Déclaration
De
Monsieur Philippe
Deslandes
Conseiller de Gouvernement
pour l'Intérieur
PRINCIPAUTE DE MONACO
Vingt-sixième session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée au VIH/SIDA
26 juin 2001
New York
Monsieur le Président,
Il y a tout juste dix mois, l'Assemblée générale décidait de convoquer une session extraordinaire. Nous sommes donc réunis pour faire solidairement face à la crise mondiale que constitue la pandémie du VIH/SIDA qui a malheureusement déjà coûté la vie à près de 22 millions de personnel depuis 20 ans. Or le SIDA continue de tuer et le VIH de se propager. La gravité de la situation impose aux responsables politiques de se mobiliser afro d'offrir un cadre global de lutte contre ce fléau et défmir ensemble les objectifs que chaque Etat devra atteindre afro de mettre un terme à l'expansion mondiale du virus. La découverte d'un vaccin reste néanmoins le seul véritable espoir de vaincre l'épidémie.
Aucun Etat nest épargné même si, comme le souligne le rapport du Secrétaire général, l'Afrique Sub-Saharienne est la région la plus touchée. L'épidémie est dès lors une question de développement et de sécurité internationale ce qu'ont solidairement déclaré les Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation de l'Unité Africaine dans la Déclaration d'Abuja. Nous tenons à souligner à ce propos combien il , nous paraît primordial d'apporter une assistance spéciale aux orphelins du SIDA exposés plus facilement à de nouvelles souffrances en raison de leur vulnérabilité psychoiogique et physique.
Les objectifs et les ressources qui peuvent être dégagés au niveau international ne seront efficaces que si tous les malades peuvent être identifiés et soignés en même temps que l'éducation et la prévention protégeront le reste des populations. La société civile, les organisations communautaires et non gouvernementales représentent donc, à ce titre, un relais indispensable des politiques gouvernementales.
La difficulté de la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA tient non seulement au fossé qui n' a cessé de se creuser entre les pays développés et ceux en développement en ce qui concerne l'accès aux loins et aux traitements mail aussi aux différences culturelles que l'on ne peut ignorer et qu'il convient de prendre en compte pour apporter une réponse appropriée aux différentes situations.
L'identification des personnel vulnérables, tel que l'indique le Secrétaire général dans son excellent rapport, est un préalable à une mile en oeuvre concrète de tout plan d'action à l'échelon national et local. Cette approche doit assurer le respect des droits et de la dignité de chacune de ces personnel. Le principe de non-discrimination doit être le fondement de toute action de terrain.
Agir, c'est informer, éduquer et prendre en charge. Ces responsabilités incombent tart aux gouvernants qu'aux citoyens. En matière d'éducation, la cellule de base que constitue la famille doit être privilégiée. Les jeunes filles en particulier doivent être informées des risques qu'elles encourent surtout lorsqu'elles manifestent une activité sexuelle précoce. L'usage des préservatifs, masculins et féminins et des microbicides doit être encouragé. L'accès à ces moyens de prévention doit être facilité.
L'organisation systématique de campagnes de dépistage nest pas concevable si les autorités concernées ne peuvent assurer ensuite l'accès aux soins dans le cadre de services sociaux adéquats. La formation de personneis de santé est donc fondamentale.
L'exemple, certainement à suivre, du Brésil où l'accès aux trithérapies pour tous est assuré par le gouvernement démontre que la lutte contre la maladie peut être efficacement menée et que les malades traités peuvent réintégrer une vie active réduisant ainsi d'autant l'impact socio-économique négatif de l'épidémie sur la société.
Aussi, les grandes compagnies pharmaceutiques doivent donc être associées à l'action mondiale. Leur capacité de recherche en vue de l'obtention, le plus rapidement possible, d'un vaccin doit être préservée. La Conférence qui sera organisée à Dakar en novembre prochain sur l'accès aux médicaments apportera, nous l'espérons, des solutions adéquates à la question de la production et de la distribution de génériques.
Les ressources financières à mobiliser sont considérables. L'aide publique au développement ne saurait par conséquent suffire. Le Fonds qui sera créé à l'issue de cette session ainsi que l'a annoncé le Secrétaire général devant l'Assemblée mondiale de la santé le mois dernier, doit permettre d'attirer des contributions tant publiques que privées. La Principauté de Monaco contribuera à la hauteur de ses capacités à l'alimentation de ce nouveau fonds et poursuivra son soutien financier à l'action du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA).
Les objectifs à atteindre pour 2003 et 2005 sont ambitieux. Le Programme commun des Nations Unies pour le VIH/SIDA (ONUSIDA) doit continuer à coordonner les activités des différents fonds, programmes et agences participants afin de leur permettre de concentrer tous leurs efforts à améliorer l'efficacité de la lutte contre la pandémie.
En Principauté, a été arrêté un certain nombre de mesures régulièrement évaluées. Les personnes touchées par le VIH/SIDA ont accès aux trithérapies et le coût des traitements est totalement pris en charge par les organismes de sécurité sociale. Les seringues sont en vente libre et les préservatifs sont vendus dans des distributeurs.
Le Gouvernement a fait de la prévention sa priorité et les sondages effectués auprès des jeunes scolarisés en Principauté laissent espérer qu'ils sauront adopter une attitude responsable et se protéger ainsi des ravages de ce fléau.
Monsieur le Président,
Je ne saurais terminer mon intervention
sans remercier les Représentants permanents de l'Australie et du
Sénégal, les Ambassadeurs Penny Wensley et Ibra Ka pour leur
engagement personnel et leur dévouement dans les longues négociations
qui doivent nous permettre de progresser de manière décisive
sur la voie qui nous conduira enfin à mettre un terme à l'insupportable
hécatombe provoquée par le SIDA.