VINGT-CINQUIEME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLÉE
GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES CONSACRÉE A L'EXAMEN ET A
UNE ÉVALUATION D'ENSEMBLE DE L'APPLICATION DES DÉCISIONS
DE LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LES
ÉTABLISSEMENTS HUMAINS (HABITAT II)

INTERVENTION
PRONONCÉE PAR S.E. M. STÉFAN TAFROV,
CHEF DE LA DÉLÉGATION DE LA RÉPUBLIQUE DE BULGARIE
AUPRES DES NATIONS UNIES

NEW YORK
7 JUNE 2001

 
Monsieur le Président, Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Nous avons parcouru un long chemin depuis Vancouver et la Première Conférence des Nations Unies sur les établissements humains. Le monde a considérablement changé même dans les cinque dernières années, après la tenue du Sommet de 1996. Or, nous pouvons constater que les problèmes d'habitat - la pauvreté et la misère, la multiplication du nombre des sans-abri, la surcharge des infrastructures et des services face à des demandes accrues, la hausse des taux de chômage, l'accélération du processus de désintégration sociale et l'augmentation de la criminalité - demeurent essentiellement semblables.

La 25 ème session extraordinaire nous offre une occasion unique de rechércher des solutions originales et efficaces, de redéfinir l'initiative stratégique pour mettre au point une politique en matière des établissements humains, capable de remédier aux fléaux de l'exclusion, de la pauvreté et de la dégradation de l'environnement dans les villes et les villages. Il faut agir tout de suite pour répondre à l'espoir des habitants de la planète, à leurs besoins et à leurs aspirations au début du troisième millènaire.

M. le Président,

Le rapport de la Commission met en lumière les questions préoccupantes que cette session doit examiner et définit bien le cadre de nos discussions. La République de Bulgarie se félicite du projet visionnaire de Déclaration sur les villes et autres établissements humains qui s'inscrit dans l'esprit du Programme pour l'habitat d'Istanbul et de la Déclaration du Millénaire. A cet égard je voudrais me pencher sur quelques problèmes dont la sollution permettrait de renverser les tendances négatives et d'atteindre les objectifs d'un logement convenable pour tous et d'un développement durable des établissement humains.

La République de Bulgarie considère le renforcement du Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH) comme un élément crucial de la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat. Il convient aussi de prêter une attention particulière à la meilleure coordination entre le CNUEH et d'autres organes et organismes des Nations Unies ( le PNUE, la Banque Mondiale, Le Conseil Economique et Sociale), ainsi que d'autres partenaires. Le potentiel de leur synergie pourrait donner une nouvelle impulsion à la mise en oeuvre de la politique de développement durable.

Une approche globale et integrée est nécessaire dans cette ère nouvelle de mondialisation et interdépendance. Aujourd'hui tous les pays, développés ou en développement, qu'ils soient du Nord ou du Sud, de l'Est ou de l'Ouest, sont confrontés à des problèmes semblables dans le domaine des établissements humains. Il est donc impératif dans un esprit de coopération et avec un dessein commun de trouver une approche de solidarité pour apporter des solutions adéquates.

Pour s'acquitter de la tâche qui lui est confiée, la Session Extraordinaire doit prêter une attention particulière aux problèmes de la pauvreté, des groupes marginalisés et vulnérables, des zones rurales et de la misère urbaine. Parce que si tous les Etats et leur population se heurtent aux mêmes problèmes, la situation dans de nombreux pays en développement et surtout dans les zones rurales, celle des chômeures, des sans-abri, des habitants des ghettos ou des barrios est plus désespérante. La solution de ces défis exige non seulement une volonté politique accrue, mais également la mobilisation des ressources nouvelles et additionnelles au niveau tant national que mondial. Un aspect particulier de cette problématique, sur lequel je voudrais insister est celui d'exclusion des femmes, des jeunes et des enfants. Nous devons nous engager d'une manière plus décisive à arrêter des politiques et mesures urgentes visant à garantir la participation pleine et égale des femmes et des jeunes à la planification des établissement humains et à la prise des décisions en la matière.

Je voudrais partager la profonde satisfaction que j'éprouve de la participation à la session, ainsi que tout au long du processus préparatoire de nos partenaires: les autorités locales, les organisations non-gouvernementales, le secteur privé, les groupements de femmes et de jeunes. La société civile a déjà fait entendre sa voix dans la formulation des problèmes des établissements humains et l'identification de leurs solutions. Nous croyons que ce large partneriat, la participation de tous ceux qui se sentent responsables à l'égard de la société et sont prêts à assumer leur part du fardeaux des responsabilités, le dialogue ouvert et transparent - sont une condition préalable au succès du Programme pour l'habitat.

