans l'accomplissement de votre noble tâche.

 

Votre désignation à la direction de cette session, celle du millénaire, est une consécration de vos qualités humaines, de votre expérience et de votre sagesse diplomatique. C'est également un honneur pour votre pays, la Finlande, auquel le lie à l'Àlgérie une solide amitié.

 

Je voudrais également saisir cette occasion, pour exprimer à votre prédécesseur, S.E. M Theo Ben Gurirab, Ministre des Affaires Étrangères de la Namibie, notre profonde appréciation et notre gratitude pour les efforts considérables qu'il a fournis tout au long de son mandat à la présidence de la session précédente de l'Assemblée générale.

 

Je souhaiterais enfin saluer l'esprit d'initiative et d'engagement dont il fait preuve notre Secrétaire général, M. Kofi Annan à la tête du secrétariat de l'ONU, et son action sincère et persévérante en vue de réformer l'Organisation et de la redynamiser pour la preparer à la prise en charge des défis engendrés par l'évolution des relations internationales.

 

Permettez-moi enfin de souhaiter la bienvenue à l'Etat de Tuvalu comme nouveau membre de notre Organisation.

 

Monsieur le Président,

 

Il y a à peine quelques jours, l'ONU a vécu un événement politique sans précédent depuis sa naissance. Il s'agit du Sommet du millénaire. Au vu des développements successifs et accélérés intervenus dans les relations internationales, nous nous devions, nous, peuples des Nations Unies, de prendre le temps, en cette phase de l'Histoire de l'humanité, pour établir un dialogue et nous concerter sur les contours du nouvel ordre mondial en gestation ainsi que ses retombées sur nous, en tant que peuples et en tant qu'Etats, de même que sur l'ONU en ce qu'elle constitue le réceptacle dans lequel s'unissent nos espoirs et nos aspirations collectives.

 



            Le monde a évolué, en un laps de temps très court, d'un systèrne aux repères clairs et précis, vers un système auquel font cruellement défaut des références politiques et économiques. C'est un système défini par des phénomènes dont les caractéristiques sont floues, évoluant au gré de paramètres établis par des forces qui refusent, au nom de la mondialisation, de se plier à toute forme d'orientation et de contrôle collectif et démoeratique.

 

Il n'est dès lors pas surprenant que le phénomène de la mondialisation approfondisse davantage les suspicions et les craintes que ressentent les pays en voie de développement à l'égard de ce nouvel ordre mondial en gestation. L'état actuel des relations internationales, caractérisées par l'injustice et le déséquilibre, est donc appelé à connaître une plus grande détérioration à cause du processus dévastateur d'une mondialisation effrénée.

 

C'est à partir de ce constat que l'on a affirmé avec force au cours du Sommet  du millénaire la nécessité de revigorer l'Organisation des Nations Unies et de redynamiser son rôle, car étant le refuge des faibles et des rnarginalisés. La présence massive des dirigeants du monde entier au Sommet constitue.une preuve irréfutable de l'attachement des peuples et des nations du monde à l'ONU et aux principes et idéaux sur lesquels elle se fonde. L'ONU restera le seul forum fondé sur des idéaux et des références partagées par l'Humanité tout entière, se distinguant par l'universalité de sa composition, et la globalité des ses missions et prérogatives.

 

Monsieur le Président,

 

Il est certain que l'ONU fait aujourd'hui face à des défis nouveaux, qui résultent de mutations internationales rapides, profondes et parfois surprenantes. Personne ne nie le fait qu'elle a bien besoin d'une réforme radicale à même de la préparer et à l'adapter de façon à prendre en charge efficacement les défis actuels et à venir, et jouer un rôle d'encadrement et de rectification des contradictions qui caractérisent les relations internationales.

 

Dans ce cadre, la réforme du Conseil de sécurité et son élargissement se pose avec insistance, car eet important organe souffre à l'évidence d'une représentativité à même de lui conférer davantage de légitimité aux décisions qu'il prend et d'efficacité à son action.

 

De même que la consolidation de la démocratie dans les relations internationales, si l'on voulait lui donner une signification véritable, passe nécessairement par la réhabilitation de l'Assemblée générale et la consécration de son rôle comme source principale de légalité et de légitimité internationales et de contrôle sur les autres principaux organes, conformément à la Charte des Nations Unies. Dans cet ordre d'idées, la marginalisation de l'Assemblée générale pour ce qui est des grandes questions de maintien de la paix et de la sécurité internationales ne permét aucunement à la majorité de l'humanité de contribuer au processus de prise de décision sur le plan international.

