ALLOCUTION
MINISTRE D’ETAT,
MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,
DE LA
COOPÉRATION ET DE LA FRANCOPHONIE
SESSION
ORDINAIRE DE L'ASSEMBLÉE GENERALE
MONSIEUR LE PRESIDENT,
Je me
réjouis de l'occasion qui m'est donnée et de l'honneur qui m'est ainsi fait de
prendre la parole, au nom du Gabon, à cette session de notre assemblée, qui,
pour ordinaire qu'elle soit, n'en revêt pas moins un caractère exceptionnel.
En effet,
non seulement cette session nous prépare à entrer de plain-pied dans le 3ème millénaire,
mais aussi et surtout, elle se tient à un moment de l'histoire de l'humanité
qui laisse entrevoir de nouvelles perspectives encourageantes dans la
conscience des hommes pour un meilleur avenir du monde.
C'est
pourquoi nous nous félicitons de votre brillante élection à la présidence de
cette 55ème session de l'Assemblée générale.
Nous
sommes en effet persuadés que vos qualités d'homme d'Etat et votre riche
expérience personnelle constituent un gage certain de succès de nos travaux.
Dans cette
optique, le Gabon, en sa qualité de Vice-Président du bureau, vous apportera
sa pleine coopération afin que cette session réponde de manière effective à nos
attentes.
II m'est
agréable d'exprimer ma profonde reconnaissance à votre prédécesseur, Dr Theo
Ben-Guirirab, Ministre des Affaires Etrangères de la République de Namibie pour
l'efficacité avec laquelle il a mené son mandat.
Nous
souhaitons à notre tour une chaleureuse bienvenue à l'Etat de Tuvalu qui vient
de se joindre à la grande famille des Nations Unies.
Qu'il me
soit permis de rendre un vibrant hommage à notre Secrétaire général, S.E.M.
Kofi ANNAN, pour les efforts soutenus qu'il ne cesse de déployer dans la
réalisation des idéaux de notre Organisation.
MONSIEUR LE PRESIDENT
Cela fait cinquante cinq ans que nous, " les peuples des Nations Unies ", avons décidé de " maintenir la paix et la Sécurité Internationales ", de réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales sans distinction de race, de langue ou de religion ".
II s'agit
des missions primaires de la Charte des Nations Unies qui, en son article 55,
recommande de créer les conditions de stabilité et de bien-être nécessaires
pour assurer entre les Nations, j'ajoute, et à l'intérieur des Nations, des
relations pacifiques et amicales.
En clair,
la Charte de San Francisco établit une forte corrélation entre paix et
développement. De fait, sans paix, il n'y a pas de développement et sans
développement, il n'y a pas de paix juste et durable.
Nous
reconnaissons qu'il est difficile de créer, pour fe plus grand nombre, des
conditions de mieux-être dans un environnement où règnent le chaos et le
désordre. A cet égard, le cas de l'Afrique est particulièrement révélateur.
Alors que
le monde semble évoluer, avec la fin de la guerre froide, vers une situation
prometteuse en raison de la diminution graduelle des conflits inter étatiques,
le continent africain s'est trouvé soudain en proie à des affrontements armés
d'une violence inouïe. De vieux antagonismes en sommeil se sont réveillés avec
comme moyens d'expression privilégiés, le fracas des armes et un mépris pour
les normes humanitaires.
Nombre de
nos pays, tombés ainsi sous le joug des seigneurs de guerre, sont devenus des
entités chaotiques ingouvernables qui relèvent désormais de l'assistance
humanitaire.
Le Conseil
de Sécurité, au delà de la cinquantaine d'opérations de maintien de la paix à
son actif depuis la création de l'ONU, a montré ses limites devant l'ampleur
des crises notamment en Afrique. La République Démocratique du Congo, l'Angola,
la Sierra Léone, la Somalie., autant de cas de mémoire à l'épreuve de la
solidarité des Nations Unies.
MONSIEUR LE PRESIDENT,
Dans le
domaine du développement, le monde a enregistré des progrès économiques sans
précédent au cours de ces cinquante-cinq dernières années. Des pays qui, il n'y
a pas encore si longtemps étaient sous-développés, sont désormais des centres
dynamiques d'activités économiques mondiales.
