Canada

ALLOCUTION DE

L'HONORABLE MARIA MINNA
MINISTRE DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE

À LA VINGT-SIXIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE
DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSACRÉE AU VIH/SIDA
 

NEW YORK, LE 25 JUIN, 2001

  Nous sommes ici au nom de près de 40 millions de personnes qui sont atteintes du VIH/sida à l'échelle mondiale. Nous sommes ici au nom des 15 000 personnes qui ont contracté le VIH aujourd'hui, et des 15 000 autres qui le contracteront demain et tous les jours qui suivront. Nous sommes ici au nom des 40 millions d'orphelins de l'an 2010, dont les parents auront succombé au sida.

  Nous sommes ici également parce qu'une mère a perdu la vie aujourd'hui.  Nous sommes réunis d'autant plus parce qu'un enfant est mort et un autre a perdu sa mère.

  Nous nous devons de voir à ce que chaque citoyen de cette planète dont nous partageons, puisse espérer pour un avenir sain et productif.

  S'il s'agissait d'une guerre où des millions étaient tués, autant mutilés ou laissés sans abri et des pays dévastés par les ravages, est-ce que nous resterions silencieux -  nous serions intervenus de façon agressive  - comme nous l'avons fait lors de la deuxième guerre mondiale  -- c'est décidément une guerre, une guerre plus dévastatrice que toute autre guerre que nous avons déjà connue.

  La pandémie du sida constitue un obstacle de taille à la réalisation de ces objectifs, notamment de réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion des gens qui vivent dans l'extrême pauvreté. Elle nuit également à nos efforts pour réduire des deux tiers les taux de mortalité infantile et enfantine d'ici la même année.

  Nous sommes rassemblés ici dans le but de tout mettre en ouvre pour tenter de prévenir chaque nouveau cas d'infection, pour que chaque personne infectée ou touchée par le VIH/sida ait accès aux soins, aux traitements et au soutien les plus complets possible, pour protéger et faire respecter les droits de toutes les personnes et de tous les groupes, surtout les plus vulnérables au VIH, notamment les femmes et les filles, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, les utilisateurs de drogues injectables et les travailleurs du sexe.

  Il faut donc raffermir notre engagement à l'échelle internationale, nationale et communautaire, ce qui signifie accroître la participation de la société civile et des personnes vivant avec le VIH/sida dans chaque aspect de nos interventions.

  Cette session des Nations Unies nous amène à un point tournant dans notre lutte contre cette affreuse maladie. Vingt ans après son apparition, il nous reste encore beaucoup de travail à faire. Nous devons donc mettre l'accent sur les interventions qui fonctionnent le mieux. Qu'est-ce qui fonctionne? La prévention, et les approches intégrées. La prévention doit donc nous servir de pilier. Quant aux approches intégrées, elles doivent englober la prévention ainsi que les soins, l'appui et les traitements destinés à toutes les personnes infectées et touchées par le VIH et le sida. Ces approches doivent, par ailleurs, renforcer les liens entre la lutte contre le sida et l'éducation de base, les droits de la personne et la gouvernance.
  Pour atteindre les objectifs établis dans la déclaration d'engagement, nous devons faire des progrès sur tous les fronts.

  À l'échelle nationale, le Canada a mis en place la Stratégie avangadiste sur le VIH/sida, pour relever nos propres défis tout en faisant le lien avec les efforts internationaux de lutte contre la pandémie. C'est là que l'action locale rejoint la pensée mondiale.
  À l'échelle internationale, nous avons quadruplé les fonds d'aide au développement que nous consacrons à la lutte contre le VIH et le sida.

  Nous avons un plan d'action en matière du VIH/sida, un plan d'action qui imprime l'orientation de notre appui à des initiatives internationales dans des domaines comme la prévention, la sensibilisation, le développement communautaire, la recherche consacrée aux vaccins et aux microbicides, et la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant.

  J'ai justement annoncé ce matin que le Canada s'engage à verser plus de 73 millions de dollars à l'appui d'interventions en Afrique, dans les Antilles, en Asie et en Europe centrale et de l'Est.

  Par ailleurs, le Canada a joué un rôle de premier plan dans les discussions qui entourent la mise sur pied d'un fonds mondial pour la santé et la lutte contre le sida.  Mon gouvernement est prêt à investir dans le fonds et s'engage à déployer des efforts pour voir à ce qu'il soit opérationnel d'ici la fin de l'année.  On ne peut se permettre un échec.

  Nous avons remporté certaines batailles dans cette lutte.  La déclaration d'engagement qu'il s'agira d'entériner mercredi est une opportunité pour faire un effort prodigieux contre cette maladie. Chacun et chacune d'entre nous doit maintenant s'investir de la responsabilité de concrétiser cette déclaration et de prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à cette épidémie.