 

 

L'ouverture de l'ONU sur son environnement extérieur est une nécessité dictée par l'évolution de la Communauté internationale et les exigences de notre époque. En faisant participer la société civile à ses activités, l'ONU bénéficiera du considérahle apport que les partenaires non gouvernernentaux peuvent fournir pour la prise en charge des besoins des pays en développement, notamment dans les domaines de l'é.ducation, de la santé et du logement. Mais ce partenariat ne peut toutefois se réaliser ni aux dépens des principes et objectifs de l'ONU, ni à ceux de l'indépendance de ses décisions.

 

C'est en partant de eette même vision que nous avons explieité notre position vis à vis de la question de l'intervention humanitaire. Pour nous, il ne s'agit pas de l'acceptabilité ou non de l'intervention en cas de catastrophes humanitaires, mais plutôt de pararnètres juridiques et politiques auxquels devrait obéir toute décision dans ce sens. Nous réclamons donc que des termes de référence soient établis de fagon claire et précise, qui soient adoptés démocratiquement et en toute transparence, et qui reflètent effectivement la volonté de la communauté des Nations. Its devraient être basés sur les principes de solidarité et de justice, excluant toute sélectivité, distinction ou politique de double standard.

 

Monsieur le Président,

 

L'expérience a démontré que la comrnunauté internationale a trouvé en l'ONU le cadre qui lui a permis réaliser des progrés considérables en matière de sécurité et de coopération. Dans le domaine du désarmement par exemple, et grâce aux cadres de négociation et de dialogue disponibles, l'Organisation a pu réaliser des acquis considérables, comme le démontre la signature de nombreuses conventions relatives aux armes de destruction massive et le succès de la Conférence de révision des Etats membres au Traité de non prolifération nucléaire sous la présidence de l'Algérie.

 

L'ONU a également fourni un cadre de coordination des efforts internationaux face aux dangers nouveaux qui menacent la paix et la sécurité internationales, tels que le terrorisme, le crime organisé et le trafic de drogues et des armes. Pour ce qui est du terrorisme, la communauté internationale a entamé un processus de mise en place d'une stratégie visant à combattre ce fléau et à le prévenir. L'ONU et les groupements régionaux ont pu adopter des instruments juridiques qui viennent enrichir la législation internationale relative à la lutte contre les actes terroristes. Nous espérons que ces acquis seront confortés par l'adoption d'une convention internationale globale de lutte contre le terrorisme, qui serait considérée comme un pacte international politique, juridique et moral en matière de lutte contre le terrorisme dans toutes ses formes et ses manifestations.

 

Monsieur le Président,

 

L'Algérie s'attache à ce que ses relations, au sein des espaces de ses appartenances politiques et géographiques, soient régies par une vision d'avenir, et qu'elle les maintienne loin de toute interaction conjoncturelle ou pulsion passagère. Ainsi, dans sa politique à l'égard des peuples et pays auxquels elle est liée par des relations de voisinage, de géographie et de civilisation, s'attache-t-elle à consolider le principe de dialogue et de concertation et de développement des opportunités de coopération et de solidarité, en conformité avec les exigences dictées par le bon voisinage, la communauté du destin, l'intérêt mutuel, la confiance réciproque et la non ingérence dans les affaires intérieure des Etats.

 

En ce qui concerne la région du Maghreb arabe, l'engagement de l'Algérie en faveur de la construction d'un édifice maghrébin stable et prospère, émane de sa conviction que l'unité maghrébine est une option stratégique, dictée autant par les aspirations des peuples de la région, que par la situation internationale actuelle, laquelle situation encourage l'intégration et la formation de blocs. L'Algérie est aujourd'hui disposée à oeuvrer avec ses partenaires maghrébins pour réactiver le processus, partant d'une analyse objective et rigoureuse de l'action maghrébine commune, selon une méthodologie qui, privilégie la rigueur et le pragmatisme, qui a pour objectif une meilleure utilisation des conditions de complémentarité des pays de la région et qui vise à assurer une intégration progressive prenant en compte l'équité et l'équilibre des intérêts.

 

C'est à partir de cette vision que l'Algérie n'a ménagé aucun effort pour contribuer à trouver une solution juste et définitive au problème du Sahara occidental.

 

L'appui de l'Algérie au Plan de règlement de l'ONU se fonde sur son attachement à préserver la sécurité et la stabilité de la région, sans pour autant renier ses principes de soutien au droit des peuples à l'autodétermination. Le plan de règlement, qui a bénéficié de l'adhésion des deux parties, le Maroc et le Front Polisario, et de l'appui de la communauté internationale, demeure l'option pratique et réaliste qui pourra assurer une solution juste et durable à ce conflit. Aujourd'hui que le plan de règlement traverse une phase délicate de son histoire, la communauté internationale, qui a déjà investi des efforts considérables pour sa mise en oeuvre, est appelée à lui accorder encore davantage d'attention et le soutien nécessaires. Grâce aux efforts fournis par le Secrétaire général de l'ONU et son Envoyé personnel, monsieur James Baker, et grâce à la coopération des deux parties, la MINURSO a pu aplanir les difficultés qui avaient longtemps empêché sa mise en oeuvre. Ainsi, il ne subsiste aujourd'hui aucune raison qui justifie les tergiversations ou le bloeage du processus référendaire.

