REPUBLIQUE DU CONGO

Declaration

De

Son Excellence Monsieur Léon-Alfred OPIMBAT
Ministre de la Santé, de la Solidarité et de l'action Humanitaire
MISSION PERMANENTE DE LA REPUBLIQUE DU CONGO AUPRES DES NATIONS UNIES

26 Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA

New York, 26 juin 2001




Excellences, Messieurs les Chefs d'Etat, Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs de Gouvernement,
Messieurs les Chefs de Délégation,
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, Excellences, Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission Diplomatique,
Mesdames et Messieurs
Son Excellence Monsieur Denis SASSOU-NGUESSO, Président de la République du Congo, empêché, a bien voulu me désigner comme Son Représentant Personnel à cette session extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA.

Ainsi, en son nom, permettez-moi, d'emblée, de féliciter le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Kofi ANAN et ses collaborateurs pour la concrétisation de cette session spéciale et pour le rapport dont nous approuvons la qualité et la profondeur. C'est l'occasion de remercier sincèrement le Secrétariat Général des Nations Unies pour avoir patiemment organisé une initiative noble visant un partenariat mondial contre le VIH/SIDA, symbolisée par le programme spécial ONUSIDA.

Nos remerciements vont également à l'endroit des Agences du système des Nations Unies, qui ont suscité et consolidé cette dynamique nationale et mondiale, qui constitue désormais notre credo commun.

Excellences, Mesdames et Messieurs

"Aux grands maux, les grands remèdes". Le VIH/SIDA, on le sait bien, est un problème majeur de santé publique, de développement socio-économique et de sécurité.

En effet, ce fléau occasionne malheureusement d'importantes régressions à l'humanité toute entière. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans mon pays et notre sous-région, l'Afrique Centrale, dans son aggravation et sa propagation. II s'agit notamment de la pauvreté, la malnutrition, l'analphabétisme, les conflits armés qui occasionnent les déplacements massifs forcés de populations.

La lutte contre le VIH/SIDA passe nécessairement dans notre contexte par l'instauration de la paix et la stabilité; ainsi que par la lutte contre la pauvreté.

Notre peuple et notre Gouvernement se sont résolument engagés dans cette direction. La récente tenue du Dialogue National Sans Exclusive et la signature de la Convention Nationale pour la Paix et le Développement en constituent l'illustration.

Nous exprimons ici notre profonde gratitude à la Communauté Internationale, aux Pays amis, aux partenaires extérieurs et particulièrement au Médiateur International, Son Excellence El Hadj Omar BONGO, Président de la République Gabonaise, pour le soutien apporté à notre pays dans ce processus.

Excellences, Mesdames et Messieurs

Le SIDA est une réalité patente et indéniable, une pandémie qui requiert une réponse mondiale, à tous les niveaux, dans un élan d'amour, d'altruisme et de solidarité, en vue de la pérennisation de l'espèce humaine. Notre responsabilité individuelle ou collective et notre devoir à tous consistent de manière générale en cela.

II est évident, qu'un tel but implique une mobilisation conséquente de ressources, toutes catégories confondues, notamment des ressources financières, à tous les niveaux. La tentation est grande de considérer que le maillon faible de cette initiative est constitué par les pays pauvres ou en développement.

II faudrait néanmoins, reconnaître les efforts remarquables déployés par les Etats dits pauvres ou en développement dans la lutte contre le VIH/SIDA et dans le renforcement des services de santé, notamment dans les domaines de l'Information, Education et Communication, du marketing social du préservatif, du counseling, de la formation, de la recherche opérationnelle, de la réhabilitation et du rééquipement des structures sanitaires.

Mais l'accès aux soins en général et aux médicaments antirétroviraux en particulier, tout comme le financement de nos systèmes de santé constituent encore d'énormes problèmes pour nos populations.

En effet, la plus belle femme ne saurait offrir que ce qu'elle possède. Concernant nos Etats pauvres ou en développement, un certain nombre de contraintes limite leur capacité d'action. II s'agit notamment du poids de la dette extérieure, qui réduit les investissements publics et maintient ces Etats dans le cycle de la pauvreté. La réduction ou l'annulation de cette dette dans le cadre de la solidarité internationale permettrait de libérer des fonds pour la lutte contre la maladie dans nos pays. Même dans ce cas de figure, un effort financier complémentaire de la communauté internationale et surtout des pays les plus industrialisés demeure indispensable.

Nous privilégions de plus en plus la coopération dans des ensembles sous-régionaux et régionaux, dont nous sollicitons un appui consistant.

Nous nous réjouissons en effet, de la création par le Secrétariat Général des Nations Unies du Fonds Mondial pour le VIH/SIDA et la Santé, tout en souhaitant que les pays riches et les généreux donateurs apportent leur contribution au soulagement de la souffrance des démunis, en approvisionnant régulièrement et substantiellement ce Fonds.

En reconnaissant les efforts consentis par certaines firmes pharmaceutiques dans la réduction des prix des antirétroviraux et dans les oeuvres sociales, nous souhaiterons, néanmoins, que celles-ci et d'autres qui traînent encore le pas, fassent davantage.

Enfin, ce sera en grande partie de cette manière, et dans le cadre d'un partenariat mondial dynamique que l'on pourra escompter une réelle et effective victoire sur le VIH/SIDA au bénéfice de toute l'humanité.

Je vous remercie de votre bienveillante attention.