Présenté

Par

S.E. Mr. IM CHHUN LIM
Ministre

Ministère de l'Aménagement du Territoire,
de l'Urbanisme et de la Construction
(Ministry of Land Management, Urban Planning and Construction)

A la Session "Habitat Plus Cinq" de l'Assemblée Générale
des Nations Unies

New York
Du o6 au o8 Juin 2001




Son Excellence Monsieur le Président,
Leurs Excellences, Mesdames et Messieurs,

Au nom du Gouvernement Royal du Cambodge, j'ai l'honneur de présenter à cette auguste Réunion le rapport sur la situation actuelle de l'habitat au Cambodge et les progrès faits Bans ce domaine selon l'esprit du Sommet d'Istanbul il y a cinq ans.

1. Le Cambodge est surtout rural. Moins de 15% de sa population vivent en ville. Cependant, compte tenu du taux d'accroissement démographique annuel de 2,49%, il y a de fortes chances que la capitale et d'autres zones urbaines connaissent un afflux de ruraux d'ici les 10 prochaines années. Face à cette tendance, pour éviter le risque dune exode rurale incontrôlée, le Gouvernement Royal met l'accent sur le développement rural et le développement économique des villes secondaires par le biais de l'investissement dans l'infrastructure.

2. Il y a actuellement quelques dizaines de milliers de familles de squatters à Phnom Penh et quelques milliers dans d'autres centres urbains. Ces communautés urbaines pauvres vivent dans des conditions déplorables, avec un revenu très bas, un logement et des services publics inadéquats. La Municipalité de Phnom Penh, grâce à un fonds octroyé par le Gouvernement Royal et avec l'assistance technique et financière de la communauté internationale, a mené à bien un projet pilote de développement des communautés urbaines pauvres de la ville et a pu réinstaller plus de 1000 familles de squatters dans de nouveaux sites adéquats.

3. Le problème de logement et d'implantation humaine est aussi bien un problème urbain que rural. La pauvreté limite la possibilité de beaucoup de cambodgiens d'améliorer leurs conditions de logement. En zone rurale, le logement est en général très simple mais approprié. Le problème concerne davantage l'eau potable, le contrôle des inondations, le système sanitaire, la sécurisation des droits fonciers..... Le manque d'infrastructure physique constitue également un frein aux nouvelles implantations humaines. Par consequent, en terme de durabilité des établissements humains, ceci est étroitement lié au fait de pouvoir surmonter ces difficultés.

Le Gouvernement Royal a déjà mis en place une stratégie de réduction de pauvreté basée sur une stratégie de développement multi-sectoriel dont l'objectif est de chercher à augmenter les revenus des ruraux et des urbains, en promouvant la stabilité macro-économique, facilitant le développement du secteur privé, améliorant l'infrastructure physique, promouvant le développement de l'agriculture, la gestion des ressources en eau, faisant avancer le développement rural et promouvant la borne gouvernance.

La gestion des ressources naturelles se concentre sur la gestion des ressources hydrauliques par le biais de l'approvisionnement en eau potable, l'irrigation, la prévention de l'inondation...  Le Gouvernement travaille sur une politique de l'eau qui, selon le plan d'approvisionnement des zones rurales en eau, doit permettre à une population plus nombreuse de bénéficier de l'eau propre à la consommation d'ici la fin de l'année 2005, soit 40% de ruraux contre 29% aujourd'hui.

Une nouvelle loi foncière qui va être adoptée à l'Assemblée Nationale dans les prochaines semaines et un enregistrement cadastral amélioré permettent de renforcer la sécurité foncière des occupants.

4. Afin de renforcer le partenariat surtout local, le Gouvernement a promu plusieurs projets mettant en oeuvre le principe de décentralisation fonctionnelle qui optent pour un mécanisme de gestion décentralisée et participative. Des comités de développement de village établis dans plus de 30% des villages composés plus ou moins de femmes, concentrent leur attention sur la participation et le renforcement de la capacité des hommes et des femmes grâce à la formation professionnelle, au développement des services communautaires de base, à la sécurité alimentaire des foyers, à la création d'emplois à travers des programmes d'entreprenariat au niveau rural. L'affectation des terres déminées à des fins d'implantation réalisée par le biais d'un processus de planification participative constitue aussi un exemple de démarche décentralisatrice.

Il faut souligner aussi que le Cambodge est doté dune société civile très active et d'un secteur d'ONG important se montant à plus de 800 organisations enregistrées, nationales et internationales. Ce secteur pourra dans l'avenir contribuer à dynamiser le partenariat en vue de l'amélioration des établissements humains.

A la base de ces expériences, le Cambodge va organiser des elections  communales le 3 Février 2002, où les 1621 communes du pays éliront leur premier Conseil communal décentralisé.

5. Concernant la coopération internationale, je voudrais souligner les projets de coopération internationale qui visent spécifiquement l'implantation en zones urbaines, dont les Projets de développement des Communautés urbaines pauvres de la Municipalité de Phnom Penh soutenus par le centre des Nations Unies pour les établissements humains, le PNUD et le Département pour le Développement International de la Grande Bretagne. Ces projets portent déjà leurs fruits qui aident beaucoup à la mise en oeuvre de la politique sociale du gouvernement et par là, à l'amélioration de la situation des droits de l'Homme.

Enfin, profitant de cette occasion, je me permets d'exprimer notre profonde gratitude pour l'assistance internationale technique et financière en ce domaine et de souhaiter d'autres sources venant de la Communauté internationale pour mener à bien le Programme pour l'Habitat tel qu'il a été décidé par l'Assemblée Générale des Nations Unies.

Je vous remercie.