 


En Méditerranée, eonvaincu de l'interdépendanee des intérêts des Etats et des peuples des deux rives de cette mer, mon pays réaffirme son attachement au processus euro­méditerranéen qui constitue un cadre prometteur pour la promotion du dialogue et de la concertation entre les pays de la région, et ouvre de vastes horizons pour la compréhension et les échanges entre leurs cultures et civilisations, et pour améliorer le partenariat au profit de tous leurs peuples.

 

Monsieur le Président,

 

La région du Moyen orient a connu cette année des développements qui ont eu des conséquences importantes, en particulier sur le processus de paix. La question palestinienne, qui est au coeur du conflit arabo-israélien, traverse une phase délicate, qui exige de la communauté internationale davantage de mobilisation pour faire avancer les pourparlers de paix. Le soutien de l'Algérie au peuple palestinien vise à le conforter dans son combat pour jouir de la totalité de ses droits légitimes, y compris son droit à établir son Etat national indépendant avec AI Qods comme capitale. L'Algérie réafiirme également son soutien au peuple syrien frère, et à son droit à récupérer le Golan occupé. Elle exprime aussi sa profonde satisfaction et sa fierté au Liban pour avoir recouvré sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire.

 

L'Algérie réaffirme une fois encore la nécessité de lever l'embargo qui frappe si durement le peuple irakien frère, ainsi que la levée définitive des sanctions qui pénalisent encore les peuples frères de Libye et du Soudan.

 

Monsieur le Président,

 

Le Continent Africain est en train de vivre des mutations profondes qui présagent d'horizons nouveaux pour ses peuples et ses pays. A l'origine de cette évolution se trouve la volonté sérieuse et déterminée des Africains de se libérer des carcans du passé et leur aspiration à l'intégration dans le processus de mutations auquel nous assistons dans le monde d' aujourd' hui.

 


Ainsi, l'espace démocratique ne cesse de s'élargir et de se consacrer, jour après jour, en tant que mode de gestion des affaires publiques de la grande majorité des sociétés africaines. L'Etat de Droit et le respect des droits de l'homme s'enracinent et s'approfondissent dans les sociétés africaines. Cette tendance s'est traduite avec éclat dans la décision historique prise par le Sommet de l'OUA à Alger en 1999 de ne plus reconnaître les changements anti­constitutionnels, ce qui augure d'une culture démocratique prometteuse dans le Continent.

 

Sur le plan économique, les pays africains n'ont pas non plus tardé à s'inscrire dans la tendance mondiale en faveur de l'économie de marché et la création des conditions néeessaires pour la promotion de la liberté des échanges et des investissements.

 

S'agissant des conflits qui n'ont cessé de ruiner le Continent et qui ont causé des catastrophes humanitaires ayant porté atteinte au prestige de l'Afrique, les dirigeants africains investissent, désormais, les capacités de la diplomatie préventive et leurs compétences dans les médiations et dans le règlement des conflits. De même, le mécanisme central de l'OUA pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits tend à se consolider et à s'imposer en tant qu'autorité de référence et de cadre de concertation et de prévention des conflits.

 

Grâce à ces efforts, des signes de détente dans certains conilits dans diverses régions du Continent commencent à paraître à l'horizon. Mon pays a, pour sa part, et à travers sa présidence de l'OUA durant l'année écoulée, déployé d'importants efforts pour résoudre certains de ces conflits et limiter l'ampleur d'autres.

 

Ces démarches ont été couronnées, dans le cas du conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée, où l'Accord d'Alger pour la cessation des hostilités a permis d'éteindre le feu de cette guerre destructice entre les deux peuples frères et ouvre de réelles perspectives pour un règlement juste et définitif du différend frontalier entre les deux pays. L'Algérie a également multiplié les initiatives et les démarches pour mettre un terme au conflit en République Démocratique du Congo soeur. C'est en coordination et en consultation avec tous les pays concernés dans la région et avec les Nations Unies, que le Président Abdelaziz Bouteflika a intensifié ses efforts en direction des parties au conflit pour les amener à trouver une solution pacifique négociée, qui évite au peuple eongolais frère davantage de souffrances et préserve l'unité de ce pays et son intégrité territoriale.

 

Aujourd'hui, plus d'un an après l'Accord de Lusaka, nous ne pouvons que déplorer les revers subis par le processus de paix en RDC, lesquels ont notamment conduit l'ONU à reporter le déploiement de sa mission de maintien de la paix.

