MADAGASCAR
 

Déclaration

par

 S.E.M. Jean Delacroix Bakoniarivo Ambassadeur,
Représentant Permanent, Chef de Délégation

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 8 mai 2002

Monsieur le Président,
Honorables Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Honorables Représentants Permanents,
Distingués Délégués,
Chers Enfants du monde entier,
Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis de l'opportunité que m'offre cette tribune de la vingt-septième session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée aux enfants pour partager avec l'ensemble de la Communauté internationale les préoccupations et aussi l'espoir qu'inspire à la Nation malgache la création d'un monde digne des enfants. Je suis convaincu, Monsieur le Président, que vos talents de diplomate et vos expériences contribueront à faire de notre conférence une réussite, avec des résultats conformes à nos attentes.

Permettez-moi, avant tout d'exprimer mes félicitations les plus vives, à Son Excellence Madame Patricia Durant, Ambassadeur Représentant Permanent de la Jamaïque, Présidente du Comité Ad hoc plénier et du Comité préparatoire pour l'efficacité avec laquelle elle a conduit les travaux du Comité préparatoire. Mes félicitations s'étendent également aux membres du bureau.

Je ne saurais continuer mon allocution sans remercier Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies pour son rapport très riche qui nous a servi de base pour nos discussions, ainsi que la Directrice Exécutive de l'UNICEF Carol Bellamy avec son équipe pour le travail considérable de sensibilisation qu'ils ont accompli au niveau mondial sur les besoins et les droits de l'enfant et notamment de leur contribution en tant que secrétariat de cette session.

Monsieur le Président,

Ma délégation s'associe entièrement à la Déclaration faite par le distingué représentant de Vénézuela qui s'est exprimé au nom du Groupe des 77 et de la Chine et se félicite des résultats des conférences régionales préparatoires en vue de la session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrées aux enfants, en particulier le Forum panafricain sur l'avenir des enfants intitulé "Une Afrique faite pour les Enfants" tenu en Egypte du 28 au 31 mai 2001. En effet, en consultation avec les Institutions africaines et internationales compétentes, ainsi que la société civile et les Organisations non gouvernementales, une position commune africaine à laquelle Madagascar adhère entièrement a été élaborée par le Secrétariat de l'OUA.

Par ailleurs, Madagascar fait siennes les recommandations et les dispositions des instruments et déclarations diverses de l'OUA et d'autres organismes qui traitent des problèmes concernant les droits et le bien être des enfants, telles que l'initiative de Bamako sur la survie, le développement et l'immunisation universelle des enfants en Afrique.

- La Déclaration de la 30ème réunion ministérielle sur le Sida et l'enfant en Afrique de 1994
- La Déclaration de Tunis sur le suivi des objectifs de la mi-décennie en faveur des enfants de 1995
- La résolution de 1996 proclamant la période 1997-2006, Décennie de l'éducation en Afrique
- Le troisième Sommet de la mission des premières dames d'Afrique pour la paix et les questions humanitaires de Libreville en mai 2001.


Monsieur le Président,

II est connu de tous que la Déclaration et le Plan d'action adoptés par le Sommet mondial pour les enfants comptent parmi les engagements internationaux dont la mise en oeuvre a été suivie avec le plus de rigueur. En outre l'entrée en vigueur de la Convention relative aux droits de l'enfant, laquelle, a été ratifiée ou signée par un nombre record de 192 Etats marque, comme mentionné dans le rapport du Secrétaire général, les efforts déployés en faveur des enfants par les Etats bien que les réalisations soient restées modestes.

Par ailleurs, la participation de plus de 400 enfants venant des quatre coins du monde au Forum des enfants, la forte participation à la session ordinaire consacrée aux enfants, de nombreux Chefs d'Etat et de Gouvernement, de leaders d'Organisations non gouvernementales, nationales et internationales et de la société civile, des parlementaires, des médias, des Organismes des Nations Unies ainsi que des donateurs signifie déjà une grande volonté politique de toute la communauté internationale en vue de compléter les efforts visant à réaliser les objectifs définis par ledit Sommet tant au niveau national qu'international. C'est donc, une opportunité pour nous de renouveler nos engagements, car en effet il reste beaucoup à faire.