Seulement
voilà: la très grande majorité de nos pays et de nos peuples reste encore
désespérément pauvre. Sa Sainteté le Pape Jean Paul II dans son message pour la
célébration de la Journée Mondiale de la paix, écrivait : "Alors que
s'ouvre un nouveau siècle, il est une question qui, plus que toute autre,
interpelle notre conscience humaine et chrétienne : la pauvreté de milliards
d'hommes et de femmes."
Selon le rapport du Secrétaire général sur l'activité de
l'Organisation du 30 août 2000, près de la moitié de la population mondiale
doit toujours se contenter de vivre avec moins de 2 dollars par personne et par
jour; ainsi 300 millions d'africains n'ont même pas 1 dollar par jour pour
subsister. Alors que plus de 3 milliards d'habitants des pays pauvres gagnent
moins de 20 du revenu de la planète, le milliard de personnes des pays
développés en gagnent 60 %.
De
surcroît, cette pauvreté est aggravée notamment par la propagation rapide de la
pandémie du SIDA, autre fléau qui ravage, endeuille, divise et décime des
familles entières en Afrique et dans le monde. Dans certains pays africains, le
SIDA est même devenu la principale cause de mortalité.
Autant de
facteurs de déstabilisation qui, même s'ils sont différents, concourent à
désorganiser et rendre incertaines les relations internationales.
Mais mon
propos n'est pas d'aligner une litanie de maux que vous ne connaissez que trop,
et dont l'ONU est constamment saisie. II ne s'agit pas non plus de négliger les
efforts entrepris et les progrès accomplis.
II s'agit
plutôt de souligner devant vous et en accord avec vous que l'ONU et le système
multilatéral n'ont pas aujourd'hui les moyens suffisants pour relever tous ces
grands défis. Car longtemps après, nous sommes toujours à l'oeuvre et à la
peine. Or, nous ne pouvons pas céder au découragement, nous avons le devoir de
redonner la force nécessaire à notre action. Comment ?
1-
D'abord, par le passage d'une culture de guerre à une véritable culture de paix
L'attachement
du Gabon à l'idéal de paix, constante de sa politique étrangère, puise sa
vitalité dans les profondeurs mêmes de la civilisation Bantou. C'est
l'obligation de valoriser les vertus du dialogue et de la tolérance entre les
peuples et les Nations, vertus que nous pratiquons dans nos foyers et nos
familles et que mon pays par l'équation personnelle du Président Omar BONGO,
médiateur inlassable, a érigées en principe de culture politique et
diplomatique.
Nous
devons donc opérer un " retour aux sources " c'est à dire revenir à
ces préceptes traditionnels qui ont encore plus de force aujourd'hui qu'hier;
dans la mesure où la paix n'est le plus souvent pas menacée de l'extérieur du
territoire, mais de l'intérieur.
II
convient d'adapter la charte de l'ONU, à ces nouveaux cas de figure, notamment
en aménageant le mandat du Conseil de Sécurité sur les crises internes.
C'est en
cela que nous nous félicitons de la parution du rapport du Groupe d'Etude sur
les opérations de paix des Nations Unies présidé par Monsieur Lakhdar BRAHIMI.
Nous sommes convaincus que ce rapport aidera à promouvoir une nouvelle approche
des operations de maintien de la paix.
Bien que
celles-ci demeurent une réponse nécessaire, elles sont néanmoins insuffisantes.
Car
l'enjeu du troisième millénaire ne sera pas d'obtenir de simples cessez-le-feu
entre adversaires en cas de crise ouverte, mais d'étouffer les conflits dans
l'oeuf grâce à une action visant à extirper les racines profondes de la
violence.
Un pas
important serait la création ou le renforcement des dispositifs régionaux de
sécurité permettant de résoudre les conflits par le dialogue et la négociation,
et donc réduire considérablement les dépenses militaires pour affecter les
ressources ainsi libérées à d'autres besoins de développement.
C'est
ainsi qu'à l'échelle sons-régionale, le Gabon contribue en coopération avec les
autres Etats de l'Afrique Centrale, à l'instauration d'un climat de confiance
après la mise en oeuvre de la diplomatie preventive.
Les Chefs d'Etats de notre sous-région
ont par exemple mis en place le Conseil Supérieur de Paix et de Sécurité de
l'Afrique Centrale (COPAX), organe de concertation politique et militaire des
Etats membres de la CEAAC en matière de promotion des mesures de maintien et de
consolidation de la paix et de la sécurité. Le COPAX comporte en son sein:
- Une force multinationale de
l'Afrique Centrale (FOMAC) et;
- Un
Mécanisme d'alerte rapide pour l'Afrique Centrafe (MARAC).
