CHAD
 

Déclaration

par

S. E. M. NAGOUM YAMASSOUM,
Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la République du Tchad

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 9 mai 2002

. Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etats et de Gouvernements,
. Excellence, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
. Mesdames, Messieurs les Représentants des Agences de Coopération Bilatérale et Multilatérale,
. Mesdames, Messieurs les Délégués,
. Honorables Participants au Sommet Mondial pour les Enfants

Permettez-moi avant tout de vous transmettre les salutations du Président de la République du Tchad, Son Excellence IDRISS DEBY, du Gouvernement et du peuple tchadiens, et émettre le voeu que ce sommet mondial débouche sur des décisions bénéfiques pour les enfants du monde entier.

Je voudrais également féliciter le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur KOFFI ANNAN pour l'intérêt tout particulier qu'il porte à la résolution des problèmes des enfants et dont l'organisation de ce sommet est une manifestation patente.

Le Sommet en faveur des enfants faut-il le rappeler, offre aux dirigeants que nous sommes, la possibilité de faire changer la manière dont le monde considère et traite les enfants.

. Mesdames, Messieurs les Chefs d'Etats et de Gouvernements
. Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies
. Mesdames, Messieurs

La situation des enfants avant l'adoption de la convention relative aux droits de l'enfant en 1989 et la tenue du Sommet mondial pour les enfants en 1990 était très préoccupante.

C'est un euphémisme que de dire que les trois quarts des enfants de la planète n'étaient pas traités comme ils devraient l'être. Aux maux habituels que sont les maladies, la malnutrition, le manque d'éducation et les travaux pénibles, se sont ajoutés d'autres encore plus inacceptables comme la prostitution des mineurs, l'enrôlement des enfants dans les armées, la traite des enfants etc....

Mais, après ces différents sommets, nous devons tout de même nous poser la question de savoir si l'initiative de la communauté internationale a fait réellement changer le sort des millions d'enfants qui souffrent dans le monde.

La question peut se poser en effet de savoir si les enfants d'aujourd'hui sont-ils mieux traités que ceux d'hier? Sinon, que devons nous faire en tant que parents et en tant que décideurs pour que les enfants du monde entier vivent mieux et souffrent moins ?

Pour sa part, et malgré les trois décennies de troubles politiques et les difficultés liées à l'ajustement structurel, mon pays a entrepris des actions allant dans le sens de l'amélioration des conditions de vie de l'enfant.

Ainsi, sur le plan juridique, le Tchad a ratifié les principaux instruments relatifs aux droits de l'enfant, à savoir

- La convention relative aux droits de l'enfant du 20 Novembre 1989 ratifiée le 24 Mai 1999
- La charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant du 30 Juillet 1980 ratifiée le 30 Mars 2000
 - La convention sur l'interdiction des pires formes de travail des enfants et l'action immédiate en vue de leur élimination du 18 Juin 1999 ratifiée le 13 Octobre 2000
- La convention 138 sur l'âge minimum d'admission à l'emploi du 26 Juin 1973 ratifiée le 08 Décembre 2000.
En outre, le Tchad qui épouse pleinement la position commune africaine adoptée lors du Forum du Caire sur l'enfant africain de Mai 2001 vient également d'adhérer aux protocoles Facultatifs à la Convention des Droits de l'Enfant concernant l'implication des enfants dans les conflits armés d'une part et la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant les enfants d'autre part.

Le premier protocole est assorti de la Déclaration de mon Gouvernement qui précise sans équivoque que l'âge minimum pour être recruté dans les forces armées est bien de 18 ans révolus.

C'est donc, le lieu ici de réfuter de la façon la plus catégorique, les allégations de certaines Organisations Non Gouvernementales ou Associations relatives à l'enrôlement forcé des enfants dans notre Armée.

La mise en place de cet arsenal juridique est accompagnée d'autres actions menées par les différents départements ministériels concernés par les problèmes de l'enfance. La plus importante a été l'élaboration et l'adoption en 1993 et 1995 d'un Programme National d'Action en Faveur de l'Enfant Tchadien (PRONAFET) qui s'articule autour de cinq axes dont la santé et la nutrition, l'eau, l'assainissement et l'environnement, l'éducation de base, l'encadrement de la petite enfance et des enfants en circonstances particulièrement difficiles.

