VINGT-CIEQUIEUE SESSION-EXTRAORDINAIRE DE
L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSARÉE A US EXAMEN ET A
UNE ÉVALUATION D'ENSEBLE DE L'APPLICATION DES
DÉCISIONS DE LA CONFÉRANCE DES NATIONS UNIES
POUR LES ÉTABLISSEMENTS HUMANINS
 

ALLOCUTION
DE
SON EXCELLENCE MONSIEUR
HERIVELONA RAMANANTSOA
MINISTRE DE L'AMÉAGEMENT DU TERRITOIRE
ET DE LA VILLE

New York
7 juin 2001



 
Monsieur le Président de l'Assemblée générale,
Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Madame le Directeur exécutif du Centre des Nations Unies pour les Établissements humains,
Honorables délégués,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

L'insigne honneur me revient de prendre la parole aujourd'hui devant cette auguste Assemblée générale des Nations Unies consacrée au thème de l'habitat. Désigné pour représenter Son Excellence Monsieur Didier Ratsiraka, Président de la République de Madagascar, il m'échoit le devoir de transmettre à Son Excellence Monsieur Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, ses vifs regrets de ne pas avoir pu honorer de sa présence cette session extraordinaire, en raison des contraintes de calendrier. En effet, notre pays est en pleine période de mise en place des instances finales de notre structure décentralisée : les provinces autonomes.

Néanmoins, en envoyant une délégation forte comportant en son sein de nombreux responsables opérant sur terrain dans le secteur ayant trait aux Etablissements humains, notre gouvernement entend démontrer notre grand intérêt aux objectifs assignés à cette rencontre mondiale au Sommet sur les Établissements humains.

A ce titre, Madagascar tient solennellement à rendre un vibrant hommage aux initiateurs de la présente session extraordinaire. Recevez ainsi, Monsieur le Président ainsi que Messieurs et Mesdames les membres de l'équipe d'organisation, le témoignage de notre sincère gratitude et notre parfaite reconnaissance.
 
Honorables délégués,

A l'issue de la Conférence d'Istanbul en 199, Madagascar, à l'instar des autres pays, a mis en oeuvre une politique nationale de l'habitat fondée essentiellement dans sa phase initiale à trouver les voies et moyens pour résoudre le problème immédiat de pénurie de logements. A cette époque, notre part immobilier national accusait un déficit de plusieurs centaines de milliers de logements.

Nous avons ainsi débuté la mise en oeuvre de notre politique par la mobilisation de l'ensemble des intervenants Bans le secteur de l'habitat (promoteurs immobiliers publics et privés, nationaux et étrangers, les banques et les assurances, les fabricants de matériaux locaux, les artisans etc...) autour de l'objectif de construire dans un délai de 5 (cinq) ans 35.000 logements. Par ailleurs, dans le but de promouvoir l'autoconstruction, le gouvernement a facilité l'accès au foncier chez les ménages à faible revenu grâce au programme innovateur dénommé "un ménage, une parcelle". Chaque ménage suscité a la possibilité d'acquérir une parcelle de 200m2 pour un prix modique.

Parallèlement, nous avons mené notre réflexion sur les orientations évolutives de cette politique nationale de l'habitat, en nous appuyant sur les nouvelles donnes démographiques, lesquelles font état d'un faux d'accroissement démographique de 5% en vine, ce qui est largement supérieur à la moyenne nationale (2,8%). A ce rythme, dans les 15 prochaines années, 35% de la population malgache vivront en vine. Les 60 communes rurales de première catégorie (ex-chefs-lieux de sous-préfecture) en tours d'urbanisation auront atteint la faille des villes secondaires.

L'urbanisation est inéluctable. Ce mouvement est le résultat de la transition de l'économie vers une économie commerciale et industrielle, de la migration rurale et de l'accroissement naturel. De fait, le développement urbain ne peut plus être opposé au développement rural. Leur évolution relève dune seule logique d'interdépendance - les relations villes-campagnes sont à l'origine de l'apparition d'un marché intérieur de nature à induire un revenu rural régulier indépendant des aléas du marché extérieur. La vine est un lieu d'accueil et de service pour la population rurale en même temps qu'un centre de groupage, de transformation et de commercialisation de la production régionale.

Aussi, l'analyse du rôle des villes Bans le développement socioéconomique et dans la structuration du territoire, ainsi que le diagnostic de la pauvreté en milieu urbain ont-ils conduit à la formulation par notre pays du Programme urbain de lutte contre la pauvreté.

Élaboré dans un processus participatif à travers le groupe de réflexion inter-partenaires et dans le cadre de concertation sur le terrain, la démarche pour ce programme a permis d'associer opérateurs de projets, secteurs associatifs, maires urbains et ruraux de 1ère catégorie, ministères, bailleurs de fonds. Ce processus a identifié quatre orientations stratégiques : la gouvernance urbaine, le cadre de vie et l'habitat, le développement économique local et régional, ainsi que l'intégration sociale urbaine.

Ces orientations stratégiques constituent les grandes idées d'un plan d'action à mettre en oeuvre pour les 103 agglomérations du système urbain national composé de petits centres en cours d'urbanisation, des vines secondaires, des capitales régionales et de la capitale nationale. En matière d'amélioration de la gouvernance urbaine, les orientations portent sur l'appui à l'amélioration des ressourcés, le renforcement de la capacité à gérer et à planifier, le développement de partenariat avec les acteurs locaux et avec l'État.

En ce qui concerne le cadre de vie et l'habitat, les objectifs sont d'améliorer le cadre de vie des pauvres et d'accueillir les nouveaux urbains, rendre la vine plus équitable par l'amélioration de l'accès à la citoyenneté urbaine à travers le foncier, le logement et les services de base. Il s'agit d'intégrer les quartiers d'exclusion, de mettre à niveau les infrastructures, de développer des mécanismes financiers durables pour l'urbanisation et d'anticiper l'extension de la ville.

Sur le plan de développement économique local et régional, il s'agit d'accompagner le développement des potentialités d'entreprise, stimuler les échanges villes-régions et de faire émerger des pôles économiques régionaux.

Pour ce qui est de l'intégration sociale urbaine, le but est d'assurer une meilleure insertion socio-économique des pauvres pour la promotion de la citoyenneté et de la vie sociale dans les quartiers, le soutien à l'insertion économique et à la participation des pauvres aux bénéfices de la croissance, l'assurance de la protection des personnes et des biens.

Pour la mise en oeuvre du Programme, les besoins et priorités ont été exprimés par type de vine par les maires au cours des concertations sur le terrain. Pour affiner ces priorités, consolider et pérenniser le processus partenariat engagé, il est proposé une structure de concertation et de partenariat pour le développement urbain par région, associant les acteurs locaux et l'État, ceci pour aboutir à un contrat État-ville.

Honorables délégués,

La tenue de cette session extraordinaire arrive à point nommé, Bans la mesure où les enjeux liés au volet urbain pour notre stratégie nationale pour la réduction de la pauvreté requièrent l'appui inévitable de nos partenaires de développement pour leur concrétisation effective et fructueuse.

Pour conclure, nous réitérons notre entière souscription aux nouvelles orientations préconisées par le Centre des Nations Unies pour les Établissements humains (CNUEH) sous la houlette de Madame Anna Kajumulo Tibaijuka centrées autour de deux thèmes majeurs

i/- la sécurité d'occupation résidentielle;
ii/- la bonne gouvernance urbaine.

Je vous remercie de votre aimable attention.