VIET NAM
 
 

Déclaration
par
S.E. Madame Nguyen Thi Binh,
Vice-Présidente de la République socialiste du Viet Nam

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 08 mai 2002

Son Excellence Monsieur le Président,
Son Excellence Monsieur Secrétaire General Kofi Annan,
Chers délégués et amis,

J'ai le grand honneur, au nom de la République Socialiste du Viet Nam, d'adresser à Son Excellence Monsieur le Président, à Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies ainsi qu'à vous tous ici présents mes félicitations les plus chaleureuses à l'occasion de la session extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'ONU consacrée aux enfants.

Nous approuvons entièrement et apprécions hautement le Rapport complet et concis présenté par le Secrétaire Général sur la réalisation des objectifs fixés par le Sommet mondial pour les enfants tenu en 1990. On peut dire que dans les dix années passées, la Convention sur les droits des enfants a été une force motrice et un objectif noble et digne pour tous les pays membres dans leurs efforts et leurs actions. Bon nombre d'États et de régions dans le monde ont surmonté de nombreuses difficultés et défis pour tenir leurs engagements pour les enfants et beaucoup de résultats ont couronné leurs efforts. Grâce à quoi, bien qu'un certain nombre d'objectifs n'aient pas été atteints comme désirés, il est à noter - comme l'a souligné le Rapport du Secrétaire Général - que davantage de vies infantiles ont été sauvées, davantage d'enfants ont pu aller à l'école, davantage d'activités de divertisssement ont été offertes aux enfants, davantage de conventions et traités internationaux sur les enfants ont été conclus et ratifiés par rapport à la décennie précédente et surtout nous constatons une meilleure prise de conscience par les dirigeants dans le monde des droits des enfants et de leur obligation à les réaliser.

Cependant, dans les temps récents, le monde a été le théâtre de changements politiques, économiques et sociaux très complexes qui firent surgir des difficultés dont nous n'avons pu auparavant mesurer la portée : le terrorisme, les conflits armés et ethniques, la famine endémique, le fléau du
VIH/SIDA, la détérioration de l'environnement naturel et les défis du processus accéléré de mondialisation, tout cela nous a empêché - surtout les pays en voie de développement - la pleine réalisation de tous nos engagements. C'est justement pour cette raison qu'aujourd'hui, dans ces enceintes, nous devons affirmer notre volonté de continuer nos engagements et de chercher à trouver les mesures adéquates et à unir tous nos efforts pour construire dans le nouveau siècle, avec une vision nouvelle, "un monde digne de nos enfants".

Mesdames et Messieurs les délégués,

Le Viet Nam est pleinement conscient que la mise en oeuvre de la Déclaration, du Plan d'action du Sommet mondial sur les enfants ainsi que celle de la Convention sur les droits des enfants constituent pour nous une grande et lourde tâche. Car les difficultés auxquelles le Viet Nam se trouve confronté sont - aujourd'hui comme avant - celles d'un pays pauvre, frappé par son sous-développement économique auquel s'ajoutent des calamités naturelles continués. En plus, bien que la guerre ait cessé depuis un quart de siècle, ses conséquences pèsent encore lourdement sur un nombre non négligeable de familles et d'enfants.

C'est dans ces conditions que nous avons fait de grands efforts pour progresser sur les trois plans: améliorer le système juridique, en particulier nous inspirer des principes de la Convention sur les droits des enfants pour enrichir notre code juridique national; mettre sur pied et étager la gestion du Programme d'action pour les enfants des autorités centrales jusqu'aux organisations de base, et insérer son contenu dans les programmes sociaux de l'Etat; il nous fallait organiser des sessions d'étude aux cadres et gagner la participation des diverses organisations sociales dans la réalisation des droits des enfants. C'est grâce à cette approche que, bien que le Viet Nam reste un des pays les plus pauvres du monde, le peuple vietnamien tire une juste fierté de ses réalisations pour ses enfants. Presque tous nos objectifs proposés dans le Programme d'Action National ont été atteints avec un budget accru de 8,42% (1991) à 12,2% (2000).

