DECLARATION
DE
SON EXCELLENCE MONSIEUR
PARAMANGA ERNEST YONLI,
PREMIER MINISTRE,
CHEF DU GOUVERNEMENT DU BURKINA FASO
A L'OCCASION DE
LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALS DES NATIONS UNIES
SUR LE VIH/SIDA.
New York, du 25 au 27 juin 2001
Monsieur le Président,
Excellences, Messieurs les Chefs d'Etat et de gouvernement,
Monsieur le Secrétaire général de l'Organisation
des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation, Mesdames,
Messieurs,
Au nom du Burkina Faso et de son Président, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, je voudrais signifier ma profonde satisfaction pour la tenue de la présente session extraordinaire, consacrée à un sujet de vive préoccupation quest la pandémie du VIH/SIDA.
Nous apprécions positivement l'ensemble du contenu du Projet
de Déclaration d'engagement, qui prend largement en compte nos préoccupations
dans les divers domaines de la lutte contre le VIH/SIDA.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Les engagements pris lors du 36e Sommet de l'OUA et la décision de consacrer 15% des budgets des Etats membres à la lutte contre le sida/IST s'inscrivent dans cette dynamique.
Au total, le bilan qui peut être fait de la situation est le suivant : de nombreux engagements ont été pris ; beaucoup de bonnes intentions ont été exprimées ; de multiples promesses ont été faites, aux plus hauts niveaux de nos Etats.
Force est de constater cependant aujourd'hui, ceci : les paroles et
les intentions n'ont pas été suivies de gestes concrets,
d'actes qui viendraient traduire la volonté manifestée par
nos gouvernements et combler les espoirs que suscitaient ces déclarations
d'intention.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Dans mon pays, depuis la déclaration des premiers cas de sida en 1986, le gouvernement du Burkina Faso a mis en place un Comité national de lutte contre le sida avec un Secrétariat permanent, organe technique chargé de conduire le programme de lutte contre le sida à travers différents plans adoptés à cet effet.
Parmí les actions importantes, on pent citer:
- La mise en place du Projet Population et Lutte contre le Sida,
exécuté durant la période de 1995 à 2000
et qui a permis le financement d'interventions dans la lutte contre le
sida et les infections sexuellement transmissibles (IST). Ces interventions
couvraient les domaines de la surveillance épidémiologique,
de l'information, de l'éducation et de la communication, de la sécurité
transfusionnelle et de la prise en charge médicale et psycho sociale
des malades et des personnes vivant avec le VIH/SIDA.
-Le lancement en 1998, dune campagne multimedia de sensibilisation contre le sida dans toutes les régions sanitaires du pays ; en septembre 2000, un Centre de traitement ambulatoire a été ouvert, et il a été créé un fonds de solidarité en faveur des malades et orphelins du sida ;
-Le démarrage du processes de planification, en 1998, a conduit à l'élaboration et à l'adoption par le Gouvernement, d'un Cadre Stratégique de Lutte contre le Sida pour la période 2001-2005.
-Pour le financement du Plan national multisectoriel de lutte contre le sida, le gouvernement a organisé, avec l'appui dü Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), une Table ronde des bailleurs de fonds, le 22 juin 2001. Cette Table ronde a permis le bouclage financier des besoins du Plan et de la Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA), qui se tiendra à Ouagadougou du 9 au 13 décembre 2001.
Tout récemment, et en vue de favoriser l'accès au traitement par les antirétrovíraux, des négociations avec les firmes pharmaceutiques ont permis la réduction des coûts et le gouvernement entend poursuivre ses efforts par une subvention budgétaire de l'Etat.