Certes, le
Gouvernement gabonais a pris des dispositions matérielles et financières en vue
du démarrage effectif des activités du MARAC dont il abrite le siège. Mais, il
va sans dire que c'est avec l'appui de l'ONU et d'autres partenaires que cet
instrument jouera pleinement son rôle.
Dans un
contexte régional plus large, un cadre similaire de concertation, de
coopération, de développement, de prévention, de gestion et de règlement des
conflits dénommé Commission du Golfe de Guinée (CGG) composée du Nigeria voisin
et de sept pays côtiers de l'Afrique Centrale, a été créé le 19 novembre 1999 à
Libreville.
II est
important enfin, de conforter le dispositif multilatéral du désarmement et de
non prolifération. Le Gabon qui a ratifié la convention sur l'interdiction des mines
antipersonnel, la convention sur l'interdiction des armes chimiques et le
Traité d'interdiction des essais nucléaires, continuera de soutenir activement
les efforts internationaux dans le domaine du désarmement en privilégiant le
processus engage de lutte contre la circulation illicite des armes légères et
de petit calibre.
La
convocation durant l'été 2001 d'une conférence internationale sur ce dernier
aspect revêt un caractère important, d'autant plus qu'il est manifeste que la
plupart des conflits en Afrique et dans d'autres parties du monde sont
alimentés par les trafiquants d'armes, de diamants et de drogues et soutenus
entre autre par un certain nombre de grandes firmes multinationales qui
bénéficient des gains indûment acquis, fournissent des armes et de la drogue à
la zone de conflit et participent à des opérations de blanchiment d'argent.
Nous
appuyons également sans réserve la création d'une cour pénale internationale et
préconisons vivement l'entrée en vigueur rapide du Statut de Rome.
2 -
Ensuite par le renforcement de la lutte contre la pauvreté et l'instauration
d'une nouvelle coopération au service du développement
Le
continent africain est acquis au fait que la responsabilité de son redressement
économique lui incombe au premier chef et que cette tâche est d'abord largement
tributaire de ses propres efforts.
Mais, au
moment où le monde entame gaiement le virage du 21ème siècle,
l'Afrique, marginalisée, est en proie à la misère et à la pauvreté.
L'ampleur
de la crise qu'elle traverse, ainsi que l'importance des moyens à mettre en
ceuvre exigent que la communauté internationale soutienne ses efforts par une
augmentation des ressources concessionnelles, une expansion du commerce et des
échanges et un allégement de la dette.
Une
réunion de concertation sur cette lancinante question de la pauvreté a eu lieu
en janvier dernier à Libreville entre les Chefs d'Etat et de gouvernement
d'Afrique sub-saharienne et les Institutions de Bretton Woods au cours de
laquelle une nouvelle thérapeutique d'éradication de la pauvreté a été proposée
pour l'horizon 2015.
A
l'occasion de ce Sommet économique, les Chefs d'Etat et de gouvernement ont
fait des recommandations en vue d'examiner les perspectives du continent à
l'orée du nouveau millénaire et les défis à relever pour accélérer la
croissance économique et éliminer la pauvreté.
II est
certain que l'élimination de la pauvreté passe par une croissance économique
beaucoup plus rapide dont les fruits bénéficieraient au plus grand nombre.
A cet
égard, la justice sociale devrait avantageusement nous guider si l'on veut que
le développement et la croissance économique produisent des résultats
bénéfiques et mieux partagés.
Nos Chefs
d'Etat et de gouvernement se sont engagés à redoubler d'efforts pour promouvoir
une croissance forte et durable afin de réduire la pauvreté.
Ils ont,
en outre, réitéré leur détermination à accélérer le processus d'intégration
sous-régionale et régionale déjà engage à l'instar de la création cette année à
Lomé de l'Union Africaine.
MONSIEUR LE PRESIDENT,
Un monde
ouvert et interdépendant a besoin de mécanismes pour conserver son équilibre,
pour l'aider à promouvoir la justice en prévenant les agressions perpétrées
contre l'homme et la nature; la participation au développement pour tous les
pays et tous les peuples et l'efficacité dans les relations économiques, en
encourageant la transparence, la prévisibilité et la stabilité des relations
internationales.
