DJIBOUTI
 


Déclaration

par

S. E. Mme. HAWA AHMED YOUSSOUF
Chef de la délégation ministre de la promotion de la femme, des affaires sociales et du bien-être familial

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 9 mai 2002

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d'abord, Monsieur le Président de vous souhaiter nos voux de succès pour les présentes assises qui j'en suis convaincue, grâce à votre expérience seront couronnés de succès.

La tenue de cette 27ème Session Extraordinaire des Nations Unies sur les enfants, témoigne au vu du taux de participation très élevée de l'intérêt que nous portons pour l'avenir de nos enfants qui seront les responsables de demain.

Aussi, je voudrais à cet égard féliciter le Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur Kofi Annar, la Directrice Exécutive de l'UNICEF Mme Carol Bellamy d'avoir convier et déployés tous les efforts en vue de consacré un sommet exclusivement réservé à l'enfance et dans lequel ils ont activement participés.

Nos félicitations et nos remerciements vont également à l'endroit de la Présidente du Comité Préparatoire Mme Patricia Durrant pour les efforts inlassables qu'elle n'a cessé de déployer ces deux dernières années dans la préparation du document final intitulé "un monde digne des enfants".

Monsieur le Président,

Les objectifs et les défis de cette Session Extraordinaire tels que l'Examen des progrès dans la mise en oeuvre de la Déclaration et du Plan d'action adoptés au Sommet Mondial pour les enfants de 1990, nous amènent à examiner sérieusement les voies et moyens nécessaires afin de relever les défis à travers l'adoption d'une position commune qui sera la clé d'une amélioration des conditions de vie de nos enfants.

En effet et en dépit des progrès accomplis de part le monde comme en témoigne le rapport du Secrétaire Général, dans les domaines liée à l'éducation, à la santé , à la protection de l'enfant, l'enfant est toujours victime de l'exploitation, des mauvais traitements, d'enroulement forcé dans les conflits armées etc.... C'est pourquoi il nous appartient de changer ces images négatives véhiculées à travers les médias par l'adoption d'une politique sociale adéquate qui faciliterait la réalisation des objectifs fixés par les différents programmes sur l'amélioration des conditions de vies des enfants

Nos Gouvernements se sont engagés fermement et doivent continuer à mettre en ouvre une politique qui donne plus d'importance à l'éducation et à la santé de l'enfant qui sont les facteurs d'épanouissements et de bien être. La reconnaissance des droits de l'enfants en général est un acquis précieux mais cependant l'exercice de ces droits est beaucoup plus complexe et les facteurs endogènes et exogènes sont multiples et demandent une réflexion et une coopération plus accrue afin de mener et mdbiliser collectivement les ressources nécessaires pour conduire cette politique de développement de l'enfant.

La dernière décennie a été le témoin d'une remarquable amélioration de la situation et de la reconnaissance des Droits de l'Enfant. Cependant nous ne devons pas être complaisant. Nous avons une obligation à relever les défis et enrayer les effroyables statistiques qui continue de nous rappeler les niveaux intolérables et inacceptables de malnutrition, de maladies, de travail d'enfants, d'orphelins causés par le ravage du SIDA ainsi que des millions d'enfants non enregistrés à la naissance ou sans éducation de base.

Monsieur le Président,

Avant de partager l'expérience de la République de Djibouti avec vous, permettez moi de formuler quelques réflexions qui sont à notre avis un postulat siné-qua-non afin de mieux relever les défis liés au bien être de l'enfant.

Plus de la moitié de la population mondiale vit dans une pauvreté endémique avec moins de 1$ par jour et dont les trois quart vivent en Afrique subsaharienne et en Asie et dont les effets néfastes retombent en premier lieu sur les enfants. A cette pauvreté endémique, s'ajoute le ravage causé par le VIH/SIDA notamment en Afrique ou le taux de prévalence de la pandémie touchant la mère et l'enfant risque de décimer une génération d'enfants.

A ces deux fléaux et aux calamités naturelles, l'enfant du Sud est confrontés au travail, aux guerres, aux déplacements, aux exodes et tous leurs corollaires qui sont autant de freins à l'épanouissement et au bien être de l'enfant. A cet égard, il ne faudrait pas oublier les enfants qui n'ont jamais connu la paix et dont les séquelles tant psychologiques que physiques sont un handicap éternel.

Je pense aux millions d'enfants de la Somalie, de l'Angola, de la Sierra-Léone et surtout aux deux générations d'enfants palestiniens qui sont sous le joug d'une occupation israélienne brutale depuis plus de quarante ans et dont l'avenir et l'espoir sont réduit à néant de jour en jour sans parler du traumatisme psychologique qu'ils vivent au quotidien.

Ces enfants n'aspirent qu'à une chose: vivre comme les autre enfants dans la paix et la dignité avec leurs parents et jouir de leurs droits les plus élémentaires .
Dans le domaine des connaissances et du savoir, le fossé numérique crée par le formidable élan des nouvelles technologies de l'information et la mondialisation accentuent le déséquilibre déjà patent entre le Sud et le Nord, et les dividendes de cette globalisation font défaut à un pan de la population mondial au moment ou l'on parle d'un village planétaire. Le sous développement et la pauvreté sont les facteurs qu'ils faut en premier lieu éradiquer sinon réduire afin d'assurer un épanouissement à nos enfants et leur léguer un avenir meilleur.