Enfin, depuis le 9 mai 2001 et pour mieux affirmer la volonté
de notre' pays à réussir la lutte contre le fléau,
le Comité national de lutte contre le sida a été érigé
en Conseil National de Lutte contre le sída et les infections sexuellement
transmissibles directement rattaché à la Présidence
du Faso. Cet acte vient confirmer l'engagement du Chef de l'Etat dans cette
lutte.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Le Burkina Faso mène cette lutte avec l'appui renouvelé de nos partenaires au développement. Permettez-moi de saisir cette occasion pour leur témoigner du haut de cette tribune toute la gratitude de notre peuple et de ses dirigeants. Parmi ces partenaires dont le soutien ne nous a jamais fait défaut, je citerai en particulier la République de Chine, dont les précieux concours sont à signaler.
C'est le lieu pour moi de rappeler que TAIWAN, acteur important de l'aide
au développement, ne saurait continues à étre victime
de marginalisation et d'ostracisme. La République de Chine dolt
retrouver très rapidement sa place au sein de notre Organisation
pour assumer sa part de responsabilité internationale.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
A la vérité, c'est à une redéfinition de notre rôle de dirigeants du monde, dans la lutte contre le VIH/SIDA que les peuples dont nous aeons la charge nous invitent. Its nous commandent de faire ce qui est juste et dans la juste mesure, pour ce qui est de l'éducation, des soins de santé et de l'appui sur le plan économique.
A cet égard, le Burkina Faso lance un appel pressant pour que devant cette crise majeure qui affecte l'humanité toute entière:
- un effort soit fait au niveau de la Communauté internationale pour un accès de tous les malades du sida, sans discrimination aucune, au traitement par les antirétroviraux et autres types de soins appropriés ;
- les médicaments antirétroviraux soient rendus plus accessibles, non seulement financièrement mais aussi géographiquement ;
- la recherche sur les vaccins et les médicaments se poursuivent dans tous les domaines, tant de la médecine moderne que traditionnelle.
Toutes ces actions devront se mener dans le cadre dune UNION MONDIALE COMPATISSANTE ET SOLIDAIRE.
En outre, mon pays souhaite vivement l'annulation des dettes publiques
bilatérales des pays très endettés, notamment ceux
qui sont les plus touchés par le sida et appuie la création
d'un Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA et pour la santé.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
II est temps que l'injuste fracture qui sépare les millions de malades et de séropositifs du Sud de ceux du Nord, dans les domaines des médicaments et soins, soft réduite. A défaut de satisfaire cette exigence minimale de solidarité, pourrions?nous toujours louer les bienfaits du village planétaire, du monde à géographie zéro ?
Comment les générations futures jugeront?elles notre monde
d'aujourd'hui, où coexistent ales possibilités techniques
et scientifiques toujours plus impressionnantes et le maintien de larges
pans de l'humanité dans l'indigence la plus révoltante ?
Si le sida cause tant de ravages en Afrique, ce n'est pas une malédiction
ou une fatalité qui nous frapperait. Ce désastre est avant
tout un drame de la pauvreté, qui coriduit à la négation
absolue des droits humains les plus élémentaires.
Monsieur Ie Président,
Mesdames et Messieurs,
Dans un tel contexte, vous comprendrez que les seules actions de sensibilisation ne sont pas suffisantes pour prévenir le développement du fléau.
C'est fort de ces considérations, que le Burkina Faso reste fermement convaincu que la lutte contre le VIH/SIDA est indissolublement liée à la lutte pour l'éradication de la pauvreté et le développement pour tous.
Cette pandémie vient nous interpeller brutalement sur nos devoirs
de solidarité, de justice sociale et de progrès partagé.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs, .
Tout le Burkina Faso est à l'écoute de cette session extraordinaire
de l'Assemblée générale des Nations Unies dont il
attend beaucoup de bien. II voudrait, par conséquent, réaffirmer
sa pleine adhésion à la Déclaration d'engagement mondial
de lutte contre le sida, soumis à notre adoption, et dont la mise
en oeuvre ouvrira de nouvelles perspectives dans la bataille engagée
contre le VIH/SIDA et à terme, souhaitons?le, débouchera
sur la victoire totale sur cette pandémie du siècle.
Je vous remercie de votre très aimable attention.