De plus, la création du parlement des enfants, le vote du « OUI » pour les enfants au Tchad organisé sur les thèmes de la lutte contre le VIH/SIDA, l'éducation des enfants, la lutte contre la pauvreté, la protection des enfants en période de guerre, la fin de l'exploitation des enfants et au mal qui leur est fait expriment la volonté du Gouvernement d'inscrire dans ses priorités, la protection de l'enfant sur lequel repose l'avenir du pays.

Pour ce faire, le Gouvernement a établi un partenariat solide et fécond avec la Société Civile.

Ce partenariat s'est traduit par la création d'une équipe multisectorielle impliquant les ministères intéressés et le réseau des associations oeuvrant en faveur des enfants dans la mise en ceuvre du Développement Intégral du Jeune Enfant Tchadien (DIJET) et l'instauration d'un dialogue permanent avec les enfants à travers leur parlement et le réseau des élèves Ambassadeurs de la paix.

Le Gouvernement est résolu à impliquer désormais les enfants.dans les programmes de coopération particulièrement celle avec l'UNICEF.

Je saisis cette occasion pour saluer l'ouvre inestimable de l'UNICEF dont le soutien sans faille nous permet de faire avancer la cause de la mère et de l'enfant. Dans le même ordre d'idées, je voudrais rendre hommage à la République de Chine/Taiwan pour son appui exemplaire dans notre lutte en faveur des enfants.

Par ailleurs, dans le domaine de la santé, plusieurs programmes ont été mis en ouvre au cours de la décennie passée pour lutter contre les maladies infantiles notamment la poliomyélite.

L'exécution de la stratégie nationale en matière de santé mise en place en 2001 permettra de réduire le taux de mortalité infantile et de faire passer la couverture vaccinale à 60%.

En outre, le Tchad a adhéré à l'initiative de Bamako qui a permis de développer des stratégies nécessaires pour rapprocher et rendre accessible les services de santé et les médicaments essentiels aux couches de la population les plus vulnérables comme les femmes et les enfants,

Enfin, la loi sur la santé de la reproduction adoptée en mars 2002 par l'Assemblée Nationale vient renforcer les instruments de protection de la femme et de l'enfant.

Parallèlement, des actions spécifiques ont été engagées pour améliorer et augmenter les capacités d'accueil dans les établissements scolaires, notamment le soutien aux écoles communautaires.

Cela a permis d'obtenir quelques résultats encourageants : je citerais en exemple, le taux de scolarisation qui est passé de 46,1 % à 62% pour les garçons et pour les filles de 29% à 57% entre 1993 et 2000.

Ces quelques exemples sont les révélateurs des efforts du Gouvernement qui a pris la ferme résolution d'assurer à l'enfant tchadien un développement harmonieux conformément aux engagements pris lors du sommet mondial sur le développement social, mais aussi en application de ses propres obligations.

C'est pourquoi, il recommande que ce sommet adopte une résolution spéciale sur « la socialisation et la solidarité » avec un programme en faveur des enfants et des familles des pays en situation difficile.

. Mesdames, Messieurs les Chefs d'Etats et de Gouvernements
. Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies
. Mesdames, Messieurs

Le Gouvernement de la République du Tchad s'engage devant cette auguste assemblée à défendre les engagements inscrits dans le document pour la défense des droits fondamentaux des enfants et notamment pour:

- La protection des enfants contre le trafic, l'exploitation sexuelle et toute forme d'abus et de violence ,
- L'élimination du travail des enfants et la protection des enfants contre les effets des conflits armés et les déplacements forcés.

Pour terminer, j'invite les partenaires du Tchad à accorder une attention particulière aux efforts du Gouvernement, à ceux des Communautés mobilisées ainsi qu'aux initiatives pour la paix, à la presse, aux organisations de développement pour la réussite de cette action mondiale au bénéfice de l'enfant.
Tout en formulant les voeux de pleins succès pour notre sommet, je vous remercie de votre bienveillante attention.