ALLOCUTION

DE

SON EXCELLENCE MONSIEUR JEAN PING

MINISTRE D’ETAT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,

DE LA COOPÉRATION ET DE LA FRANCOPHONIE

A

LA CINQUANTE-CINQUIEME

SESSION ORDINAIRE DE L'ASSEMBLÉE GENERALE

DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES

NEW YORK, LE SEPTEMBRE 2000

 

MONSIEUR LE PRESIDENT,

 

Je me réjouis de l'occasion qui m'est donnée et de l'honneur qui m'est ainsi fait de prendre la parole, au nom du Gabon, à cette session de notre assemblée, qui, pour ordinaire qu'elle soit, n'en revêt pas moins un caractère exceptionnel.

 

En effet, non seulement cette session nous prépare à entrer de plain-pied dans le 3ème millénaire, mais aussi et surtout, elle se tient à un moment de l'histoire de l'humanité qui laisse entrevoir de nouvelles perspectives encourageantes dans la conscience des hommes pour un meilleur avenir du monde.

 

C'est pourquoi nous nous félicitons de votre brillante élection à la présidence de cette 55ème session de l'Assemblée générale.

 

Nous sommes en effet persuadés que vos qualités d'homme d'Etat et votre riche expérience personnelle constituent un gage certain de succès de nos travaux.

 

Dans cette optique, le Gabon, en sa qualité de Vice­-Président du bureau, vous apportera sa pleine coopération afin que cette session réponde de manière effective à nos attentes.

 

II m'est agréable d'exprimer ma profonde reconnaissance à votre prédécesseur, Dr Theo Ben-Guirirab, Ministre des Affaires Etrangères de la République de Namibie pour l'efficacité avec laquelle il a mené son mandat.

 

Nous souhaitons à notre tour une chaleureuse bienvenue à l'Etat de Tuvalu qui vient de se joindre à la grande famille des Nations Unies.

 

Qu'il me soit permis de rendre un vibrant hommage à notre Secrétaire général, S.E.M. Kofi ANNAN, pour les efforts soutenus qu'il ne cesse de déployer dans la réalisation des idéaux de notre Organisation.



                                                                                              

MONSIEUR LE PRESIDENT

 

Cela fait cinquante cinq ans que nous, " les peuples des Nations Unies ", avons décidé de " maintenir la paix et la Sécurité Internationales ", de réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales sans distinction de race, de langue ou de religion ".

 

II s'agit des missions primaires de la Charte des Nations Unies qui, en son article 55, recommande de créer les conditions de stabilité et de bien-être nécessaires pour assurer entre les Nations, j'ajoute, et à l'intérieur des Nations, des relations pacifiques et amicales.

 

En clair, la Charte de San Francisco établit une forte corrélation entre paix et développement. De fait, sans paix, il n'y a pas de développement et sans développement, il n'y a pas de paix juste et durable.

 

Nous reconnaissons qu'il est difficile de créer, pour fe plus grand nombre, des conditions de mieux-être dans un environnement où règnent le chaos et le désordre. A cet égard, le cas de l'Afrique est particulièrement révélateur.

 

Alors que le monde semble évoluer, avec la fin de la guerre froide, vers une situation prometteuse en raison de la diminution graduelle des conflits inter étatiques, le continent africain s'est trouvé soudain en proie à des affrontements armés d'une violence inouïe. De vieux antagonismes en sommeil se sont réveillés avec comme moyens d'expression privilégiés, le fracas des armes et un mépris pour les normes humanitaires.

 

Nombre de nos pays, tombés ainsi sous le joug des seigneurs de guerre, sont devenus des entités chaotiques ingouvernables qui relèvent désormais de l'assistance humanitaire.

 

Le Conseil de Sécurité, au delà de la cinquantaine d'opérations de maintien de la paix à son actif depuis la création de l'ONU, a montré ses limites devant l'ampleur des crises notamment en Afrique. La République Démocratique du Congo, l'Angola, la Sierra Léone, la Somalie., autant de cas de mémoire à l'épreuve de la solidarité des Nations Unies.

 

MONSIEUR LE PRESIDENT,

 

Dans le domaine du développement, le monde a enregistré des progrès économiques sans précédent au cours de ces cinquante-cinq dernières années. Des pays qui, il n'y a pas encore si longtemps étaient sous-développés, sont désormais des centres dynamiques d'activités économiques mondiales.