A ce sujet, Madagascar déplore la persistance de la pauvreté dans beaucoup de pays et estime qu'il conviendrait de placer la lutte contre son éradication au premier plan, de donner la priorité à la matérialisation des ressources promises lors du Sommet, aux niveaux tant national qu'international, accroître les investissements dans les services sociaux, de renforcer la coopération régionale et internationale en ce qui concerne les moyens techniques, législatifs, financiers, matériels, et autres, afin de permettre l'élimination des travaux dangeureux des enfants ainsi que l'exploitation de leur force de travail, la vente, la traite d'enfants et d'autres formes de sévices dont ils sont victimes et d'intensifier. les recherches scientifiques pour la lutte contre le sida et d'autres maladies infectieuses .comme le paludisme qui tue la plupart des enfants des pays en développement, en particulier l'Afrique . Renforcer la coopération technique et le transfert de la technologie pour que chaque enfant bénéficie d'un bon savoir dans le cadre de la promotion de l'éducation pour tous.

Il est également très important de concrétiser les différentes mesures prises pour le maintien de la paix, la prévention des conflits, qui de plus en plus continuent à bafouer les droits de l'enfant renforcer les mécanismes déjà existants pour l'assistance humanitaire en cas de catastrophe naturelle, afin de répondre en premier lieu aux besoins des femmes et des enfants, accorder une attention particulière aux enfants réfugiés dans les pays en développement, en particulier en Afrique.

Dans ce contexte il est temps que la communauté internationale réponde promptement à l'appel du Sommet du Millénaire afin que priorité soit donnée en faveur des enfants de l'Afrique.

Monsieur Le Président ,

Au nom de la République de Madagascar, je réaffirme les engagements pris lors de la participation de sa délégation au Sommet pour les enfants. La participation au Forum et la présence d'enfants délégués malgaches à cette session témoignent de sa volonté politique d'oeuvrer davantage en faveur des enfants qu'elle considère non seulement comme acteurs indispensables pour le présent mais aussi des édificateurs du futur.

Au niveau national,

Le développement et la mise en oeuvre d'un Programme National d'Action pour le Redressement Social (PNARS) ont été immédiatement lancés et les objectifs y relatifs sont présentés comme suit : -réduire la mortalité infantile de 144% en 1994 à66% en 2000 et la mortalité des enfants de moins de 5 ans de 166% en 1994 à 110% en 2000, - réduire le taux de mortalité maternelle de 570% pour 100 000 en 1994 à 285 pour 100 000 en 2000; - réduire le taux de malnutrition modéré et sévère chez les enfants de 0 -5 ans de 40 % en 1993 à 20% en 2000.

Deux comités ont été mis en place pour assurer la mise en oeuvre et le suivi du PNARS

-un comité de pilotage placé sous la tutelle du Ministère du Plan composé des hauts responsables des Départements sectoriels du Ministère du Plan des ONGs et des bailleurs de Fonds .
-une cellule de redressement social composé de plusieurs représentants des ministères sectoriels oeuvrant dans le domaine social .
En outre, la lutte contre la pauvreté, le déséquilibre de la sécurité alimentaire et le redressement social constituent les mesures connexes prioritaires du programme du Gouvernement .

Au niveau international

Les bailleurs de Fonds participaient à la mise en oeuvre du PNARS selon leur mandat.. Ainsi d'une, part l' UNICEF réalisait ces objectifs du Sommet à travers le Plan cadre de Coopération Madagascar- UNICEF de 1996-2000.

Après l'identification d'autres contraintes qui ont retardé la réussite de certains objectifs de la décennie ( sécheresse, cyclone, les criquets etc.....), un volet relatif "Aux Urgences" a été ajouté dans ledit Plan.

D'autre part des agences des Nations Unies telles que le PNUD, la FAO, le PAM, l' OMS, FONUSIDA, le FNUAP ...étaient parties prenantes ainsi que d'autres
 partenaires comme la Banque Mondiale, le FIDA, le FED, le GTZ, l' USAID, le CEE, la Coopération française ....

Monsieur le Président,

Eu égard à ce qui précède , je voudrais au nom de la délégation malgache exprimer nos appréciations à tous les organismes qui ont oeuvré en faveur des enfants malgaches et lance un appel pour qu'ils veillent à ce que priorité soit toujours donnée aux enfants dans tous les programmes de développement humain.

Permettez-moi également, Monsieur le Président, de me faire le porte-parole des enfants malgaches et de vous lire le message qu'ils souhaitent transmettre à cette occasion historique "Nous demandons à ce que les dispositions de la Convention des Droits de l'Enfant soient scrupuleusement respectées et traduites en actions concrètes dans notre vie quotidienne; que les jeunes puissent participer davantage à la vie de citoyens par le :biais de réseaux de structure reconnu par l'État; il est impératif que le Parlement des enfants soit une réalité; que les droits des personnes handicapées soient mieux pris en compte sur le plan interne et international".

Monsieur le Président,

En réponse immédiate à cette requête, ô combien justifiée, je dis "OUI aux ENFANTS"

Je vous remercie