República Democrática de S. Tomé e Principe

MISSAO PERMANENTE JUNTO AS NACOES UNIDAS
 
INTERVENTION

DE

S. E. DR. ANTONIO MARQUES DE LIMA
MINISTRE DE LA SANTE ET SPORTS
DU SAO TOME ET PRINCIPE
 

DEVANT 26eme SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE
DES NATIONS UNIES CONSACREE AU VIH/SIDA

New York, le 26 juin 2001
 

 


 


MONSIEUR LE PRESIDENT,
TRES HONORABLES CHEFS D'ETAT ET CHEFS DE GOUVERNEMENT ,
MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES,
ILLUSTRES DELEGUES,
MESDAMES ET MESSIEURS,

Qu'il me soit permis de transmettre les compliments du Chef de l'Etat et du Premier Ministre de la République Démocratique de São Tomé a Principe aux très honorables Chefs d'Etat et de Gouvernement et à tous les participants de cette Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/Sida.

Permettez-moi aussi de féliciter Monsieur le Président pour avoir été élu pour conduire cette Assemblée ainsi que de remercier et de féliciter Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies pour cette initiative si importante, à savoir l'organisation de cette conférence pour débattre de l'un des plus graves problèmes de santé actuels et son appel à la constitution du fond pour la lutte contre le Sida et d'autres maladies infectieuses comme le Paludisme et la Tuberculose .

MONSIEUR LE PRESIDENT

Lorsque, il y a maintenant bientôt 20 ans, on commençait à parler de l'infection par le VIH/Sida, il est probable que beaucoup d'entre nous étions loin d'imaginer la menace que cette pandémie pouvait constituer pour le développement et, encore plus, pour la survie de populations de wastes régions du globe.

En fait, avec 34 millions de personnes atteintes de VIH/Sida et 21,8 millions de morts provoquées par cette maladie dans le monde entier, le Sida est aujourd'hui la maladie qui, assurément, préoccupe l'humanité toute entière.

Ces chiffres cachent pourtant une dure et cruelle réalité. Des 34 millions de personnes atteintes du VIH/Sida, 95% se trouvent dans des pays en développement, et l'Afrique aligne à elle seule un total de 24 millions de personnes infectées et un nombre total de morts par Sida estimé à 14 millions. Le VIH/Sida est aujourd'hui la principale cause de mortalité en Afrique. Notre continent est le plus affecté et c'est lui qui supporte la plus grosse partie du fardeau constitué pár ce fléau, que ce soit en nombre de morts, en termes économiques ou en termes sociaux. Le revenu per capita a accusé une réduction de 0, 7% par an, alors que, dans certains pays, les dépenses de santé étaient quadruplées. Il faut ajouter à cela I'existence de 12,5 millions d'orphelins, abandonnés du fait que les families ne sont plus en mesure de les assister.
 

MONSIEUR LE PRESIDENT,
EXCELLENCES,
MESDAMES ET MESSIEURS,

J'ai eu l'occasion de participer, au mois d'Avril de l'année en cours, au Sommet d'Abuja sur le VIH/Sida, tuberculose et autres maladies infectieuses.

Au cours de cette louable initiative promue par son Excellence le Président de la République Fédérale du Nigéria, nos chefs d'Etat et de Gouvernement ont manifesté leurs préoccupations au sujet de ces maladies et par rapport à ce qu'elles représentent pour la santé des populations et pour le développement du continent et ils ont pris la décision de consentir les efforts nécessaires pour faire face à ce cauchemar.

Je suis parti d'Abuja pleinement convaincu que ce sommet constituait un virage par rapport à notre façon d'agir et que nous serions désormais plus déterminés à mettre en oeuvre les actions pour empêcher l'avancée de la dissémination de ces maladies et, en.particulier de l'infection par le VIH/Sida, . sur le continent africain.

Mais pourtant, si notre volonté d'agir est énorme, les ressources disponibles à cet effet sont, elles, extrêmement restreintes.
La pauvreté qui affecte la grande majorité de nos populations est l'alliée le plus sûre des maladies et de la mort en général et de la dissémination de l'infection par le VIH/Sida, en particulier. Ce n'est plus un secret pour personne que les populations qui ne disposent pour vivre que d'un revenu inférieur à 1 dollar par jour ont 5 fois plus de chance de mourir avant d'atteindre l'âge de 5 ans et 2 fois et demie plus de chance de mourir entre 15 et 59 ans que les personnel qui ont des revenus supérieurs.

Cette cruelle réalité doit nécessairement amener les pays pauvres, surtout en Afrique, à prêter une attention particulière à la lutte contre le VIH/Sida dans leurs programmes de lutte contre la pauvreté, en intégrant les programmes de lutte contre le Sida dans leurs plans de développement.

C'est un défi auquel nous ne pouvons pas nous dérober sous peine de compromettre irrémédiablement l'avenir des jeunes générations.

Dans cette lutte contre l'infection par VIH/Sida, nous ne pouvons pas et nous ne devons pas être seuls. La solidarité de la commuriauté internationale et spécialement celle des pays les plus développés est nécessaire et urgente. Cette solidarité est fondamentale pour que les populations des pays pauvres qui n'arrivent pas à freiner la dissémination galopante de l'épidémie puissent avoir accès aux moyens à mettre en oeuvre pour son contrôle effectif, y compris l'accès aux médicaments du groupe antirétroviral. Dans cette lutte, je suis certain que l'industrie pharmaceutique ne peut pas renoncer à être avec nous. Et j'aimerais ici souligner la manifestation de solidarité de la part de la Société Pfizer qui a annoncé le 6 juin courant qu'elle fournirait gratuitement, et pour un temps illimité, Ies 50pays les plus pauvres en médicaments pour le traitement de deux infections opportunistes. C'est un exemple qui, nous l'espérons, se propagera par contagion aux autres entreprises pharmaceutiques et sur lequel nous comptons aussi pour inclure les médicarnents antirétroviraux, particulièrement ceux qui visent à la réduction de la transmission verticale mère?fils. En étant solidaires, ils seront à même de fournir leur contribution à la défense d'un des droits fondamentaux de l'être humain, je veux parler du droit à la vie.

MERCI.