BURUNDI
 
 

Déclaration

par

S. E. Madame Goretti Nduwimana,
Ministre de l'action sociale et de la promotion de la femme et
chef de la délégation du Burundi

à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations-Unies consacrée aux Enfants

New York,
le 9 mai 2002

Excellence Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Son Excellence le Président de la République du Burundi avait souhaité participer personnellement aux présentes assises. Malheureusement, des questions urgentes ont exigé sa présence dans le pays. II m'a donc fait l'honneur de le représenter et de vous livrer ce message.

Le Burundi se réjouit de l'initiative prise par l'Organisation des Nations Unies et l'UNICEF, de consacrer une session spéciale à la promotion des droits et du bien-être des enfants et d'évaluer, par la même occasion, le pas franchi depuis le Sommet Mondial de 1990.

Le Burundi apprécie hautement la tenue de ces assises, d'autant plus que c'est un pays en crise. Comme pour tout pays se trouvant dans cette situation, les enfants sont toujours parmi les premières victimes innocentes de la violence et de ses conséquences multiples. Ainsi, une prise de conscience à l'échelle planétaire, des difficultés vécues par les enfants ne peut que nous réjouir, en espérant que cette prise de conscience s'accompagnera de projets et d'actes concrets, susceptibles d'améliorer de manière significative le sort des enfants, surtout ceux vivant dans des pays en difficultés.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Mon pays a participé au Sommet Mondial sur les enfants, ici à New York en 1990 et ratifié la convention relative aux droits de l'enfant en août de la même année. Conformément aux recommandations de cette rencontre, le Burundi a entrepris des actions spécifiques pour améliorer la situation des enfants, fortement détériorée par la guerre et la pandémie du SIDA. Dès 1992, un Programme National d'Action a été élaboré, par un Comité Interministériel, avec l'appui de l'UNICEF, et un Comité National de Suivi a été mis sur pied.

Une vaste campagne de sensibilisation pour la scolarisation a pu être menée, ce qui a permis d'améliorer nettement le taux brut de scolarisation au primaire. Ce taux est en effet passé de 43% à 68% ces 5 dernières années. Des campagnes de vaccination ont été réalisées, permettant ainsi d'étendre de manière significative le taux de couverture vaccinale, surtout pour la poliomyélite, pour laquelle ce taux atteint 95%.

Je voudrais saisir cette occasion pour présenter du haut de cette tribune les vifs remerciements du Gouvernement du Burundi a l'endroit de l'UNICEF pour sa contribution dans la réalisation de ces programmes.

Monsieur le Président,

II est fort regrettable que cet élan de la population et du Gouvernement du Burundi en faveur du bien-être de l'enfant a été ralenti par une guerre fratricide.
Permettez-moi donc d'insister sur le fait que la communauté internationale devrait porter son attention de manière particulière, sur les causes premières qui génèrent les situations catastrophiques pour les enfants : à savoir la guerre, la pauvreté et le SIDA. Le jour où le monde éteindra les foyers de guerre, le jour où il vaincra la pauvreté et viendra à bout du SIDA, la situation de nos enfants s'améliorera à coup sûr.

A cet effet, je voudrais, au nom de mon Gouvernement, apprécier hautement les efforts de la communauté internationale dans la résolution des conflits dans notre région des Grands-Lacs.

La récente tournée d'une délégation du Conseil de Sécurité en est un témoignage éloquent.

Pour ce qui concerne mon pays en particulier, le Gouvernement a toujours affirmé et réaffirme son engagement pour des négociations avec les groupes armés, afin d'aboutir rapidement à un cessez-le-feu permanent. II profite de cette occasion pour solliciter encore une fois l'appui de la communauté internationale à poursuivre ses efforts, pour convaincre les groupes armés à cesser immédiatement les actes de violence et à rejoindre la table de négociation.

Le Burundi sollicite également, un soutien de la part de ses partenaires, dans le cadre des promesses exprimées lors de la conférence de Paris en Décembre 2000 et réaffirmées par celle de Genève en Décembre 2001. Ce soutien permettrait, sans nul doute, de sortir le pays de la pauvreté endémique, et de ses effets directs sur le bien-être des enfants.

le souhaite plein succès à la présente session, avec le profond espoir, que les recommandations qui en seront dégagées, permettront à nos Etats de faire de consistants progrès dans la construction d'un monde plus uni et plus solidaire, pour le bonheur de nos chers enfants. Je voudrais affirmer l'engagement du Gouvernement du Burundi, pour la mise en application du plan d'action, qui sera issu des présentes assises.

Je vous remercie