 

Seulement voilà: la très grande majorité de nos pays et de nos peuples reste encore désespérément pauvre. Sa Sainteté le Pape Jean Paul II dans son message pour la célébration de la Journée Mondiale de la paix, écrivait : "Alors que s'ouvre un nouveau siècle, il est une question qui, plus que toute autre, interpelle notre conscience humaine et chrétienne : la pauvreté de milliards d'hommes et de femmes."

 

Selon le rapport du Secrétaire général sur l'activité de l'Organisation du 30 août 2000, près de la moitié de la population mondiale doit toujours se contenter de vivre avec moins de 2 dollars par personne et par jour; ainsi 300 millions d'africains n'ont même pas 1 dollar par jour pour subsister. Alors que plus de 3 milliards d'habitants des pays pauvres gagnent moins de 20 du revenu de la planète, le milliard de personnes des pays développés en gagnent 60 %.


 

De surcroît, cette pauvreté est aggravée notamment par la propagation rapide de la pandémie du SIDA, autre fléau qui ravage, endeuille, divise et décime des familles entières en Afrique et dans le monde. Dans certains pays africains, le SIDA est même devenu la principale cause de mortalité.

 

Autant de facteurs de déstabilisation qui, même s'ils sont différents, concourent à désorganiser et rendre incertaines les relations internationales.

 

Mais mon propos n'est pas d'aligner une litanie de maux que vous ne connaissez que trop, et dont l'ONU est constamment saisie. II ne s'agit pas non plus de négliger les efforts entrepris et les progrès accomplis.

 

II s'agit plutôt de souligner devant vous et en accord avec vous que l'ONU et le système multilatéral n'ont pas aujourd'hui les moyens suffisants pour relever tous ces grands défis. Car longtemps après, nous sommes toujours à l'oeuvre et à la peine. Or, nous ne pouvons pas céder au découragement, nous avons le devoir de redonner la force nécessaire à notre action. Comment ?

 

1- D'abord, par le passage d'une culture de guerre à une véritable culture de paix

 

L'attachement du Gabon à l'idéal de paix, constante de sa politique étrangère, puise sa vitalité dans les profondeurs mêmes de la civilisation Bantou. C'est l'obligation de valoriser les vertus du dialogue et de la tolérance entre les peuples et les Nations, vertus que nous pratiquons dans nos foyers et nos familles et que mon pays par l'équation personnelle du Président Omar BONGO, médiateur inlassable, a érigées en principe de culture politique et diplomatique.



Nous devons donc opérer un " retour aux sources " c'est à dire revenir à ces préceptes traditionnels qui ont encore plus de force aujourd'hui qu'hier; dans la mesure où la paix n'est le plus souvent pas menacée de l'extérieur du territoire, mais de l'intérieur.

 

II convient d'adapter la charte de l'ONU, à ces nouveaux cas de figure, notamment en aménageant le mandat du Conseil de Sécurité sur les crises internes.

 

C'est en cela que nous nous félicitons de la parution du rapport du Groupe d'Etude sur les opérations de paix des Nations Unies présidé par Monsieur Lakhdar BRAHIMI. Nous sommes convaincus que ce rapport aidera à promouvoir une nouvelle approche des operations de maintien de la paix.

 

Bien que celles-ci demeurent une réponse nécessaire, elles sont néanmoins insuffisantes.

 

Car l'enjeu du troisième millénaire ne sera pas d'obtenir de simples cessez-le-feu entre adversaires en cas de crise ouverte, mais d'étouffer les conflits dans l'oeuf grâce à une action visant à extirper les racines profondes de la violence.

 

Un pas important serait la création ou le renforcement des dispositifs régionaux de sécurité permettant de résoudre les conflits par le dialogue et la négociation, et donc réduire considérablement les dépenses militaires pour affecter les ressources ainsi libérées à d'autres besoins de développement.

 

C'est ainsi qu'à l'échelle sons-régionale, le Gabon contribue en coopération avec les autres Etats de l'Afrique Centrale, à l'instauration d'un climat de confiance après la mise en oeuvre de la diplomatie preventive.