La Bulgarie est convaincue qu'une des priorités d'action que cette session doit articuler est celle de la bonne gouvernance urbaine à tous les niveaux. Les pouvoirs publiques qui sont responsable au premier chef de la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat doivent créer une ambiance de coopération entre tous les partenaires et encourager leur participation à la recherche des solutions pour rendre nos villes plus sûres, viables, saines et équitables. Je me réjouis de constater l'appui fourni par de nombreux gouvernements aux méchanismes de consultation et de partenariat entre les parties intéressées. A cette égard l'initiative des meileures pratiques permet un échange de données concrètes et un apprentissage mutuel. Dans le contexte des réformes politiques, institutionnelles et législatives un aspect important qui mérite une attention toute particulière est celui de la décentralisation. En effet la décentralisation constitue le premier pas vers la bonne gouvernance. Mais la décentralisation doit toujours aller de pair avec l'octroi de ressources suffisantes.

La délégation bulgare reconnaît la nécessité de se pencher davantage sur la dégradation de l'environnement. Des initiatives nouvelles traduites en actions concrètes et résultats tangibles doivent être pris pour trouver des solutions des défis urgents et cruciaux dans ce domaine.

M. le Président,

La République de Bulgarie s'est attachée depuis le Sommet d'Istanbul à développer sa propre politique nationale et sa coopération internationale, selon les axes majeures qui correspondent en raison de la spécificité de sa voie économique de transition, à des préoccupations qu'elle estime essentielles pour son avenir et celui de la région. Nous avons reformulé notre stratégie nationale conscients des défis cruciaux, posés par la transformation de la structure économique et sociale vers une économie de marché. Un certains nombre de mesures, notamment des réformes politiques, institutionnelles et législatives avaient été adoptées. Nous avons défini les grandes lignes de la nouvelle vision en matière des établissements humains: le logement, le développement social et l'élimination de la pauvreté, le développement économique, la gouvernance et la coopération régionale. Les actions et les programmes du gouvernement en matière des établissements humains sont intégrés à la politique macro-économique, sociale et environnementale.

Dans le domaine du logement l'accent est mis sur la conservation des sites historiques et du patrimoine culturel, sur la rénovation et la modernisation urbaine. Des programmes et actions visant à réformer le cadastre et d'améliorer l'enregistrement et l'administration des biens fonciers sont lancés. Certaines initiatives sont prévues en matière du finansement du logement.

Sensible à l'augmentation du chômage, l'accroissement de la fracture sociale et la délinquance, le gouvernement encourage des mesures de soutien en faveur des personnes vulnérables. Dans le domaine de la gestion environnementale beaucoup d'efforts sont consacrés à la législation et la gestion rationnelle des ressources.

Considérant la bonne gouvernance comme une des solutions aux problèmes des établissements humains, le gouvernement bulgare porte une attention particulière à la décentralisation, l'engagement et la participation active de la société civile. La profonde transformation politique et sociale offre des possibilités nouvelles aux organismes privés, qui peuvent participer à l'élaboration des programmes urbaines à divers niveaux territoriaux. Il reste encore à faire pour redéfinir le rôle des autorités locales par rapport à celui du pouvoir central, pour assurer des ressources financières adéquates aux autorités locales et garantir leur autonomie. Le gouvernement encourage l'engagement civique afin d'atteindre le consensus nécessaire pour la mise en oeuvre efficace des politiques locales.

Dans le domaine de la coopération régionale je tiens à souligner le rôle de la Charte Européenne de l'autonomie locale, adoptée par le Conseil de l'Europe en 1985 et devenue modèle pour la législation sur l'administration locale de beaucoup de pays en transition.

M. le Président,

Il n'y a aucune doute que cette Assemblée a fait naître beaucoup d'espoirs de voir la communauté internationale réunie autour d'un Programme opérationnel pour l'habitat, avec des engagements concrètes et efficaces. Et c'est justement au nom de ces espoirs de plus de 6 milliards d'habitants de notre planète, que nous devons renouveler nos engagements et assumer nos propres responsabilités, mobiliser notre détermination et volonté politique de traduire en actions les mesures prises.

Je vous remercie.