Luxembourg

Déclaration

De

Son Excellence Monsieur Charles Goerens
 Ministre de la Cooperation et de l'Action humanitaire du Grand-Duché de Luxembourg

à la Session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies
 sur le VIH/Sida

New York, le 27 juin 2001



Monsieurle Secrétaire général,
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs

Il y a 20 ans lorsque la maladie du VIH/Sida a été pour la première fois clairement diagnostiquée, un syndrome inconnu tuait des jeunes gens isolés. Vingt années après, elle est devenue la pire épidémie des temps modernes et elle compromet le développement de pays entiers. Elle abaisse l'espérance de vie passée à nouveau à des taux en dessous 45 ans.

Le Luxembourg a connu son premier cas d'infection à HIV en 1984. Depuis lors, il y a eu en moyenne environ 30 nouvelles infections par année avec une légère augmentation au cours des deux dernières années. Au total depuis 1984, 470 infections ont été diagnostiquées au Luxembourg, dont 95 femmes. La voie d.'infection la plus courante est la voie sexuelle. Au total, 100 personnes sont décédées du SIDA.

Au niveau mondial, les statistiques sont effrayantes. Toutes les couches sociales sont touchées, ce qui compromet gravement et lé développement économique. Comme le Secrétaire Général des Nations Unies, nous nous donnons quatre objectifs dans cette lutte:

. La prévention
. La transmission mère-enfant
. L'accès au traitement et aux soins
. La protection des groupes vulnérables, des victimes collatérales et en premier lieu des orphelins

Pour atteindre ces objectifs, l'engagement politique est crucial. La société civile et les communautés locales doivent être impliquées. Le rôle des femmes doit être renforcé, afin qu'elles puissent se protéger ainsi que leurs enfants.

Il faut renforcer les structures médicales afin d'avoir, à travers un travail acharné, un impact aussi grand que possible au niveau de la prévention et du traitement. Et bien sûr sans les ressources financières nécessaires, la lutte contre le SIDA, la Malaria et la Tuberculose, ne saurait être gagnée.

Le Luxembourg a également réagi sur le plan de la coopération internationale. Il a régulièrement augmenté son budget d'aide publique au développement au cours de la décennie écoulée, dépassant en 2000 notre objectif dune APD de 0,7 % de notre RNB. Nous nous proposons d'atteindre l'objectif de 1 % en 2005. La santé compte parmi les secteurs prioritaires de la coopération luxembourgeoise, y incluse l.a lutte contre le VIH/Sida. En parallèle aux programmes bilatéraux dans les pays-cible de notre coopération au développement, le Luxembourg s'engage également au niveau multilatéral dans la lutte contre l'épidémie.

Le Luxembourg a participé au Conseil de Coordination de l'ONUSIDA en 2000 et tient à féliciter le docteur Piot et son équipe. En 2001, nous fournissons une contribution au programme d'environ 500.000 Euros ainsi que 125.000 Euros pour le processus d'évaluation. En 2002, nous pensons poúvoir aller plus loin.

Le Luxembourg soutient fermement les récentes initiatives européennes et je me réfere d'abord au Programme d'Action de l'Union européenne intitulé : Action accélérée sun le VIH/Sida, la Malaria et la tuberculose dans le contexte de la réduction de la pauvreté.

Le concept de « tiered-pricing » comme norme pour les pays en voie de développement permettra d'appliquer des prix différents selpn les marchés, les producteurs de médicaments, qu'ils soient brevetés ou non-brevetés, les rendant accessibles à des prix considérablement réduits. Certains groupes pharmaceutiques ou des multinationales se sont déjà engagés sun cette approche. Des mesures d'accompagnement destinées à empêcher la réimportation pourront la compléter. Mais la réduction des prix ne sera pas la solution miracle.

Le Luxembourg participe à l'initiative européenne « Solidarité thérapeutique hospitalière contre le VIH/Sida », qui a pour objectif la mise à disposition de médicaments, et la prise en charge thérapeutique et psychosociale, ainsi qu'un suivi de laboratoire et une surveillance des résistances.

Cette démarche s'inscrit daps un cadre plus global ' et cette activité sera additionnelle à nos contributions bilatérales et multilatérales.

Au Niger nous réalisons ainsi depuis quatre ans un projet substantiel de prévention. Au Rwanda, nous aeons contribué à la réalisatipn d'un important Centre National de transfusion sanguine. Au Burkina-Faso, nous coopérons duns la construction d'un Centre de Transfusion Sanguine qui comprend aussi plusieurs unités régionales. En 2000 nous aeons consacré en tout 2,4 millions d'Euros à nos différents projets et nous allons augmenter ces efforts. Mon pays figure en fête des faux de déboursement par rapport au PNB selon l'OCDE.

Monsieur le Président,

Le fonds qui nous est proposé aujourd'hui sera intégré dans notre programme d'action. Nous notons avec satisfaction qu'il existe désormais une dynamique nouvelle en vue de rassembler les moyens de financement requis pour la lutte cantre le VIH/Sida. Dès que les modalités opérationnelles et les structures de gestion seront fixées, le Luxembourg compte contribuer au fonds en question par une contribution de l'ordre d'un million d'Euros. Des montants du même ordre sont prévus pour 2002 et 2003. Ces efforts s'ajouteront aux montants précités.

Il convient sans tarder de passer à la mise en oeuvre de nos programmes, et de gander à l'esprit que la prévention et le traitement du VIH/Sida requièrent une franchise nouvelle. La volonté de sauver des vies humaines fait partie de toutes les cultures et elle est sans nul doute l'objectif supérieur que nous recherchons avant tous les autres.

Je vous remercie de votre attention.