 

Les Chefs d'Etats de notre sous-région ont par exemple mis en place le Conseil Supérieur de Paix et de Sécurité de l'Afrique Centrale (COPAX), organe de concertation politique et militaire des Etats membres de la CEAAC en matière de promotion des mesures de maintien et de consolidation de la paix et de la sécurité. Le COPAX comporte en son sein:

 

- Une force multinationale de l'Afrique Centrale (FOMAC) et;

 

- Un Mécanisme d'alerte rapide pour l'Afrique Centrafe (MARAC).

 

Certes, le Gouvernement gabonais a pris des dispositions matérielles et financières en vue du démarrage effectif des activités du MARAC dont il abrite le siège. Mais, il va sans dire que c'est avec l'appui de l'ONU et d'autres partenaires que cet instrument jouera pleinement son rôle.

 

Dans un contexte régional plus large, un cadre similaire de concertation, de coopération, de développement, de prévention, de gestion et de règlement des conflits dénommé Commission du Golfe de Guinée (CGG) composée du Nigeria voisin et de sept pays côtiers de l'Afrique Centrale, a été créé le 19 novembre 1999 à Libreville.

 

II est important enfin, de conforter le dispositif multilatéral du désarmement et de non prolifération. Le Gabon qui a ratifié la convention sur l'interdiction des mines antipersonnel, la convention sur l'interdiction des armes chimiques et le Traité d'interdiction des essais nucléaires, continuera de soutenir activement les efforts internationaux dans le domaine du désarmement en privilégiant le processus engage de lutte contre la circulation illicite des armes légères et de petit calibre.

 

La convocation durant l'été 2001 d'une conférence internationale sur ce dernier aspect revêt un caractère important, d'autant plus qu'il est manifeste que la plupart des conflits en Afrique et dans d'autres parties du monde sont alimentés par les trafiquants d'armes, de diamants et de drogues et soutenus entre autre par un certain nombre de grandes firmes multinationales qui bénéficient des gains indûment acquis, fournissent des armes et de la drogue à la zone de conflit et participent à des opérations de blanchiment d'argent.

 


Nous appuyons également sans réserve la création d'une cour pénale internationale et préconisons vivement l'entrée en vigueur rapide du Statut de Rome.

 

2 - Ensuite par le renforcement de la lutte contre la pauvreté et l'instauration d'une nouvelle coopération au service du développement

 

Le continent africain est acquis au fait que la responsabilité de son redressement économique lui incombe au premier chef et que cette tâche est d'abord largement tributaire de ses propres efforts.

 

Mais, au moment où le monde entame gaiement le virage du 21ème siècle, l'Afrique, marginalisée, est en proie à la misère et à la pauvreté.

 

L'ampleur de la crise qu'elle traverse, ainsi que l'importance des moyens à mettre en ceuvre exigent que la communauté internationale soutienne ses efforts par une augmentation des ressources concessionnelles, une expansion du commerce et des échanges et un allégement de la dette.

 

Une réunion de concertation sur cette lancinante question de la pauvreté a eu lieu en janvier dernier à Libreville entre les Chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique sub-saharienne et les Institutions de Bretton Woods au cours de laquelle une nouvelle thérapeutique d'éradication de la pauvreté a été proposée pour l'horizon 2015.


A l'occasion de ce Sommet économique, les Chefs d'Etat et de gouvernement ont fait des recommandations en vue d'examiner les perspectives du continent à l'orée du nouveau millénaire et les défis à relever pour accélérer la croissance économique et éliminer la pauvreté.

 

II est certain que l'élimination de la pauvreté passe par une croissance économique beaucoup plus rapide dont les fruits bénéficieraient au plus grand nombre.

 

A cet égard, la justice sociale devrait avantageusement nous guider si l'on veut que le développement et la croissance économique produisent des résultats bénéfiques et mieux partagés.

 

Nos Chefs d'Etat et de gouvernement se sont engagés à redoubler d'efforts pour promouvoir une croissance forte et durable afin de réduire la pauvreté.

 

Ils ont, en outre, réitéré leur détermination à accélérer le processus d'intégration sous-régionale et régionale déjà engage à l'instar de la création cette année à Lomé de l'Union Africaine.

 

MONSIEUR LE PRESIDENT,

 

Un monde ouvert et interdépendant a besoin de mécanismes pour conserver son équilibre, pour l'aider à promouvoir la justice en prévenant les agressions perpétrées contre l'homme et la nature; la participation au développement pour tous les pays et tous les peuples et l'efficacité dans les relations économiques, en encourageant la transparence, la prévisibilité et la stabilité des relations internationales.

