COMORES

ALLOCUTION

DE

SON EXCELLENCE MONSIEUR
HAMADA MADI BOLERO
PREMIER MINISTRE, CHEF DE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES

A LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE DE L' ONU POUR LA LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA TENUE A NEW YORK DU 23 AU 27 JUIN 2001

NEW YORK, LE 26 JUIN 2001




Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et Chefs de Gouvernement,
Excellences Monsieur le Secrétaire Général de l'ONU,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,

    Prenant la parole pour la première fois devant cette auguste assemblée, je voudrais m'acquitter tout d'abord de l'agréable devoir, de vous transmettre le message de sympathie et de solidarité du Chef de l'Etat de la République Fédérale Islamique des Comores, le Colonel AZALI Assoumani, à votre endroit, ainsi que ses meilleurs voeux de succès pour nos travaux.

    Je voudrais ensuite, au nom du Gouvernement comorien, à celui de la délégation comorienne que j'ai l'honneur de conduire et à mon nom personnel, adresser nos sincères remerciements au Secrétaire General de l'O.N.U., S.E.M. Koffi ANNAN, et à tous ceux qui ont contribué à l'organisation de cette importante assise internationale sur l'épidémie du VIH /SIDA. Une initiative traduisant sans équivoque l'engagement et la détermination de l'O.N.U. à appeler à une plus grande attention de la Communauté Internationale.

    C'est donc une rencontre suscitant d'énormes espoirs à nos peuples alarmés et traumatises par la propagation de l'épidémie et ses effets dévastateurs sur l'humanité.

    En effet, à l'allure où se propage la maladie, ce sont incontestablement des décennies de développement qui sont anéanties ; d'où la nécessité d'une mobilisation mondiale en vue dune action plus renforcée dans ce sens.

    Nous devons prendre conscience de plusieurs dimensions que renferme la gestion de la lutte contre l'épidémie du VIH/SIDA.

    D'abord une dimension sociale qui nous interpelle à avoir à l'esprit les pertes considérables de vies humaines qui s'accroissent de jour en jour.

    Ensuite, une dimension économique et financière, parce qu'en affaiblissant les couches les plus productives des sociétés et en ralentissant la croissance économique, le SIDA met certainement en danger l'avenir du développement économique.

    Enfin, une dimension culturelle, éducative, qui nécessite l'intensification des actions de prévention en tant qu'élément central de la riposte.

    Pour faire face à cette pandémie, nous devons prendre en compte ces trois dimensions et nous engager dans un partenariat innové ; innové dans le sens dune révision de notre approche et dans la stratégie des soins de santé; innové dans le cadre des mesures visant à permettre l'accessibilité financière des médicaments ; innové enfin, dans l'attitude consistant à prendre conscience que les soins à prodiguer aux personnes infectées doivent alter de pair avec un énorme soutien surtout moral à leur endroit.

    Je voudrais d'ailleurs saisir cette occasion. pour rendre un hommage mérité à l'Organisation Mondiale de la Santé, à l' ONUSIDA et à toutes les Organisations Gouvernementales et Non Gouvernementales qui concourent à l'action mondiale visant à combattre ce fléau de notre temps, pour les efforts remarquables qu'ils déploient dans ce domaine.

    Ces efforts sont à redoubler pour certaines régions parmi lesquelles l'Afrique, frappée de plein fouet par la pandémie.

    Je voudrais d'ailleurs souligner l'importance que revêt, à nos yeux, le Forum 2000, tenu à Addis-Abeba et la Déclaration d'Abuja pour la lutte contre le VIH/SIDA qui concrétise la préoccupation des hauts responsables du continent africain face à ce fléau.

Monsieur le Président,

    En République Fédérale Islamique des Comores, la pandémie du VIH/SIDA est observée avec la même crainte et la même préoccupation que dans de nombreux pays qu'elle a sérieusement affecté.

    En effet, de par son insularité, sa position géographique et l'aspect touristique qui attire vers elle les vacanciers saisonniers,
l'Archipel des Comores reste exposé à ce fléau. Cette situatión ouvre la voie à une facilité de circulation des personnes en provenance des pays à forte prévalence du VIH/SIDA.

    Depuis le début du dépistage du premier cas de SIDA en mars 1988, le pays a enregistré 61 personnes porteuses du Virus du VIH dont 25 cas de malades, tous décédés.

    Ainsi, dans le cadre de la politique sanitaire, et conformément au Plan National de Développement sanitaire, le Gouvernement a mis en place depuis 1990, un Programme National de Lutte contre les MST/SIDA qui serf de structure organisationnelle et de coordination.

    Au niveau politique, la coordination est assurée par le comité interministériel et multi sectoriel, mis en place en octobre 1998.

    En plus, un groupe thématique composé des représentations de l'OMS, du FNUAP, de l'UNICEF, du PNUD, de certains ministères et d'Organisations Non Gouvernementales a été créé, en vue de fournir un appui technique.

    Le Gouvernement Comorien, fortement préoccupé par l'ampleur observée dans la propagation de la maladie, a mis l'accent sur certaines actions essentielles retenues dans le Plan d'Action élaboré pour la période 1999-2003.

    Ce Plan d'Action, adapté à la stratégie mondiale telle que conçue par l' ONUSIDA, intègre les actions de notification des cas, de disponibilité et d'accessibilité à l'information et aux services ainsi que de mobilisation des communautés.

    La prévention de la transmission par l'information, l'éducation et la communication, la sécurité transfusionnelle sont devenues, plus que jamais des priorités.

    Une attention particulière est accordée aux jeunes en faveur desquels des activités spécifiques ont été identifiées.

    C'est ainsi que sur recommandation du Chef de l'Etat, le Gouvernement Comorien a décidé:
- De généraliser les clubs anti-SIDA dans les écoles et au sein des associations de jeunes,
- d'intégrer le volet « lutte contre le SIDA » dans le cursus scolaire et la sensibilisation des parents sur la lutte contre le SIDA, dans le cadre des associations parents-maîtres.
- d'impliquer toutes les couches sociales en mettant à contribution les chefs religieux, les chefs coutumiers, les associations etautres structures villageoises.

    L'engagement du Chef de l'Etat Comorien et de son Gouvernement, se manifeste également en ouvrant une ligne budgétaire de soutien à la lutte anti-SIDA. Dans cette perspective, il est prévu la mise en place dune super structure technique de coordination et de suivi placée sous la tutelle de la Présidence de la République ainsi que l'intégration de ce sujet dans tous les discours officiels du Chef de l'Etat.

    Toutefois cette volonté du Gouvernement se heurte à de nombreux obstacles, notamment d'ordre économique et financier.

    A cet effet, conscient de ces obstacles, mon pays appelle encore une fois à une plus grande solidarité internationale surtout en cette période cruciale et charnière de son histoire, marquée par le processus de Réconciliation.Nationale après quatre ans de crise sécessionniste. L'embargo imposé à une des Iles Comores -Anjouan-a rendu encore compliquée  l'action des organisations et structures spécialisées dans la lutte contre le SIDA.

    Puisse cette rencontre constituer la meilleure occasion d'éveiller davantage notre conscience, sur ce danger qui envahit notre planète et conjuguer encore plus nos efforts pour en limter les conséquences !

Je vous remercie.