Une des
solutions serait - et je partage sur ce point l'avis de nombreux spécialistes -
que la coopération internationale au service du développement recouvre non
seulement l'aide mais également toutes les activités, nécessaires pour
garantir, dans le monde, un développement durable et centre sur l'être humain.
On pourra
ainsi convenir que l'aide au développement contribue d'abord à créer des
conditions nationales au développement et à lutter contre la pauvreté qui est à
l'évidence incompatible avec la justice, la participation et l'efficacité.
Aussi
nécessaire qu'apparaît la réalisation de l'autosuffisance alimentaire dans
toutes les parties du monde, les capacités nationales du monde en développement
doivent être renforcées pour faciliter la mise en oeuvre effective des accords
internationaux de protection de l'environnement, de libéralisation des
échanges, de gestion macro-économique ou de surveillance bancaire, si
essentielles au bon fonctionnement de l'économie mondialisée.
En
parcourant l'histoire, on peut retenir qu'après la seconde guerre mondiale, la
coopération au service du développement était synonyme de solidarité et d'aide:
une assistance des pays plus riches aux pays plus pauvres.
II est
temps que cette coopération se transforme, se dynamise et surtout s'insère dans
la nouvelle donne de la mondialisation.
La récente
réunion ministérielle initiée par l'Administrateur du PNUD, a mis en exergue la
nécessité de renforcer les capacités de cette institution pour remplir plus
efficacement ses missions.
Ce
renforcement est d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui plus que jamais, il n'est
plus possible de concevoir le développement sans tenir notamment compte des
exigences environnementales.
Le PNUD
pourra ainsi intensifier son assistance aux pays qui tirent une partie de leurs
ressources des produits forestiers afin de parvenir à une gestion durable et
écologiquement viable des forêts.
3 - De même par le renforcement de la protection de
l'environnement
Le débat
qui a cours aux Nations Unies et qui consiste à culpabiliser les seuls pays
forestiers est injuste quand on sait que les emissions de gaz à effet de serre
produit dans les pays industrialises sont en grande partie responsables des
dégâts causes à notre planète.
A notre
sens, se renvoyer mutuellement la responsabilité ne serait pas du tout
constructif, bien au contraire. II conviendrait plutôt de rechercher ensemble
dans l'esprit de la Conférence de Rio de 1992, les voies et moyens permettant à
nous tous de préserver l'équilibre de notre écosystème naturel.
4- Par
l'allégement du fardeau écrasant de la dette extérieure
Sur ce
point crucial, mon pays consacre près de la moitié de son budget annuel au
remboursement de la dette, grevant par là même ses efforts et ses chances de
développement. Les mécanismes d'allégement préconisés ces dernières années lui
réservent un traitement discriminatoire, en l'excluant de leur champ
d'application.
Injuste
disons-nous, apparaît le motif tire du niveau élevé de notre PNB par tête
d'habitant, sans qu'il soit tenu compte ni de notre capacité de remboursement
ni de la distribution gravement disproportionnée du revenu national entre la
remuneration du facteur capital, celle du facteur travail et le paiement des
impôts.
Une étude
récente réalisée par une équipe d'universitaires gabonais relève qu'il n'y a
que moins de 40% de notre PIB qui est susceptible d'engendrer localement des
effets multiplicateurs.
L'étrange
singularité du Gabon, seul pays dans la catégorie des Pays dits à revenu
intermédiaire, au Sud du Sahara, réside en ce que sa richesse est produite par
et pour des acteurs extérieurs.
L'appel
ainsi lancé à la communauté internationale pour un traitement plus juste de la
dette de mon pays et celle d'autres, n'est pas une démarche de mendicité. Il
s'agit simplement de fortifier le système d'échanges international pour le
bénéfice commun de manière à ce que "la mondialisation, comme le dit le
Secrétaire général, devienne une force positive pour l'humanité toute
entière". Au delà de mon pays, le problème de la dette demeure entier et
préoccupant pour les pays africains. Nous pensons que nos partenaires devraient
faire preuve d'imagination plutôt que de ressasser les mêmes recettes.
C'est
pourquoi, le problème de la dette, devrait être apprécié, non seulement au
travers des indicateurs socio-économiques, mais également en tenant compte des
efforts que déploie un Etat pour lutter contre la pauvreté et la dégradation de
l'environnement.