Les résultats les plus tangibles ont été : abaissement du taux de mortalité des enfants d'au-dessous de 5 ans de plus de 30%. programme élargi de vaccination avec une couverture de plus de 95% ; éradication de la poliomyélite et de la carence en vitamine A ; enseignement primaire accessible à toute 1a population et éradication de l'analphabétisme ; 50% des districts ont leur centre de rassemblement culturel et de divertissement pour les enfants ; 70% d'enfant orphelins ou sans-abri ont été reçus dans des centres d'accueil.

Notre nouveau Programme d'Action se concentre en priorité sur des objectifs non atteints de la période 1991-2000 : mortalité des nouveaux-nés, mortalité des mamans en relation avec la grossesse et la naissance de l'enfant ; la carence alimentaire, le manque d'eau propre salubre et d'hygiène de l'environnement et sur quelques objectifs nouveaux, tel que : certification de naissance pour tous les enfants ; développement des centres pré-scolaire ; élévation du niveau de l'enseignement primaire et secondaire ; chances égales pour la participation et le développement des enfants et mineurs, en particulier des fillettes ; prévention et lutte contre le VIH/SIDA. L'Etat vietnamien veille à la protection de l'enfant contre tout abus, s'emploie à assurer à plus d'un million d'enfants handicapés et notamment aux enfants victimes des produits chimiques toxiques, agent orange répandu pendant les années 60,70 dans la guerre au Viet Nam, de jouir des droits fondamentaux de l'enfant comme les autres enfants. Notre Programme d'Action pour les enfants est tout à fait compatible avec notre stratégie d'éradication de la famine et de réduction de la pauvreté que l'Etat a poursuivie depuis de nombreuses années.

Mesdames et Messieurs les délégués,

Parvenir à "un monde digne des enfants" selon les normes précisées par la Déclaration n'est pas chose facile, mais ceci est en fait une nécessité, une obligation impérieuse, qui relève de la conscience et de la l'honneur, et c'est aussi une condition pour un développement stable de chaque Etat et du monde dans son ensemble. Pour le Viet Nam, nous nous engageons à continuer à inculquer aux autorités de tous échelons un sens de responsabilité plus élevé et en même temps, à mobiliser une participation plus active de chaque famille et des communautés aux programmes d'action pour les enfants. Nous ne nous épargnerons aucun effort pour garantir à nos enfants une vie digne et heureuse ; notre devise est : " Réserver tout ce qui est le plus beau à nos enfants ".

C'est dans cet esprit que le Viet Nam exprime sa sympathie pour les difficultés et les souffrances des femmes et des enfants des pays les plus pauvres et les plus dévastés par la guerre, par le blocus... tels qu'en Palestine, en Afghanistan, à Cuba, en Iraq... La communauté internationale se doit de réserver à les peuples de ces pays une aide efficace, pour permettre à ces peuples - surtout à les femmes et les enfants - d'accéder à des conditions de vie et de développement normales.

Mesdames et Messieurs les délégués,

Je voudrais profiter de cette occasion pour exprimer les remerciements du Viet Nam pour l'aide généreuse et efficace des gouvernements de divers pays, en particulier la Suède, la Norvège, le Danemark, les Pays-bas, la Finlande, la France, la Belgique, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, l'Italie et de diverses organisations de l'ONU, en particulier l'UNICEF, le PNUD, l'OMS, le FNUAP, en même temps que d'autres organisations nongouvernementales, surtout l'Alliance de Secours à l'Enfance (Save Children Alliance) et le Plan International. Nous espérons que les gouvernements et les organisations internationales continuent à coopérer avec nous et à aider le Viet Nam, ainsi que les autres pays en voie de développement pour mener à bien les programmes nationaux et le programme mondial pour les enfants.

Je vous remercie.