NIGER
 
 

Déclaration

par

Mme Foumakoye N. Achatou
Représentant spéciale du Président de la République du Niger

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 9 mai 2002






Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d'abord de vous réitérer Monsieur le Président, au nom du Président de la République du Niger, SEM Mamadou Tanja notre gratitude pour la maîtrise et le sérieux avec lesquels vous dirigez les travaux de la présente session. de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Nos remerciements s'adressent également aux autres membres du bureau ainsi qu'au Secrétaire général des Nations Unies, SEM Kofi Annan.

Monsieur le Président,

Au lendemain de l'adoption de la Convention sur les Droits de l'Enfant, les Chefs d'État et de Gouvernement des pays membres de l'ONU se sont réunis pour examiner, la situation préoccupante des enfants à travers le monde, afin d'y apporter les réponses concertées et appropriées nécessaires.

En effet, si la Convention relative aux Droits de l'Enfant a le mérite d'englober en son sein les trois (3) générations des droits de l'homme, elle restait à être assortie d'objectifs précis et quantifiables. Pour ce faire, les objectifs fixés par le Sommet de 1990 procédaient non seulement de cette nécessité, mais aussi et surtout de la volonté des chefs d'État et de Gouvernement de s'engager résolument pour alléger la souffrance des enfants, et leur assurer un avenir meilleur.

Aujourd'hui encore, et comme l'atteste l'excellent rapport de fin de décennie du Secrétaire Général des Nations Unies, la situation des enfants, dans la plupart des pays en développement ne s'est pas significativement améliorée, en dépit des multiples efforts déployés. A preuve, depuis 1990, et malgré les difficultés économiques auxquelles sont confrontés nos pays, c'est en moyenne 29% de ses dépenses de fonctionnement que le Niger consacre aux secteurs sociaux. Ce taux est même passé à plus de 35% à partir de 1999.

Peut-être est-ce pourquoi les quelques avancées que le Niger a enregistrées en la matière se manifestent justement dans le domaine de la scolarisation de la jeune fille notamment, où le taux net de fréquentation est passé de 13% en 1992 à 25% en l'an 2000, et celui de la santé où, les taux de couverture vaccinale de certaines maladies de l'Enfant ont connu une nette progression.

Ces résultats fort encourageants, nous les devons non seulement à l'engagement financier de l'Etat, de ses partenaires au développement et aux stratégies innovantes de porte à porte utilisées pour les vaccinations, mais aussi à l'heureuse implication des chefs traditionnels.

Ces leaders d'opinions, gardiens de nos valeurs traditionnelles et auxiliaires de l'administration de proximité, se sont engagés dans la promotion des droits de l'enfant au Niger.

L'Etat du Niger, partie prenante au Sommet de 1990, où justement le mot d'ordre était "l'enfant d'abord", a manifesté toute la volonté requise par l'importance et la sensibilité du domaine, à travers l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques, programmes et plans conformément à la Convention relative aux Droits de l'Enfant et aux vingt sept (27) objectifs du Sommet Mondial sur les Enfants.

II reste cependant qu'en l'an 2000 et selon l'enquête à indicateurs multiples

. 280 enfants sur 1000 meurent avant l'âge de 5ans ; 40 enfants sur 100 soufrent de malnutrition ;
. 43% o de la population ont accès à l'eau salubre;
. seulement un tiers des enfants en âge d'aller à l'école est scolarisé;
. et seuls 20% des adultes sont alphabétisés.
En outre, la pauvreté, tout à la fois cause et conséquence de ce qui précède, s'est généralisée et a atteint des proportions inquiétantes, puisque 63% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté et 34% vivent dans l'extrême pauvreté. Cette pauvreté touche les couches sociales les plus vulnérables à savoir les femmes et les enfants.

Ainsi, dans un tel contexte, où tout devient priorité, il apparaît difficile de réaliser les vingt sept (27) objectifs du Sommet Mondial sur les Enfants. Monsieur le

Président,

Le présent Sommet se veut être un Sommet de confirmation des engagements pris en 1990. Le Niger par ma voix y adhère pleinement. II n'empêche qu'il nous offre l'occasion de jeter un regard critique sur les insuffisances qui n'ont pas permis d'atteindre les objectifs fixés en 1990, mais aussi de nous engager résolument à faire mieux que par le passé.

S'agissant justement du cas du Niger, et sans évacuer nos responsabilités, il me paraît nécessaire de noter que mon pays a connu une décennie particulièrement difficile, marquée par une instabilité politique et sociale, aggravée par une crise économique qui a contrarié de façon systématique les efforts de l'Etat dans la mise e oeuvre des objectifs du Sommet Mondial sur le Enfants.

Tirant les leçons du passé, le gouvernement de la cinquième République a d'ores et déjà entrepris un certain nombre d'actions tendant à l'amélioration des conditions de vie des populations en général et celles des enfants en particulier.

II s'agit notamment de l'élaboration d'un certain nombre de programmes quinquennaux et/ou décennaux et tout récemment de la Stratégie de Réduction de la pauvreté (SRP).

Chacun de ces programmes, plus que par le passé, est assorti d'objectifs quantifiables pour la réalisation desquels nous veillerons scrupuleusement.

Du reste, le programme spécial du Président de la République S.E. Mamadou Tandja, qui consiste, chaque année en plus du programme courant, à la construction de' 1000 classes, 1000 cases de santé, 100 points d'eau, l'insertion socio-économique de 1000 jeunes, bientôt complété par les volets allégement des tâches domestiques et micro crédit en faveur des femmes rurales, vient donner un ton à cet engagement national.

Aussi, est il procédé désormais et en toute circonstance à un meilleur ciblage des interventions pour une utilisation plus rationnelle des ressources disponibles.

Monsieur le Président,

Les progrès jusque là enregistrés, auraient pu être plus importants si l'appui de la communauté internationale avait accompagné de façon significative nos efforts, notamment dans la lutte contre le paludisme, première cause de mortalité infantile au Niger, la pauvreté et le VIH/ SIDA.

A cet égard, je lance un appel à tous les partenaires au développement du Niger, pour qu'ils maintiennent et intensifient leur appui technique et financier afin que nous puissions tenir les engagements que nous allons prendre ici vis à vis des enfants pour la prochaine décennie.

Je ne saurais finir mon allocution sans apporter le soutien du Niger à la Position Commune Africaine issue du Forum Panafricain du Caire auquel nous avons activement pris part.

Je vous remercie de votre aimable attention.