GABON

Déclaration
par
S.E. El Hadj Omar Bongo
Président de la République Gabonaise
Chef de l'État

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 8 mai 2002

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

La présente session extraordinaire de l'Assemblée générale qui se tient douze ans après le Sommet mondial pour les enfants nous donne l'occasion de tirer ensemble les leçons de nos expériences et d'esquisser des nouvelles solutions propres à assurer à nos enfants un avenir meilleur:

Monsieur le Président,

La situation de nos enfants aujourd'hui n'est pas toujours brillante. En effet, la plupart d'entre eux n'ont pas toujours le privilège de vivre des moments de bonheur, de gaieté et de' joie. Leurs rêves et leurs espoirs sont souvent brisés par des fléaux dont ils sont loin d'être les auteurs.

Alors qu'ils constituent le tiers de la population mondiale, nos enfants sont paradoxalement les premières victimes de la pauvreté, de la violence et de la maladie.
Comment ne pas avoir une pensée pour ces centaines de millions d'enfants qui meurent de maladie et de malnutrition dans leur fuite loin des conflits, ou ceux qui sont les victimes de la prolifération excessive des armes légères, ou encore à ces millions d'enfants qui portent à la fois dans leur esprit et leur chair les marques de la guerre.

Comment, enfin, ne pas s'indigner devant la situation de ces nombreux enfants que la pauvreté prive des médicaments, de nourriture, d'eau potable ou ceux qui sont affamés et maltraités.

Ce monde que nous leur offrons aujourd'hui est loin d'être de leur. Tâchons alors de créer un monde vraiment digne d'eux, c'est-à-dire, un monde fait de rêves, d'espérances et d'heureuses perspectives, un monde qui correspond à leurs aspirations profondes.

Monsieur le Président,

Si nous admettons que la pauvreté est un obstacle majeur au respect des droits de l'enfant, nous devons de ce fait reconnaître que c'est dans les pays en développement que la situation des enfants est la plus critique.

Malgré les difficultés économiques, le Gabon, depuis son accession à l'indépendance, a toujours accordé, une priorité à l'enseignement pour permettre la scolarisation de nos enfants jusqu'à l'âge de seize ans au moins.

Par ailleurs, des efforts soutenus sont aussi consentis dans le domaine de la santé, particulièrement en ce qui concerne la protection de la mère et de l'enfant. De même, écoles primaires et secondaires, maternités, unités de soins de santé primaires, maternels et infantiles ont été construites sur toute l'étendue du territoire national.

II ne faut pas perdre de vue que toutes ces actions ont été conduites dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et pour le bien-être de nos enfants.

Monsieur le Président,

Nous ne pouvons pas parler de la situation des enfants sans évoquer celle des femmes. II existe, en effet, entre la mère et son enfant toute une histoire d'amour qui est symbolisée par le cordon ombilical qui lie l'enfant à sa mère au moment de la naissance.

Au Gabon, ce lien fondamental entre le destin de la femme et celui de l'enfant a été bien pris en compte.

II existe, en effet, depuis de nombreuses années, un Ministère de la famille et de la promotion de la femme dont la mission principale est de contribuer, par des initiatives d'envergure, à créer un environnement favorable à l'épanouissement des femmes et des enfants.

C'est dire que si nous n'améliorons pas les conditions des femmes surtout dans les pays en développement, la situation des enfants risque de ne pas connaître les changements escomptés.

Monsieur le Président,

Nous avons coutume de dire au Gabon que la jeunesse est sacrée. Cette conviction nous l'avons acquise de longtemps et c'est pourquoi les enfants et les adolescents sont au coeur même de notre politique.

Nous avons compris que c'est avec eux que nous bâtissons l'avenir.

En les écoutant et en discutant constamment avec eux, nous avons pu mesurer la portée de leurs aspirations.

C'est pour cette raison que je salue ici l'initiative de l'UNICEF d'avoir organisé, en marge de cette session, un forum spécial qui a permis aux enfants de parler de leurs propres problèmes et de nous indiquer leur perception du monde.

Dans le cadre de la coopération avec certains organismes dont le PNUD et l'UNESCO, nous avons créé une radio dénommée "Radio émergence" destinée aux jeunes et animés par eux-mêmes.

De même, nous organisons régulièrement des forums des jeunes qui leur servent de tribune pour faire entendre leur voix.

Toutes actions qui sont de nature à leur permettre de prendre, dès le jeune âge, leur destin en main.

Bâtir un monde digne de nos enfants est une oeuvre considérable qui nécessite la mobilisation des ressources humaines et financières importantes.

Pour y parvenir, il faut mettre en mouvement, dès maintenant, une solidarité agissante à l'échelle mondiale.

En effet, sans une coopération effective susceptible de créer une croissance économique durable, tous nos efforts visant à assurer à nos enfants le meilleur avenir possible resteront lettres mortes.

C'est pour cette raison que la présente session doit s'interdire de briser les attentes et les espoirs de nos enfants.

Les enfants sont notre seul lien avec l'avenir. Nous avons donc l'obligation de concrétiser les engagements que nous avons pris à leur sujet dans le cadre des grandes conférences que l'ONU a organisées au cours de ces dix dernières années.

Je vous remercie.