MOROCCO

Déclaration
par
S.E. la Princesse Lalla MERYEM,
Chairperson of the delegation

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 9 mai 2002



"Monsieur le Président,

J'ai l'insigne honneur de transmettre à Leurs Majestés, Leurs Altesses et Leurs Excellences les Souverains, les Emirs et les chefs d'État et de gouvernement ou leurs représentants, les salutations et la haute considération de Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc, que Dieu L'assiste, qui m'a fait l'honneur en me chargeant de donner lecture, en son nom, du présent discours royal , que Sa Majesté aurait souhaité prononcer personnellement devant la session extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies , consacrée à l'enfant, eu égard à la sollicitude et à l'intérêt particuliers accordés par le Souverain, que Dieu le préserve, à cette question.

Louange à Dieu seul, Que la Prière et la Paix soient sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons

Majestés,
Excellences,
Altesses,
Monsieur le Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies,
Mme le Directeur Général de L'UNICEF,
Monsieur le Président,
Chers enfants du Monde,
Mesdames et Messieurs ,

Je M'adresse à vous, l'esprit encore attristé du fait des événements terroristes condamnables, qui ont visé les Etats Unis d'Amérique, pays ami. Ces événements dramatiques ont certes été à l'origine du report momentané de la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies consacrée à l'enfant. Néanmoins, le rassemblement aujourd'hui de ce grand forum pour l'examen de la situation de l'enfance dans le monde, marque le triomphe de l'espoir sur la résignation. Il signifie que la volonté d'édification et la vision prospective l'ont emporté sur les différentes formes de l'esprit obscurantiste et des tendances égocentriques condescendantes.

En M'adressant à vous, je songe aussi, et avec indignation, aux affres que subissent au quotidien les enfants innocents sur la terre de Palestine, suite à la politique d'agression du gouvernement israélien.

Notre rencontre aujourd'hui , au siège des Nations Unies, dix ans après la tenue du premier Sommet mondial sur l'enfant, a non seulement pour objet de procéder à l'évaluation des efforts déployés par la communauté internationale pour promouvoir les droits de l'enfant, mais aussi d'identifier les obstacles et d'engager une réflexion collective sur les moyens de les aplanir en vue d'édifier un monde favorisant l'épanouissement des enfants.

Il M'est agréable de féliciter Son Excellence Monsieur Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies et Madame Caroll Bellamy, Directeur général de l'UNICEF, pour les efforts considérables et persévérants qu'ils ont consentis afin de réaliser la mobilisation permanente, aux plans national et international, de l'ensemble des acteurs intéressés par les questions de l'enfance , dans le but de doter les enfants des qualifications et des moyens nécessaires pour affronter les défis de l'avenir.

Cependant, ces défis ne sauraient être relevés, à Mon avis, que par la conjugaison des efforts entre les gouvernements, les organisations, institutions et agences internationales, le secteur privé et la société civile et ce, dans le but de protéger l'enfant de tous les fléaux sociaux qui le menacent, et qui sont aggravés par des facteurs participant de sa vulnérabilité.

Monsieur le président,

Dans le cadre de la dynamique internationale pour la -promotion des droits de l'enfant, il y a lieu de rappeler que le Royaume du Maroc n'a ménagé aucun effort pour atteindre les objectifs fixés par le premier Sommet mondial et concrétiser les engagements pris par Mon père vénéré, Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu ait son âme, qui avait signé le 3 février 1992 la déclaration mondiale pour la préservation de la vie de l'enfant, sa protection et son éducation, et créé en 1995 l'Observatoire national des droits de l'enfant, en confiant sa présidence à Ma chère soeur, Son Altesse Royale Lalla Meryem, pour suivre de près toutes les questions relatives à la promotion de la situation de l'enfant au Maroc.

Mon pays a réalisé de grands progrès, dans ce domaine, aux termes mêmes du rapport adressé, au début de 2001, par l'UNICEF à son Conseil d'administration concernant la mise en oeuvre des objectifs du premier sommet mondial sur l'enfant. Ce rapport indique que le taux de mortalité néonatale et infantile et chez les adolescents a diminué de manière tangible, puisqu'il a enregistré une baisse de 1987 à 1997, passant de 69 à 37 pour mille parmi les nouveaux-nés vivants, pour la première catégorie et de 92 à 46/1000 concernant la deuxième catégorie.

De même, neuf enfants sur dix ont été vaccinés et aucun cas de poliomiélyte n'a été enregistré depuis 1990.

