TUNISIA

Allocution

Du

Président Zine El Abidine Ben Ali
Président de la République Tunisienne
Prononcée en son nom par le Dr. Hédi Mhenni, ministre des Affaires sociales, ministre de la Santé publique par intérim

devant la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA

New York, 25-27 juin 2001




Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Monsieur le Président
Monsieur le Secrétaire Général,
Majestés, Altesses, Excellences,
Mesdames et Messieurs,

C'est avec la plus grande préoccupation, devant les souffrances endurées par l'humanité du fait de la propagation de certaines maladies contagieuses, que notre pays participe à cette session extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA. J'ai l'honneur de vous donner, dans ce qui suit, lecture du message de Son Excellence le Président Zine El Abidine Ben Ali, Président de la République Tunisienne, à cette session :

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Majestés, Altesses, Excellences,
Mesdames et Messieurs,

La réunion de l'Assemblée Générale des Nations Unies, en session extraordinaire consacrée au VIH/SIDA constitue un événement important à la faveur duquel se dégagent la solidarité des peuples du monde et leur détermination à coordonner leurs efforts dans le domaine de la lutte contre ce terrible fléau du siècle, le VIH/SIDA.

Il me plaît, à cette occasion, de rendre hommage à M. Kofi Annan, Secrétaire Général des Nations Unies, pour les efforts intenses qu'il a déployés en vue de la tenue de cette session extraordinaire qui confirme la prise de conscience, par le monde entier, des effets destructeurs de cette épidémie sur la santé humaine et des entraves qu'elle met devant les efforts des pays les plus touchés pour assurer leur développement. Je citerais, tout particulièrement, les pays africains du Sud du Sahara, confrontés, du fait du manque de ressources économiques à d'énormes difficultés pour venir à bout de cette pandémie et pour endiguer la propagation du virus.

Monsieur le Président,

La Tunisie se félicite de la noblesse des objectifs et des orientations contenus dans le projet de Déclaration soumis à l'approbation de cette session et qui sont en parfaite harmonie avec les choix constants de notre pays, pour la sauvegarde des droits de l'homme dans leurs diverses dimensions. Nous nous sommes, en effet, attachés, en Tunisie, depuis le Changement du 7 Novembre 1987, à consolider les bases du progrès économique et social, et avons fait de la lutte contre la pauvreté, l'ignorance et la maladie l'une de nos priorités majeures que nous nous sommes employés à ancrer dans la réalité. Nous avons oeuvré, dans le même temps, à étendre le bien-être social sur la plus large échelle.

La Tunisie n'a, dans ce cadre, ménagé aucun effort: en vue de promouvoir le secteur de la santé, en général, et de lutter contre les épidémies et les maladies transmissibles, en particulier. Elle a pu ainsi venir à bout de certaines de ces maladies et parvenir à en maîtriser certaines autres.

Pour faire face au VIH/SIDA, nous nous sommes empressés, dès la parution des premiers cas de contamination, de mettre sur pied un programme national de lutte contre cette maladie et de renforcer notre action en matière d'information, d'éducation et de communication, ainsi qu'en matière de contrôle épidémiologique et pour la prise en charge médicale, psychique et sociale des personnes atteintes et de leurs familles.

Nous nous sommes souciés de conjuguer les efforts de l'Etat avec ceux des autres partenaires concernés par la lutte contre le VIH/SIDA, dont, en particulier, les organisations non-gouvernementales et les diverses composantes de la société civile, à l'effet de promouvoir le contenu et la qualité des messages éducatifs, en fonction des besoins des catégories cibles et, plus spécialement, des jeunes.

La Tunisie a, également, oeuvré, depuis 1987, à assurer la sécurité transfusionnelle et à garantir la gratuité des analyses de laboratoire et le traitement des personnes contaminées par le virus du SIDA, y compris au moyen de la trithérapie, en dépit de son coût élevé.

Grâce à cette stratégie, le nombre de cas de contamination a pu être maîtrisé et sa moyenne annuelle contenue à un niveau relativement bas.

Monsieur le Président,

Notre engagement à lutter contre le SIDA au plan national ne nous a pas fait perdre de vue le rôle que nous avons à assumer pour faire face à ce fléau à l'échelle régionale, africaine et internationale.

A cet égard, la Tunisie a réaffirmé, au sein de plusieurs instances internationales et à de nombreuses occasions, son engagement à oeuvrer avec la communauté mondiale en vue de lutter contre cette maladie et d'en endiguer la propagation.

Dans ce contexte, et à titre d'exemple, elle; a pris l'initiative, dès 1990, d'organiser une conférence des ministres de la santé des pays de l'Union du Maghreb Arabe et des pays du Sud du bassin méditerranéen sur les moyens de prévention contre le VIH/SIDA et de lutte contre cette maladie. Elle a, par ailleurs, assumé la présidence de la 30ème Conférence africaine au sommet qui a été sanctionnée par l'adoption de la "Déclaration de Tunis sur le SIDA et la protection de l'enfant en Afrique". Elle a, en outre, participé à plusieurs réunions internationales consacrées à cette maladie.

Nous avons, également, réaffirmé notre engagement à contribuer aux efforts visant à stopper la propagation de ce fléau, lors de notre participation au Sommet du Millénaire tenu par l'Assemblée Générale des Nations Unies, ainsi qu'au Sommet extraordinaire africain sur le virus du SIDA, la tuberculose et autres endémies, tenu à Abuja, au mois d'avril dernier.

Partant de notre conviction qu'aucun programme sanitaire ou social ne peut être couronné de succès si la priorité n'y est donnée à la lutte contre la pauvreté, partout dans le monde, nous avens appelé à la création d'un "Fonds Mondial de Solidarité"; initiative à laquelle vous avez bien voulu apporter votre appui et votre soutien, lors de la 55ème session de l'Assemblée Générale, convaincus que nous sommes tous de l'importance d'une mobilisation des efforts pour lutter contre la pauvreté qui continue de constituer un obstacle majeur devant l'action visant à venir à bout des maladies incurables et des fléaux sociaux et de menacer les potentialités et les capacités de développement de nombreux pays du monde.

Monsieur le Président,

La Tunisie appuie la "Déclaration" soumise; à l'approbation de cette session extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies. Elle se félicite de l'initiative de créer un Fonds international de lutte contre le VIH/SIDA et formule l'espoir que les mécanismes d'organisation de, ce Fonds permettront à nos pays de bénéficier, de façon aisée et efficiente, de ses financements, afin qu'ils puissent mettre en place des programmes leur permettant de faire face efficacement à ce fléau, et d'obtenir les anti-rétroviraux à des prix que nous voulons à leur portée.

En conclusion, je souhaite plein succès à cette session, en formulant l'espoir que nous puissions tous réussir à oeuvrer pour le bien de l'humanité tout entière.

Merci de votre attention.