MADAGASCAR

ALLOCUTION

DE

MADAME LE PROFESSEUR HENRIETTE RATSIMBAZAFIMAHEFA-RAHANTALALAO
MISTRE DE LA SANTE

VINGT-SIXIEME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE
GENERALE DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES CONSACREE
AU VIH/SIDA

New york
26 juin 2001





Monsieur le Présideñt de l'Assemblée générale,
Monsieur le Secrétaire général,
Honorables délégués,
Exellences,
Mesdames et Messieurs,

        De nouveau, nous sommes aujourd'hui réunis pour aborder le problème crucial du SIDA qui affecte le monde en général et la région subsaharienne en particulier où sont enregistrés plus de 80% des personnes vivant avec le VIH.

        Le taux moyen de prevalence est de 8% pour l'Afrique dont 55% sont des femmes.

        Les chiffres parlent d'eux-mêmes et indiquent que cette affection endémo-épidémique menace sérieusement, non seulement la sauté de l'humanité toute entière, mais son développement au sens le plus large du terme.

        Aussi, au nom de notre pays et de Son Excellence Monsieur Didier Ratsiraka, Président de la République de Madagascar, que nous représentons ici, aimerions-nous d'emblée exprimer toutes nos gratitudes et sincères remerciements à l'Organisation des Nations Unies, en particulier Son Excellence Monsieur le Secrétaire général Kofi Annan.

        En effet, beaucoup d'efforts out été consentis jusqu'ici au sein de notre Organisation afin de trouver au plus haut niveau les voies et moyens pour réduire au minimum l'impact de cette affection dans nos pays respectifs.

        Des réunions et sommets divers se sont succédés et des resolutions ont été prises avec des engagements fermes toujours assorties de bonnes intentions clairement exprimées. Ce qui doit être fait a été fait, et sans faille aucune.

        Cependant, nous sommes tous sans savoir que le SIDA continue son chemin sans pour autant vouloir infléchir sa tendance et se propage de façon exponentielle dans nos pays qui ont eu, il y a seulement dix ans, un taux de prévalence encore inférieur à l'unité.

        Certes, certains pays comme le nôtre font toujours partie des groupes à faible prévalence, mais à l'heure où la mondialisation et la globalisation de notre système sont érigées en des options incontournables, doiton encore se fier à ces indicateurs?

        Nous sommes dans une île, et le caractère insulaire peut être considéré dans une certaine mesure comme un élément protecteur, et en dépit d'une prévalence relativement faible, nous nous étions mis duns l'entreprise de la lutte contre le SIDA depuis 1988.

        Actuellement, nous sommes à un taux moyen de prévalence de 0,16% alors qu'il y a cinq ans, nous étions à 0,07%. Soit une augmentation de plus de 100%.

        Aussi, le probléme nous concerne également et bénéficie de l'engagement de haut niveau dans notre pays, Monsieur le President de la République de Madagascar attache beaucoup d' importance à l' intensification de la riposte nationale. Actuellement, le Gouvernement a pris en main l'organisation de la lutte contre le SIDA et sa coordination est maintenant
rattachée à la primature.

        Notre défi serait de garder le ïaux de prevalence à moins de 1 % dans la population générale.
 

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

        Nous sommes fermement convaincus que de telle entreprise nest seulement l'affaire d'un ,État, et que le partenariat et la collaboration internationale trouvent ici leur vrai sens, afin de réduire au minimum l'impact de cette affection au niveau de nos pays respectifs.

        Plus que jamais, les nations sont cette fois?ci acculées à collaborer et à oeuvrer ensemble pour faire reculer cet ennemi commun qui est le SIDA.

        A cet égard, nous aimerions attirer l' attention de la présente auguste Assemblée sur le fait que les accords de crédit signés à titre d' emprunt pour certains pays du tiers monde sont certes des gestes nobles et même légitimes pour sauvegarder les pays de ce fléau.

        Mais doit-on endetter seulement quelques pays pour combattre un fléau désormais mondial, car c'est la planète toute entière qui est menacée, sans distinction aucune entre les riches et les pauvres? Ne serait-il pas possible d'envisager des mesures d'exception où la solidarité internationale fait foi?

        Aussi, nous recommandons à ce que l'allègement de la dette extérieure soit encore plus substantiel afin qu'on puisse dégager des ressources additionnelles pour les Programmes de lutte contre le SIDA, composante essentielle de la lutte contre la pauvreté.

        Il en est de même pour les antiretroviaux et les tests de dépistage de l'infection à VIH qui doivent faire l'objet d'une négociation concertée á laquelle nous devrions tous participer sans exception.

        Solidaire sur la proposition de Monsieur le Secrétaire général, Madagascar est favorable à une participation financière dont le montant ne devra pas excéder celui correspondant à la contribution à l'Organisation Mondiale de la Santé, Institution spécialisée des Nations Unies en matière de santé.

        Nous saluons ici chaleureusement et félicitons les initiatives de nos amis Sud?africains qui récemment ont gagné la guerre des génériques. Fidèle à leur histoire, ils ont persévéré et ont pu enregistrer les prémices de la victoire.
 

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

        Nous comptons beaucoup sur la présente assise et souhaitons plein succès à nos travaux.

        Puissent les résolutions et recommendations diverses contribuer efficacement à notre combat, et qu'elles soient suivies par des actes et des faits concrets.

         Vive l'Organisation des Nations Unies.
         Vive la solidarité internationale.

         Je vous remercie de votre bienveillante attention.