 

Une des solutions serait - et je partage sur ce point l'avis de nombreux spécialistes - que la coopération internationale au service du développement recouvre non seulement l'aide mais également toutes les activités, nécessaires pour garantir, dans le monde, un développement durable et centre sur l'être humain.



On pourra ainsi convenir que l'aide au développement contribue d'abord à créer des conditions nationales au développement et à lutter contre la pauvreté qui est à l'évidence incompatible avec la justice, la participation et l'efficacité.

 

Aussi nécessaire qu'apparaît la réalisation de l'autosuffisance alimentaire dans toutes les parties du monde, les capacités nationales du monde en développement doivent être renforcées pour faciliter la mise en oeuvre effective des accords internationaux de protection de l'environnement, de libéralisation des échanges, de gestion macro-économique ou de surveillance bancaire, si essentielles au bon fonctionnement de l'économie mondialisée.

 

En parcourant l'histoire, on peut retenir qu'après la seconde guerre mondiale, la coopération au service du développement était synonyme de solidarité et d'aide: une assistance des pays plus riches aux pays plus pauvres.

 

II est temps que cette coopération se transforme, se dynamise et surtout s'insère dans la nouvelle donne de la mondialisation.

 

La récente réunion ministérielle initiée par l'Administrateur du PNUD, a mis en exergue la nécessité de renforcer les capacités de cette institution pour remplir plus efficacement ses missions.

 

Ce renforcement est d'autant plus nécessaire qu'aujourd'hui plus que jamais, il n'est plus possible de concevoir le développement sans tenir notamment compte des exigences environnementales.

 

Le PNUD pourra ainsi intensifier son assistance aux pays qui tirent une partie de leurs ressources des produits forestiers afin de parvenir à une gestion durable et écologiquement viable des forêts.



3 - De même par le renforcement de la protection de l'environnement

 

Le débat qui a cours aux Nations Unies et qui consiste à culpabiliser les seuls pays forestiers est injuste quand on sait que les emissions de gaz à effet de serre produit dans les pays industrialises sont en grande partie responsables des dégâts causes à notre planète.

 

A notre sens, se renvoyer mutuellement la responsabilité ne serait pas du tout constructif, bien au contraire. II conviendrait plutôt de rechercher ensemble dans l'esprit de la Conférence de Rio de 1992, les voies et moyens permettant à nous tous de préserver l'équilibre de notre écosystème naturel.

 

4- Par l'allégement du fardeau écrasant de la dette extérieure

 

Sur ce point crucial, mon pays consacre près de la moitié de son budget annuel au remboursement de la dette, grevant par là même ses efforts et ses chances de développement. Les mécanismes d'allégement préconisés ces dernières années lui réservent un traitement discriminatoire, en l'excluant de leur champ d'application.

 

Injuste disons-nous, apparaît le motif tire du niveau élevé de notre PNB par tête d'habitant, sans qu'il soit tenu compte ni de notre capacité de remboursement ni de la distribution gravement disproportionnée du revenu national entre la remuneration du facteur capital, celle du facteur travail et le paiement des impôts.

 

Une étude récente réalisée par une équipe d'universitaires gabonais relève qu'il n'y a que moins de 40% de notre PIB qui est susceptible d'engendrer localement des effets multiplicateurs.


 

L'étrange singularité du Gabon, seul pays dans la catégorie des Pays dits à revenu intermédiaire, au Sud du Sahara, réside en ce que sa richesse est produite par et pour des acteurs extérieurs.

 

L'appel ainsi lancé à la communauté internationale pour un traitement plus juste de la dette de mon pays et celle d'autres, n'est pas une démarche de mendicité. Il s'agit simplement de fortifier le système d'échanges international pour le bénéfice commun de manière à ce que "la mondialisation, comme le dit le Secrétaire général, devienne une force positive pour l'humanité toute entière". Au delà de mon pays, le problème de la dette demeure entier et préoccupant pour les pays africains. Nous pensons que nos partenaires devraient faire preuve d'imagination plutôt que de ressasser les mêmes recettes.

 

C'est pourquoi, le problème de la dette, devrait être apprécié, non seulement au travers des indicateurs socio-économiques, mais également en tenant compte des efforts que déploie un Etat pour lutter contre la pauvreté et la dégradation de l'environnement.

