GUINEA
 

Déclaration

par

S.E. Maître Lamine Sidimé,
Premier Ministre de la République de Guinée

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 9 mai 2002


Monsieur le Président,

La délégation guinéenne que j'ai l'honneur de conduire, se félicite de vous voir présider les travaux de la 27ème Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies consacrée aux Enfants.

C'est l'occasion pour moi de transmettre à Monsieur Kofi A. Annan, Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies, le message de soutien et d'encouragement de Son Excellence le Général Lansana CONTE, Président de la République de Guinée, pour les efforts qu'il ne cesse de déployer à la tête de notre Organisation en vue de la promotion et de la réalisation de ses nobles idéaux.

Je voudrais exprimer notre satisfaction au comité préparatoire de la présente session, notamment à sa présidente, Madame PATRICIA DURRANT, et aux autres membres du bureau qui n'ont ménagé aucun effort pour assurer un succès à nos présentes assises.

A Madame Carol Bellamy, Directrice Générale de l'Unicef, et à toute son équipe, va notre appréciation pour la manière avec laquelle elles assurent les travaux du Secrétariat.

Ma délégation fait sienne la Déclaration faite par Madame Mubarak, Première Dame de l'Egypte, sur le document: "L'AFRIQUE POUR LES ENFANTS" issu du Forum Panafricain sur les enfants tenu au Caire, du 28 au 31 mai 2001.

La Déclaration et le Plan d'Action de ce Forum expriment clairement la position commune africaine et demeurent une contribution substantielle de l'Afrique à la présente session.

Monsieur le Président,

Quel avenir devons-nous réserver à nos enfants et quelles responsabilités devons-nous assumer à leur égard ? Car, les adultes que nous sommes aujourd'hui avons été les enfants d'hier et les enfants d'aujourd'hui seront les adultes de demain.

Soucieux de trouver des réponses adéquates à ces questions, les dirigeants de ce monde se sont réunis ici à New York, en 1990, pour débattre de nos différentes responsabilités envers les enfants, avenir de l'humanité.

En effet, l'adoption de la Déclaration et du Plan d'action pour la survie, la protection et le développement de l'enfant dans les années 90, issu du Sommet mondial pour les enfants, décrit à suffisance nos responsabilités individuelles et collectives.

Au cours de la décennie écoulée, des progrès ont été réalisés dans les domaines relevant du bien-être de l'enfant. Toutefois, les résultats des actions engagées par la communauté internationale restent mitigés.

Le rapport du Secrétaire Général intitulé : "Nous, les enfants", décrit à bien des égards les progrès réalisés, les défis à relever et les engagements futurs de tous les acteurs de la communauté internationale pour la mise en oeuvre effective du plan d'action du Sommet mondial.

Les enfants et les femmes, particulièrement en Afrique subsaharienne, restent, hélas, vulnérables et exposés aux effets conjugués de la pauvreté, de la crise économique, de la dette extérieure, des conflits armés, de l'expansion de la violence, de la persistance de la pandémie du VIH/SIDA, etc.

Ces facteurs ont une conséquence fâcheuse sur les programmes de développement, notamment ceux en faveur des enfants. Ce qui requiert un engagement soutenu de la part de la communauté internationale afin d'envisager des solutions concrètes.

A cet égard, la tenue de la présente Session est le témoignage de l'importance renouvelée que la communauté internationale attache aux droits de l'enfant.

Monsieur le Président,

Mon pays, la République de Guinée, en application des décisions du Sommet mondial, s'est dotée dès 1992 d'un plan national en faveur des enfants.
De nombreuses structures publiques et para-publiques ont été mises sur pied. Celles-ci ont contribué de façon significative à la vulgarisation de la convention relative aux droits de l'enfant, à la revitalisation des programmes de santé et d'éducation, notamment la scolarisation des jeunes filles, et au renforcement de la participation communautaire.

Ces acquis ont été possibles grâce à la volonté politique du gouvernement guinéen, à l'implication des organisations nongouvernementales, de la société civile et des communautés à la base. La contribution des partenaires bilatéraux et multilatéraux a également été significative.

Nous leur exprimons notre reconnaissance et les invitons à redoubler d'efforts dans la mise en oeuvre de leurs programmes de développement en faveur des enfants.

Cependant, force est de constater que l'instabilité et l'insécurité dans les pays voisins ont affecté considérablement les actions du Gouvernement en faveur des enfants qui en sont les principales victimes. Monsieur le Président,

Ma délégation est convaincue que tout véritable développement passe par l'investissement dans l'éducation des enfants et le respect de leurs droits fondamentaux.

La présente session doit nous permettre d'évaluer l'application des actions convenues au cours des dix dernières années, d'en tirer les leçons et d'envisager des mesures concrètes à réaliser. II s'agit là d'un devoir historique, celui de léguer aux générations futures, un monde de justice, de sécurité, de paix et de progrès.

Les engagements qui vont être pris, à l'issue de nos présentes assises, doivent refléter les défis à relever et réitérer la volonté commune de toutes les parties de prendre toutes les dispositions nécessaires pour leur respect.

Je vous remercie.