Ma délégation souscrit pleinement à la thèse du Secrétaire Général qui assure qu'un dollars investit dans l'enfance rapportera plus tard 7 dollars et lance un appel à la Communauté Internationale afin d'accroître l'assistance en matière d'éducation, de vaccination et de santé de l'enfant.

Voilà, Monsieur le Président quelques éléments de réflexion qui doivent mériter toute notre attention si l'on veut parvenir aux objectifs que nous nous sommes fixés en faveur d'une coalition mondiale pour les enfants.

Monsieur le Président,

Permettez moi maintenant de vous retracer en quelques mots la politique menée par mon pays ces dix dernières années en faveur de l'enfant:

Le Gouvernement de la République de Djibouti a signé la Convention des Droits de l'Enfant de 1990 et l'a ratifié en Décembre de la même année. Il a intégré à sa législation internes des dispositions juridiques assurant les droits de l'enfant dans la constitution adoptée en 1992.Cette constitution affirme avec force, le droit à l'éducation pour tous.

Les différents Gouvernements qui se sont succédés durant cette période, malgré les difficultés économiques et sociales dues à la politique d'ajustement structurel, ont donné la priorité à l'éducation et à la santé. Le Gouvernement actuel a prévu d'augmenter le budget alloué à l' Education Nationale et à la Santé de 20% d'ici 2005.
Aussi, depuis son élection à la tête du pays, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Ismail Omar Guelleh a réaffirmé la priorité donnée au développement de l'enfant djiboutien.

A ce titre, un Ministère que j'ai l'honneur de diriger s'occupe du bien-être de l'enfant depuis 1999.

En d'autres termes, notre pays a réalisé des actions en faveur des enfants durant la décennie écoulée comme il est indiqué dans le rapport d'évaluation du programme d'action National pour le suivi, la protection et le développement de l'enfant.

Le gouvernement de la République de Djibouti a élaboré en Février 1995 un document de politique nationale d'équilibre Familial et en Février 1998 un Programme National de Maternité sans risque a été mis en place. En outre, des actions sur la petite enfance entreprises sur le plan de la Santé et de l'Education concernent:

· Des campagnes de vaccination pour les enfants de moins de cinq ans en zone rurale et urbaine
· La mise en place des centres de nutrition dans les zones à haut risques en 1992
· Le taux brut de scolarisation est passé de 38% en 1990 à 40 en 2000.temoigne de la réussite des efforts du gouvernement dans le secteur éducatifs
Quant à la réalisation des objectifs sur la protection juridique des enfants et conformément aux recommandations de la Déclaration des Droits des Enfants, le Gouvernement a mis en place un dispositif juridique comprenant entre autre:
· L'adoption du Code de la Famille
· L'ajout au Code Pénal djiboutien de l'article 333 qui sanctionne sévèrement les auteurs reconnus coupables de mutilations génitales féminines.
Monsieur le Président,

Conscient de l'importance de la question de la Promotion des conditions de vies des enfants, notre pays a entrepris en perspective de développement pour la décennie à venir les nouvelles orientations qui sont
 

En ce qui concerne la mortalité maternelle est estimée à Djibouti à 740 décès pour 10000 naissances . Mon Ministère a formulé un projet sur le réseau d'animateurs/animatrices communautaires pour la promotion de la santé maternelle.

Sur le plan de la démocratisation du pays et de la participation des enfants djiboutiens à la gestion des affaires du pays, le gouvernement favorise la concertation entre les différentes institutions du pays et les mouvements des jeunes. Cette politique d'ouverture et de concertation s'est traduite par :
 

- L'adoption d'un décret en 1995 instituant la Journée Nationale de L'enfant Djiboutien (20 Novembre).
- L'intégration des dispositions de la Convention dans le programme scolaire de l'éducation nationale.
- La mise sur pied d'un Parlement des Enfants
- La traduction de la Convention relative sur les Droits des Enfants en langues nationales (Afar, Somali) afin de vulgariser ces droits.
- Divers autres actions de vulgarisation et de promotion de la Convention par tous les moyens de communication (médias nationaux, dépliants, brochures, réunions, plaidoyers)
Par ailleurs le Gouvernement de la République de Djibouti en collaboration avec la société civile et l'UNICEF a lancé les activités préliminaires du mouvement Mondial en faveur des enfants. Le Gouvernement a également pris acte des conclusions des travaux du Forum des Jeunes qui s'est tenu à Dakar le mois dernier. Le Secrétaire Général des Nations-Unis et les Agences Spécialisées doivent être présents et continuer à apporter leur assistance à ces mouvements des jeunes issus de la société civile.

Aussi, dans le cadre de la campagne internationale « Dites oui pour les enfants », une large majorité des personnes interrogées préconisent que la priorité doit être donnée à la lutte contre la pauvreté.

Monsieur le Président,

Permettez moi de conclure en lançant un appel à la Communauté Internationale en disant que la République de Djibouti, à l'instar d'une majorité de pays ici présents, ne saurait relever ces défis sur l'amélioration des conditions de vie des enfants et la réalisation complète des objectifs de la Déclaration, sans l'assistance financière et la solidarité de la Communauté Internationale à l'égard des programmes menés par les gouvernements.
Merci Monsieur le Président