 

Car nous ne cesserons de le dire : " aider le Sud, c'est aider le Nord, c'est aider tout le monde ".

 

5- Par l'accroissement de l'aide Publique au Développement

 

La situation des pays en développement, en particulier ceux d'Afrique mérite des actions d'envergure de la part de la communauté internationale pour traduire dans les faits le devoir de solidarité des peuples que nous appelons tous de nos voeux.

 

            L'aide publique au développement ne cesse de reculer. Faisant suite aux recommandations du sommet de Copenhague, sur le développement Social, renouvelées récemment à Genève, mon pays, dans sa lutte contre la pauvreté, met actuellement en oeuvre l'initiative 20-20 c'est-dire-20% de son budget national et 20% de l'aide publique à son développement sont alloués aux services sociaux de base. Chacun sait ici que l'initiative 20-20 constitue un moyen privilégié de lutte contre la pauvreté.

 


            Les efforts du Gabon sont malheureusement atténués par la chute vertigineuse de l'aide cublique au développement et son exclusion du bénéfice des financements extérieurs de type concessionnel.

 

6 - Par la protection des populations vulnérables et la lutte contre le VIH/SIDA

 

Une autre dimension de la problématique politique et sociale en Afrique, et même partout dans le monde, est la place de la femme et des enfants dans le jeu social.

 

Dans mon pays, la femme a les mêmes droits que l'homme. Notre système éducatif assure le libre accès de tous nos enfants en age de scolarisation á l'instruction dans l'intérêt de la nation gabonaise tout entière. De 27% en 1950, le taux de scolarisation est ainsi passé aujourd'hui á plus de 90%.

 

Au-delà de cet dernier aspect, mon pays est résolument engagé dans la promotion et la protection des droits de l'enfant. C'est ainsi qu'il a accueilli au mois de février 2000 à Libreville la Conférence internationale sur le trafic et le travail des enfants.

 

Nous en appelons a l'application des recommandations issues de cette Conférence qui s'inscrivent dans le droit fil de la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant et des deux protocoles additionnels, du reste signés ici même par le Chef de l'Etat gabonais.

 

Pour ce qui concerne la lutte contre le VIH/SIDA, il me plaît d'indiquer qu'à l'initiative du Président BONGO, le Gouvernement gabonais vient de créer un Fonds national de solidarité pour la lutte contre cette pandémie.


 

Le Gabon pense que la création d'un Fonds international de solidarité de lutte contre le SIDA contribuerait indiscutablement à venir en aide aux 35 millions de personnes atteintes par cette maladie dont la majorité se trouve dans les pays en développement particulièrement en Afrique.

 

7 - Et enfin par la renovation et la restructuration du système des Nations Unies

 

Dans son rapport intitulé : "Nous les peuples : le róle des Nations Unies au XXIème siècle", le Secrétaire général a mis l'accent sur la nécessité de rénover les Nations Unies.

 

Cette renovation implique:

 

- L'identification des atouts principaux de l'Organisation;

 

- La reconstruction de l'infrastructure et des capacités de l'ONU en matière des techniques de l'information;

 

- La poursuite de la révolution tranquille, c'est-à-dire des réformes engagées en 1997.

 

Dans cet ordre d'idées, la revision des barèmes de contributions s'impose. ll est, en effet, dans l'intérét de tous que l'on aboutisse à un réajustement des quotes parts pour que le poids des dépenses de l'Organisation et partant sa liberté d'action ne reposent pas seulement sur quelques Etats membres.

 

MONSIEUR LE PRÉSIDENT,

MESDAMES ET MESSIEURS.

 

Du Millénaire présent, symbole de la plénitude divine et de la perfection du témoignage, peut naître des avancées supplémentaires dans l'édification d'un monde plus juste et plus pacifique.


 

Chaque nation ici représentée est le reflet de l'humanité, dont les fondateurs de l'ONU ont rappelé les valeurs communes ; l'humanité est elle-même à l'image de Dieu. II nous faut donc manifester ensemble les fruits précieux de notre créateur: l'amour, la paix et la liberté.

 

L'ONU doit ainsi conserver ce qui a fait ses preuves adapter ce qui l'exige et inventer de nouvelles formes de régulation.

 

JE VOUS REMERCIE.