Concernant la scolarisation, le taux d'inscription au titre de l'année scolaire 1999/2000 a atteint 80 pc, alors que ce taux ne dépassait pas les 56 pc en 1990/1991.
Si le chemin à parcourir reste long, la volonté du Maroc n'en est pas moins ferme pour concrétiser l'ensemble de nos objectifs et tirer profit de toute aide et soutien dans ce sens.

Dans le but d'apporter sa contribution au succès des préparatifs de cette session extraordinaire, le Royaume du Maroc a organisé, en coordination avec l'UNICEF, une série de forums internationaux, notamment la rencontre de la société civile arabe, le sommet des premières dames d'Afrique , le congrès araboafricain des ministres des finances et le forum régional sur la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants.

Ces rencontres ont administré la preuve que les décisions et recommandations ne peuvent se traduire concrètement sur le terrain et avoir un impact global et positif qu'en conférant une dimension humaine au processus de la mondialisation et ce, afin d'éviter l'aggravation des dysfonctionnements affectant les équilibres socio-économiques entre les pays.

Cela ne saurait être réalisé qu'à travers l'utilisation la plus rationnelle des ressources disponibles, la dynamisation des relations de coopération Sud-Sud, la promotion d'une coopération internationale porteuse - surtout après les engagements souscrits par les Dirigeants, à la Conférence de Monterrey, de consacrer une part substantielle des ressources au financement du développement, à l'horizon 2006 - et la lutte contre la pauvreté qui marginalise l'enfance et détruit ses espoirs pour accéder à un niveau de vie confortable.

Nous formons le voeu de voir les aides publiques au développement atteindre le niveau auquel aspirent les pays en développement, afin qu'ils puissent réaliser les objectifs tracés par l'Organisation des Nations Unies. Dans ce contexte, l'on ne doit pas perdre de vue combien l'endettement extérieur constitue un lourd fardeau représentant une entrave majeure au développement durable et équilibré.

Je saisis cette occasion pour réitérer mon appel aux pays nantis pour qu'ils annulent les dettes des Etats africains ou au moins qu'ils les convertissent en investissements leur permettant de créer de nouveaux emplois et d'améliorer les conditions de vie de leurs habitants.

Il est sans nul doute nécessaire de déployer davantage d'efforts pour la protection des droits des enfants qui exercent un travail dans des conditions très éprouvantes et contraires aux normes arrêtées par l'Organisation Internationale du Travail, ainsi que des enfants enrôlés dans des conflits armés.

Je déplore les souffrances des enfants qui vivent dans des conditions exceptionnelles en raison des sanctions imposées et des conflits armés, comme c'est le cas pour les enfants de Palestine et d'Irak dont le droit fondamental à la vie est menacé. La communauté internationale se doit donc d'assumer sa responsabilité pour trouver des solutions adéquates propres à mettre fin à cette tragédie.

En plus de la mobilisation des enfants et leur implication dans des conflits armés, leur exploitation à des fins commerciales nous préoccupe particulièrement. Les organes sectoriels de la commission des droits- de l'Homme ont accordé, ces dernières années, un intérêt particulier à ces deux problématiques.

Le Royaume du Maroc, qui a signé lors du sommet du millénaire les deux protocoles facultatifs annexes à la Convention des droits de l'enfant et relatifs à l'implication des enfants dans les conflits armés, le trafic des enfants et leur exploitation dans la prostitution et la pornographie, a ratifié lesdits protocoles, témoignant ainsi de son engagement à respecter les dispositions de ces instruments juridiques adoptés par l'assemblée générale il y a deux ans.

Nous nous devons donc, nous les décideurs, d'élaborer des politiques, des stratégies et des programmes axés fondamentalement sur l'enfant et ce, dans le cadre des mesures préventives prises pour lutter contre le Syndrome d'Immunodéficience Acquise (Sida) et contre les conflits armés impliquant des enfants. Il s'agit de problèmes inquiétants et la communauté internationale se doit de déployer davantage d'efforts pour leur trouver des solutions appropriées.

Monsieur le président,

Le Royaume du Maroc s'engage à appliquer les dispositions de la déclaration et du plan d'action, issus de ce deuxième sommet, et à les placer en tête de ses préoccupations nationales, en vue de préserver la paix et la sécurité dans l'intérêt de cette génération et des générations futures.

je vous remercie.

Que la paix, la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient sur vous.