Car nous
ne cesserons de le dire : " aider le Sud, c'est aider le Nord, c'est aider
tout le monde ".
5- Par
l'accroissement de l'aide Publique au Développement
La
situation des pays en développement, en particulier ceux d'Afrique mérite des
actions d'envergure de la part de la communauté internationale pour traduire
dans les faits le devoir de solidarité des peuples que nous appelons tous de
nos voeux.
L'aide
publique au développement ne cesse de reculer. Faisant suite aux
recommandations du sommet de Copenhague, sur le développement Social,
renouvelées récemment à Genève, mon pays, dans sa lutte contre la pauvreté, met
actuellement en oeuvre l'initiative 20-20 c'est-dire-20% de son budget
national et 20% de l'aide publique à son développement sont alloués aux
services sociaux de base. Chacun sait ici que l'initiative 20-20 constitue un
moyen privilégié de lutte contre la pauvreté.
Les
efforts du Gabon sont malheureusement atténués par la chute vertigineuse de
l'aide cublique au développement et son exclusion du bénéfice des financements
extérieurs de type concessionnel.
6 - Par la
protection des populations vulnérables et la lutte contre le VIH/SIDA
Une autre
dimension de la problématique politique et sociale en Afrique, et même partout
dans le monde, est la place de la femme et des enfants dans le jeu social.
Dans mon
pays, la femme a les mêmes droits que l'homme. Notre système éducatif assure le
libre accès de tous nos enfants en age de scolarisation á l'instruction dans
l'intérêt de la nation gabonaise tout entière. De 27% en 1950, le taux de
scolarisation est ainsi passé aujourd'hui á plus de 90%.
Au-delà de
cet dernier aspect, mon pays est résolument engagé dans la promotion et la
protection des droits de l'enfant. C'est ainsi qu'il a accueilli au mois de
février 2000 à Libreville la Conférence internationale sur le trafic et le
travail des enfants.
Nous en
appelons a l'application des recommandations issues de cette
Conférence qui s'inscrivent dans le droit fil de la Convention des Nations
Unies sur les droits de l'enfant et des deux protocoles additionnels, du reste
signés ici même par le Chef de l'Etat gabonais.
Pour ce
qui concerne la lutte contre le VIH/SIDA, il me plaît d'indiquer qu'à
l'initiative du Président BONGO, le Gouvernement gabonais vient de créer un
Fonds national de solidarité pour la lutte contre cette pandémie.
Le Gabon
pense que la création d'un Fonds international de solidarité de lutte contre le
SIDA contribuerait indiscutablement à venir en aide aux 35 millions de
personnes atteintes par cette maladie dont la majorité se trouve dans les pays
en développement particulièrement en Afrique.
7 - Et
enfin par la renovation et la restructuration du système des Nations Unies
Dans son
rapport intitulé : "Nous les peuples : le róle des Nations Unies au XXIème
siècle", le Secrétaire général a mis l'accent sur la nécessité de rénover
les Nations Unies.
Cette
renovation implique:
-
L'identification des atouts principaux de l'Organisation;
- La
reconstruction de l'infrastructure et des capacités de l'ONU en matière des
techniques de l'information;
- La
poursuite de la révolution tranquille, c'est-à-dire des réformes engagées en
1997.
Dans cet
ordre d'idées, la revision des barèmes de contributions s'impose. ll est, en
effet, dans l'intérét de tous que l'on aboutisse à un réajustement des quotes
parts pour que le poids des dépenses de l'Organisation et partant sa liberté
d'action ne reposent pas seulement sur quelques Etats membres.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
MESDAMES ET MESSIEURS.
Du
Millénaire présent, symbole de la plénitude divine et de la perfection du
témoignage, peut naître des avancées supplémentaires dans l'édification d'un
monde plus juste et plus pacifique.
Chaque
nation ici représentée est le reflet de l'humanité, dont les fondateurs de
l'ONU ont rappelé les valeurs communes ; l'humanité est elle-même à l'image de
Dieu. II nous faut donc manifester ensemble les fruits précieux de notre
créateur: l'amour, la paix et la liberté.
L'ONU doit
ainsi conserver ce qui a fait ses preuves adapter ce qui l'exige et inventer de
nouvelles formes de régulation.
JE VOUS REMERCIE.