Burundi

ALLOCUTION

DE
SON EXCELLENCE MONSIEUR MATHIAS SINAMENYE
DEUXIEME VICE-PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI

A L'OCCASION DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES SUR LE VIH/SIDA TENUE A NEW YORK
DU 25 AU 27 JUIN 2001



Monsieur le Président,
Excellences Mesdames, Messieurs les Chefs de de délégation
Monsieur le Secrétaire Général de l'ONU,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais d'abord vous féliciter, Mr le Président, pour la manière avec laquelle vous présidez les travaux des présentes assises.

Je remercie également Son Excellence Koffi ANNAN; Secrétaire Général de l'ONU, pour avoir organisé cette Session, qui traite une question dune poignante actualité pour mon pays.

Egcellences, Mesdames, Messieurs,

La lutte contre le SIDA est devenue pour nos populations une lutte pour la survie. Le SIDA tue les plus productifs en même temps qu'il affecte les plus jeunes de nos concitoyens et limite par là les potentialités de développement pour aujourd'hui et pour demain. Il fragilise tout l'effort que nous faisons pour réduire la pauvreté et offrir un mieux-être à nos populations.

Pour le cas du Burundi, le taux de séroprévalence est passé de moms de 1% en 1983 à environ 15 % aujourd'hui en zone urbaine. Il est de 7,5% en zone rurale: c'est dire la gravité de la situation.

Le SIDA est ainsi devenu la première cause de décès chez l'adulte et l'une des principales causes de morbidité et de mortalité infantiles. La communauté burundaise doit faire face à une augmentation accrue des charges sociales et assumer l'impact négatif de ce fléau sur l' ensemble de l' économie nationale.

Face à une telle situation, le gouvernement du Burundi a mis sur pied un plan stratégique national de lutte contre le SIDA. Ce plan se vent multisectoriel en recherchant une réponse à la maladie qui ne soit pas seulement médicale, mais aussi sociale.

Un accent particulier est mis sur les actions préventives, daps lesquelles les réseaux de personnes affectées par le VIH/SIDA et les jeunes sont appelés à jouer un rôle de premier plan. De plus, le Gouvernement a intensifié la mobilisation de la population avec l' appui des leaders politiques et religieux , des associations de lutte antisida, des associations féminines et d'autres acteurs privés.

A cet effet, la création du Conseil National de Lutte contre le SIDA, organe de concertation, de sensibilisation à ce fléau, mais aussi de mobilisation des ressources, est venu compléter le dispositif existant.

Afin d'améliorer l'accès à la prise en charge des malades du SIDA, le gouvernement a également mis sur pied un Fonds National de Solidarité Thérapeutique VIH/SIDA et a supprimé les taxes douanières et fiscales sur les médicaments y compris les antirétroviraux . Il vient enfin de conclure récemment avec quelques fumes pharmaceutiques des accords de réduction des prix des antirétroviraux.

Malgré toutes ces actions, les antirétroviraux demeurent inaccessibles à la plus grande partie des malades. C'est pourquoi la disponibilité des antirétroviraux sons forme de génériques nous paraît être la seule chance de faire face à l'épidémie pour les malades des pays pauvres. f ose espérer que cette question de production de génériques antirétroviraux recevra de la part de groupes économiques concernés un arbitrage favorable à la vie et à la santé.

Le Gouvernement du Burundi s'est mobilisé pour chercher les moyens de combattre le SIDA. Lors de la Conférence des Bailleurs de fonds de Paris, la Communauté Internationale a promis un appui financier. Je ne doute pas que ces promesses vont se concrétiser en intégrant la dimension de l'urgence.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Toutes ces actions envisagées pour endiguer le fléau du SIDA duns mon pays seraient sans lendemain si la guerre et l'insécurité devaient perdurer, car la guerre contribue à la propagation du SIDA.

C' est pourquoi, après deux ans de négotations sous la médiation éclairée de S.E. Nelson MANDELA et la signature de l'Accord de Paix d'Arusha le 28 Août 2000, finstauration d'un cessez-le-feu est une condition sine qua none pour faire aboutir le processus de paix et réa.liser le programme convenu daps l'accord de paix. Or, depuis la signature de l'Accord, les groupes rebelles ont intensifié leurs attaques en particulier contre des populations et des objectifs civils.

La Communauté internationale et les pays de la Région doivent se montrer plus sévères à fégard de ceux qui refusent la paix.
Its doivent être prêts conformément à l'Accord de Paix, (préambule, art 2) à considérer les actes actuels de violence des groupes rebelles comme un refus de négocier et à prendre toutes mesures appropriées à la situation, y compris des sanctions.
Dans un tel contexte et si les violences et la guerre ne s'arrêtent pas, nous auroras beaucoup de difficultés à mettre en application certaines dispositions de l'Accord de paix. C' est pourquoi je saisis l' occasion qui m' est offerte pour demander avec insistance à la communauté
 

Dans un tel contexte et si les violences et la guerre ne s'arretent pas, nous aurone beaucoup de difficultés à mettre en application certaines dispositions de l'Accord de paix. C'est pourquio je saisis l'occasion qui m'est offerte poue demander avec insistance à la communauté internationale, qui en avait fait la promesse, de tout mettre en oeuvre pour exiger des groupes rebelles qu'ils rejoignent le processus d'Arusha.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Au Burundi, le SIDA tue autant que la guerre; nous devons tout faire pour vaincre fun et f autre. Et c'est ce que le Gouvernement du Burundi s'efforce de faire, avec des moyens modestes et dans un environnement très difficile.

Nous devons continues à protéger les personnes vulnérables, les orphelins, à favoriser le respect des droits fondamentaux de la personne humaine, à réduire la vulnérabilité face au VIH/SIDA, à soutenir les malades. La mobilisation des populations pour lutter contre le SIDA est en marche, mais aussi la mobilisation internationale. A ce titre, il me plaît de rendre hommage à l'initiative du Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Koffi ANNAN pour la création du fonds mondial de lutte contre le SIDA. Mais c'est aussi l'occasion de remercier tons ceux qui y ont contribué ou qui s'apprêtent à le faire.

Enfin, j'aimerais remercier tous ceux qui ont fait des annonces de contributions pour le Burundi en décembre 2000 à Paris, en particulier dans la lutte contre la pauvreté et contre le SIDA. Pour certains, les projets sont très avancés. Et je les invite tous à poursuivre leer engagement notamment par la participation à la consultation thématique sur la lutte contre le SIDA prévue pour
septembre 2001.

Je vous remercie.