REPUBLIQUE DU BENIN

INTERVENTION

DE

S.E.M. BRUNO AMOUSSOU
MINISTRE D'ETAT, CHARGE DE LA COORDINATION DE L'ACTION GOUVERNEMENTALE,
DE LA PROSPECTIVE ET DU DEVELOPPEMENT CHEF DE DELEGATION

VINGT SIXIEME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES CONSACREE AU VIH/SIDA

New York, le 26 Juin 2001




Monsieur le Président,

C'est pour moi, un honneur et un privilège de participer à cette Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies consacrée au VIH/SIDA.

Le Bénin a accueilli avec satisfaction la décision des Nations Unies de tenir une Session Spéciale sur la pandémie du
VIH/SIDA et il place beaucoup d'espoir dans la tenue des présentes assises.

Je voudrais à ce stade, féliciter au nom du peuple et du gouvernement béninois, le Secrétaire Général des Nations Unies S.E.M. Kofi ANNAN et lui rendre un vibrant hommage pour les actions qu'il entreprend en vue de mobiliser la communauté internationale aux fins d'endiguer ce fléau qui menace l'équilibre de nos sociétés.

Permettez-moi également de salver la contribution remarquable des Ambassadeurs Penny WENSLEY de l'Australie et Ibra Déguene KA du Sénégal pour la patience et la conviction avec lesquelles ils ont su conduire les travaux pour l'élaboration de la Déclaration d'engagement à la lutte contre le SIDA.

Monsieur le President,

La République du Benin, mon pays, abrite une population estimée à 6.200.000 habitants. Le Benin a enregistré son premier cas de séropositivité en 1985. La prevalence de l'infection a été multipliée par 10 en 10 ans. Elle est passée de 0,36% en 1990 à 4,1% en l'an 2000 et touche la population active, essentiellement la jeunesse.

La situation est donc alarmante car la pandémie du VIH/SIDA par son impact sur l'activité productive, sur l'accroissement des dépenses de soins de santé, ainsi que sur la destructuration du tissu social, compromet la réalisation des objectifs de développement et de ce fait accroit la pauvreté.

Ces considerations ont conduit le Benin à élaborer un Plan stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles couvrant la période 2001 - 2005.

Ce Plan tient compte du bilan des actions entreprises depuis plusieurs années et présente les orientations des programmes pour l'avenir. II constitue également une composante essentielle de notre stratégie pour le développement et la lutte contre la pauvreté.

L'objectif est de parvenir à une meilleure implication des structures gouvernementales, des leaders politiques, religieux et traditionnels, de la société civile et des personnes vivant avec le VIH/SIDA, dans les activités du cadre national de coordination que représente le Comité National de Lutte contre le VIH/SIDA.

L'observation de l'évolution de la pandémie sur le continent africain montre clairement qu'il nest guère possible de la vaincre par des actions isolées au niveau de chaque pays. Le développement des moyens de communication et malheureusement les conflits régionaux ont accéléré les mouvements de populations, volontaires ou forcés.

C'est la prise en considération de cette réalité qui a amené les dirigeants africains à prendre à Abuja, au Nigeria, la décision d'agir et d'agir ensemble.

II existe aujourd'hui sur le continent africain une volonté politique partagée pour accorder à cette lutte l'attention qu'elle mérite. Aussi, est-il de la plus haute importance que la communauté internationale s'engage non seulement dans le soutien des programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, mais qu'elle accorde une grande priorité aux programmes régionaux, susceptibles de suivre le développement de la pandémie dans l'espace africain.

Monsieur le Président,

La mise en oeuvre de toutes ces actions nécessite un appui logistique efficace et des ressources financières suffisantes pour soutenir l'effort national et regional de mobilisation de la population.

Le Bénin qui émarge sur la liste des Pays les Moins avancés, n'aurait pas pu élaborer la réponse nationale pour endiguer le fléau du SIDA sans l'appui important et apprécié de ses partenaires.

Du haut de cette tribune, je me fais l'agréable devoir de témoigner la reconnaissance du Bénin à tous ceux qui ont accepté de nous accompagner dans la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose .

Le temps qui m'est imparti ne me permet pas de les citer, mais je voudrais faire une mention spéciale pour
l'ONU/SIDA notamment son Directeur Exécutif le Docteur Peter PIOT pour la sollicitude dont is a fait montre à l'égard de nos préoccupations.

Permettez-moi égalemeñt de réitérer ici l'engagement pris par le Bénin à I'instar des autres Etats africains, de consacrer 15% du budget national au secteur de la Santé.

Dans ce cadre, et en vue d'accroître les ressources nationales consacrées à la lutte contre le VIH/SIDA, le Bénin a décidé d'utiliser à cette fin, une partie des forids dégagés à la suite de l'allègement de la dette et d'encourager la création de fonds de solidarité impliquant le secteur privé. Des ressources supplémentaires d'un montant d'environ de 3.000.000 Dollars US ont été ainsi affectées aux activités du Programme national en 2001.

Ces initiatives demeurent cependant modestes face à l'importance des ressources nécessaires pour une action efficace.
C'est pourquoi le Bénin se félicite de l'initiative du Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies de créer un Fonds Mondial destiné à soutenir les actions pour enrayer ce fléau qui menace toutes les régions du monde et particulièrement les plus pauvres dont il compromet le développement voire l'existence.

Le Bénin espère que ce fonds sera alimenté par des ressources additionnelles et non par une réaffectation des crédits jusqu'ici consacrés à l'aide publique au développement.

Je forme le voeu que nos travaux notamment la Déclaration d'Engagement que nous allons adopter renforcent les efforts de chacun d'entre nous et qu'ils suscitent une plus grande adhésion à la constitution de ce Fonds Mondial.

Les peuples africains attendent beaucoup de cette Session Spéciale. II ne dépend que de nous pour que la fin de cette rencontre ne soit pas la fin de l'espoir de vivre pour des millions d'êtres humains.

Je vous remercie pour votre attention.