DJIBOUTI
DISCOURS
DE LA DELEGATION DJIBOUTIENNE
DEVANT
LA VINGT-CINQUIEME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE
CONSACREE A UN EXAMEN ET A UNE EVATLUATION D'ENSEMBLE DE L'APPLICATION DES DECISIONS DE LA CONFERENCE DES NATIONS UNIES POUR LES ETABLLISSEMENTS HUMAINS (HABITAT II)

New York, le 06 juin 2001

PROJET D'ALLOCUTION DE LA DELEGATION DE LA REPUBLIQUE DE DJIBOUTI A LA SESSION SPECIALE DE L'ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES CONSACREE A UN EXAMEN ET UNE EVALUATION D'ENSEMBLE DE L'APPLICATION DU PROGRAMME POUR L'HABITAT-ISTANBUL +5 NEW YORK 6 JUIN 2001

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs les chefs de délégation, Mesdames et messieurs les delégués,
Monsieur le Président,

Qu'il me soit tout d'abord permis de vous présenter nos sincères félicitations pour votre éléction a la tête de cette auguste assemblé et de vous exprimer toute notre gratitude pour votre engagement sans faille en faveur des pays en développement. Par ailleurs je saisis cette occasion pour présenter à tous les membres du bureau, nos plus vifs remerciements pour leur action précieuse et indispensable.

Ces dernières années auront permis de reconnaître aux villes le rôle moteur qui leur revient dans les processus de développement, tant sur le plan des économies nationales qu'en terme d'économie globale, et ceci malgré les obstacles majeurs qui persistent. Elles auront également permis de mesurer leur dépendance croissante à un environnement économique mondialisé, la complexité des défis auxquels elles restent confrontées et enfin l'importance considérable que revêt le développement durable des établissements humains.

Monsieur le Président,
Ces mêmes préoccupations animent depuis plusieurs années la réflexion et faction du Gouvernement djiboutien. Depuis deux décennies, elles ont conduit à la définition d'objectifs prioritaires nationaux concernant principalement
. le développement de Djibouti comme cité maritime internationale et la création des infrastructures indispensables à son fonctionnement;
. la correction des déséquilibres économiques et sociaux existant entre les différents secteurs d'activité et entre les régions.
. la lutte contre la pauvreté dans les secteurs urbain et pastoral.

Cette Session Spéciale de l'Assemblée générale consacrée à l'évaluation du degré d'application du Programme pour l'Habitat adopté é Istanbul en 1996, offre a nos différents pays l'occasion de faire le point sur les progrès réalisés, de mesurer l'impact de notre mobilisation, d'en tirer les leçons et de formuler de nouvelles recommendations pour les actions à entreprendre.

En République de Djibouti, où plus de 80% de la population vit dans les villes et dont l'économie repose principalement sur les activités de services concentrés dans la capitale Djibouti, le fait urbain revêt une importance telle qu'on a souvent avancé pour notre pays le concept de Cité-Etat.

Pour sa part mon pays la République de Djibouti, consciente des enjeux liés à la mise en oeuvre du Programme pour l'Habitat et de I'intérêt stratégique du développement durable, s'est efforcée de confirmer dans toutes ses actions et ce malgré la crise budgétaire qu'elle traverse, les engagements pris à Istanbul.

A ce titre, et dàs le lendemain de la Conférence d'Istanbul, la plupart des actions arrêtées en faveur des établissements humains ont été inscrites par Djibouti dans son Programme d'Action National. Il nous faut admettre cependant, qu'en raison des difficultés rencontrées lors de la mobilisation des ressources tant au plan national, qu'international  des ressources indispensables, la mise en oeuvre de ces engagements n'a pas produit tous les effets escomptés.

Pendant ces cinq années, notre pays s'est principalement efforcé d'appliquer le Programme pour l'Habitat dans les domaines suivants:

· La mobilisation et la concertation des acteurs du développement et de la gestion des établissements humains;
· L'implication des pouvoirs locaux et la préparation d'un dispositif législatif permettant progressivement d'instituer la décentralisation;
· La mise en place d'outils urbains opérationnels tant aux niveau local que national;
· La recherche et la mobilisation des ressources financières indispensables.

En matière de planification urbaine, la révision des Schèmas Directeurs des principales villes du pays a été entreprise dès 1997. Approuvés en 1999, ces nouveaux documents vont au-delà de la simple planification spatiale et prennent en compte l'ensemble des aspects socio-économiques du développement urbain.

Au cours du mois de mai 2001, un atelier de réflexion sur la politique de l'habitat et la gestion des établissements humains s'est tenu en vue de renouveler le dialogue entre gestionnaires et utilisateurs de I'espace urbain. Considérant la structuration largement transversale du secteur et intérêt qu'il y a pour tous à coordonner leurs actions, le Chef de I'État, S.E. M. Ismail Omar Guelleh, a voulu associer aux réflexions de cet atelier les usagers, les représentants de la société civile, les partenaires sociaux afin qu'ils puissent contribuer utilement a la définition de I'action gouvernementale.

Les participants étaient invités, dans la limite d'une citoyennté responsable, à interpeller le fonctionnement et les résultants d'un service public dont les réponses ne satisfont pas encore la demande de la collectivité nationale. Les recommendations des participants ont porté entre autre sur la mise en place d'un fonds spécialisé pour le financement des infrastructures de base et des logements très sociaux, la formulation du dispositif réglementaire, l'identification de nouveaux modes de solidarité des habitants et enfin la conception d'outils opérationnels efficacies, répondant aux besoins de tous.

Pour atteindre I'objectif d'un «  logement convenable pour tous » l'accent a été mis, dans le cadre de projets appuyés par le Gouvernement et les partenaires au développement, sur (1) la production des parcelles viabilisées destinées aux populations à faible revenues, (2) la construction de logements économiques accessibles selon le principe de location-vente et (3) la création de lotissements d'urgence comportant des parcelles sommairement viabilisées. Cette dernière mesure répond à une demande importante et tend à limiter les installations illicites sur les emprises des infrastructures et des équipements nécessaires à la vie urbaine. L'ensemble des mesures précédents a, pour l'essentiel, vise à accroître la sécurité foncière des attributaires et, moyennant le paiement d'une redevance couvrant les coûts d'équipement, à leur permettre de bénéficier de titres d'occupation définitifs.

A un moment ou, à Djibouti, se concrétisent des évènements majeurs comme la signature des Accords de Paix pour le r6tablissement de la Concorde nationale et la mise en place du cadre légal de la décentralisation, il est entendu que le Document Stratégique de réduction de la pauvreté doit intégrer la question de l'habitat dans les actions prioritaires à engager.

Honorables délégues, Monsieur le Président,

Le respect des engagements pris à Istanbul et la mise en oeuvre des orientations du Programme pour l'Habitat constituent pour notre pays une priorité. L'enjeu est de taille et, considérant la croissance de nos populations urbaines mais aussi le caractère limités de ressources nationales, nous nous devons de répondre à cette réalité en mettant en place une politique d'équipement et de logements qui soit à la fois soucieuse d'aspects quantitatifs et qualitatifs mais qui vise également à un emploi optimal et équitable des ressources disponibles. Le développement durable et harmonieux de notre pays est à ce prix.

Monsieur le Président, Mesdames et messieurs les délégués, je vous remercie vivement de votre attention et souhaite plein succès à nos travaux.