Déclaration
de
S.E.M. Roland Y. KPOTSRA

 Représentant Permanent du Togo auprès des Nations Unies, Chef de la Délégation Togolaise, devant
la 25è Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale consacrée à un examen et à une évaluation d'ensemble de l'application des décisions de la Conférence des Nations Unies sur les Etablissements Humains (Habitat II)
New York, le 7 Juin 2001

Monsieur le Président,

Le siècle qui vient de s'achever a été maxqué non seulement par des progrès scientifiques et technologiques très importants mais aussi par une urbanisation effrénée qui, selon toute vraisemblance, se poursuivra à un rythme plus accéléré dans les années à venir.

Signe de développement, cette urbanisation s'est malheureusement accompagnée d'un lot de problèmes très difficiles à résoudre et qui risquent d'être néfastes à la société si des mesures efficaces et urgentes ne sont pas prises pour maîtriser leur ampleur.

En effet, sur plus de 6 milliards d'âmes que compte la planète, la moitié, contre seulement 29 % au milieu du siècle précédent, vit aujourd'hui dans les villes.

Selon les projections, cette croissance de la population urbaine sera plus importante dans les pays en développement où les problèmes relatifs notamment à l'exode rural, au logement, à faccès aux services de base, à l'emploi et à l'environnement se posent avec plus d'acuité.

Dans les pays en développement, le mauvais fonctionnement des systèmes de gestion des villes, le délabrement des infrastructures, la montée de la violence et de la criminalité ont eu des effets négatifs sur la croissance économique, la qualité de vie et les conditions de travail dans de nombreuses cités.

D'autres facteurs tels que l'expansion rapide du VIH/sida et l'accentuation de la pauvreté viennent exacerber la situation socio-économique déjà précaire dans laquelle se trouve le monde en développement, en particulier en Afrique.

Face à tous ces défis, la communauté internationale continue de se mobiliser par la tenue de grandes conférences internationales pârmi lesquelles la Conférence d'Istanbul sur l'Habitat dont nous procédons aujourd'hui à un examen et à une évaluation de l'application des décisions adoptées.

Afin de rémédier à cette situation préoccupante, la communauté internationale s'était engagée à entreprendre des actions à tous les niveaux pour lutter contre la détérioration de la qualité de vie par le développement harmonieux des établissements humains, la lutte contre le chômage, la pauvreté et la dégradation de l'environnement.

C'est ainsi que le Programme pour l'Habitat, dont nous évaluons à cette session la mise en oeuvre, recommandait la mobilisation de ressources financières adéquates à tous les niveaux, y compris les ressources nouvelles et supplémentaires multinationales, bilatérales, publiques et privées pour améliorer les conditions d'existence de ces centaines de millions de personnes démunies et mal logées de par le monde.
 

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la mise en oeuvre de ce programme, les Autorités Togolaises ont, malgré la crise socio-politique qui a secoué le pays ces dernières années et la récession économique qui nest pas sans conséquences sur le développement harmonieux des établissements humains, engagé des actions visant à améliorer durablement le cadre et la qualité de vie des populations, traduisant ainsi duns les faits les engagements pris à Istanbul.

I1 convient de signaler à ce titre

- l'adoption, en 1998, dune loi sur la décentralisation, dune politique nationale de population et dune politique nationale de l'environnement ;
- et l'adoption, en 2001, dune Déclaration de Politique Nationale du Secteur Urbain.

En outre, une Stratégie Nationale de Logement est en cours d'élaboration.

Il convient également de souligner qu'au Togo, tous les partenaires intéressés, à savoir les parlementaires, les chercheurs, les autorités locales, les ONG, les associations et le secteur privé ont été étroitement associés à la mise en oeuvre du Programme pour l'Habitat.

Il est indéniable que la réalisation dudit Programme ne pourra pleinement intervenir que si la communauté internationale appuie convenablement les mesures prises au plan national.

Qu'il me soit permis, du haut de cette tribune, de rendre un hommage mérité à tous nos partenaires qui sont restés, malgré tout, à nos côtés durant ces périodes difficiles que traverse notre pays, le Togo.

Nous nous félicitons particulièrement du rôle sans cesse croissant que jouent les organismes du système des Nations Unies, notamment le Centre des Nations Unies pour les Etablissements Humains, pour faire en sorte que, partout dans le monde, les établissements humains soient plus viables et favorisent l'intégration sociale.

Monsieur Président,

En dépit des progrès accomplis dans l'application du Programme pour l'Habitat, force est cependant de reconnaître que de nombreux obstacles persistent dans la voie menant à sa mise en oeuvre intégrale.

C'est pourquoi, à l'aube du nouveau millénaire, il incombe à la communauté internationale d'oeuvrer résolument à la pleine réalisation des objectifs fondamentaux de la Déclaration d'Istanbul et du Programme pour l'Habitat qui visent "un logement convenable pour tous" et "un développement durable des établissements humains dans un monde en pleine urbanisation".

A cet égard, à l'heure de la mondialisation où la solidarité et l'interdépendance sont plus que jamais à privilégier en vue de parvenir au développement équitable de toutes les régions du monde, fon devrait avoir présente à l'esprit la pensée qu'exprimait si bien le Président John F. KENNEDY lorsqu'il déclarait : "une société fibre qui ne peut pas aider sa majorité de pauvres ne pourra pas sauver sa minorité de riches".

Je vous remercie.