 

 

En Angola, la poursuite des défis lancés par l'UNITA à la Comrnunauté Internationale et son non respect des engagements contractés dans le cadre du processus de paix continue d'imposer au peuple congolais les conséquences désastreuses d'une guerre sans fin.

 

Tout en réaffirmant la responsabilité de l'UNITA pour la poursuite de la situation de guerre dans ce pays, nous enregistrons, avec satisfaction, l'efficacité nouvelle qui caractérise désormais les sanctions imposées par le Conseil de Sécurité sur ce groupe rebelle et réitérons la nécessité du respect total et par tous les moyens, afin que les éléments rebelles se plient à la légalité internationale et honorent les engagements contractés dans le cadre des Accords de Lusaka.

 

En Sierra Léone, la solidarité exprimée par la Communauté Internationale et le soutien apportê aux efforts entrepris par les autorités de ce pays pour le retour de la paix et la sécurité, doit alter de pair avec une attitude de rigueur à l'égard des éléments criminels qui se sont rendus coupables d'assassinats et d'actes ignobles à l'égard des civils et qui n'ont pas épargné les éléments de la Mission de l'ONU.

 

Tout en réaffirmant le rôle fondamental dont les Nations unies et le Conseil de sécurité sont investis pour la préservation de la paix et de la sécurité dans le monde, nous ne cesserons d'insister sur la nécessité pour le Conseil de sécurité dans le cadre de l'examen des conflits qui dont souffre le continent africain, de faire preuve de la même efficacité et la même promptitude que celle dont il fait: preuve à l'égard des conflits dans d'autres régions du monde.

 

A ce propos, je voudrais exprimer le désir que l'Assemblé générale accordera l'intérêt nécessaire pour l'examen approfondi du Rapport Brahimi sur les opérations de paix pour la mise en oeuvre de ses recommandations, aux fins d'une meilleure efficacité de l'ONU dans ce domaine essentiel à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

 

Monsieur le Président,

 

Les contrastes qui caractérisent notre monde d'aujourd'hui s'expriment de manière claire dans sa situation économique et sociale. En effet, l'Humanité n'a jamais atteint un tel niveau de développement technologique qui lui permet d'assurer désormais la prise en charge des besoins fondamentaux de l'homme aux plans économique, social et culturel. Mais cela n'a pas empêché des pans entiers de l'Humanité de continuer à souffrir des formes les plus abjeetes de la misère et de la pauvreté.

 

Le Rapport établi par le Secrétaire général pour le Sommet du Millénaire contient d'ailleurs une formulation claire de ces contradictions qui ne nous honorent guère en tant que société humaine civilisée qui aspire à la préservation de la dignité de l'homme et à la protection de ses droits de toutes formes de spoliation.

 

M. Kofi Annan a également reconnu dans son Rapport que les bienfaits de la mondialisation restent limités à un groupe restreint de l'Humanité, ce qui renforce notre conviction sur la nécessité d'accélérer la restructuration des relations internationales et notre insistance sur l'exigence d'un dialogue sérieux et global entre le Nord et le Sud, en vue de trouver des remèdes aux déséquilibres qui caractérisent les systèmes financier et commercial internationaux.

 

Le temps est venu d'aborder les relations économiques internationales sur l'angle des besoins de l'homme et de sa dignité, et non suivant la logique des seines forces du marché car l'expérience a prouvé qu'elles n'accordent pas aux aspects sociaux l'intérêt nécessaire. S'il y a un secteur dans lequel devraient se traduire les valeurs de solidarité qui ont fondé l'idéal des Nations Unies et l'interdépendance qui caractérise les relations internationales, ce sera celui de la lutte contre la pauvreté, l'ignorance et les épidémies.

 

La prise en charge effective et solidaire de la problématique du développement durable dans les pays du tiers monde passe nécessairement par le règlement du problème de l'endettement et une réactivation réelle de la coopération au développement, la promotion des investissements et l'ouverture des marchés des pays du Nord devant les produits des Pays du Sud.

 

Monsieur le Président,

 

Nous nous réunissons aujourd'hui pour la dernière session de l'Assemblée générale d'un siècle marqué par de nombreux événements. Un siècle où l'horreur des guerres destructrices s'est mêlée à la joie de la paix et de la détente. Un siècle marqué par la lutte entre l'espoir et la résignation et où il est apparu clairement que l'homme est capable de commettre les actes les plus abjects et d'accomplir les réalisations les plus utiles. Nous quittons un siècle et en accueillons un autre, animés par l'espoir que l'Humanité apprenne les leçons et fasse preuve de la détermination nécessaire pour éviter de tomber de nouveau dans les erreurs pour lesquelles elle a payé un lourd tribut.