REPUBLIQUE DU BENIN
ALLOCUTION
DE SON EXCELLENCE
A LA 55e SESSION DE
L'ASSEMBLEE
GENERALE
DES NATIONS UNIES
MONSIEUR LE PRESIDENT,
J'ai le
plaisir de vous féliciter pour votre élection. Elle témoigne de l'estime que la
Communauté Internationale porte à votre pays et à votre personne.
En vous
souhaitant un grand succès dons la conduite de nos travaux, je voudrais vous
assurer également de la collaboration sincère de la Délégation du Bénin.
Je
voudrais ici rendre un hommage mérité à votre prédécesseur, MONSIEUR THEO BEN GURIRAB, Ministre des
Affaires Etrangères de la NAMIBIE pour
le travail remarquable qu'il a accompli.
Au vu de
l'évolution des relations internationales, le Secrétaire óénéral de
l'Organisation, Monsieur Kofi ANNAN a
eu l'heureuse initiative de réunir les plus hauts représentants des peuples du
monde, pour une concertation sur le nouve) ordre mondia) et sur le rôle que
l'Onu serait appelé à y jouer.
Je
souhaiterais lui en rendre un hommage mérité et souligner la conviction résolue
et la compétence avec lesquelles il dirige l'Organisation.
MONSIEUR LE PRESIDENT,
Le Sommet du Millénnaire a révélé une fois
de plus que le multilatéralisme et la coopération internationale demeurent
l'approche la plus indiquée pour aborder les problèmes dons le contexte de la
mondialisation.
Les bienfaits
de Ia mondialisation restent en effet limités, en témoignent ies déséquilibres
sur le plan économique et social qui caractérisent le monde aujourd'hui et
portent atteinte à la dignité et aux droits humains.
L'enjeu
est donc de canaliser le processus de mondialisation dans le sens du progrès
économique et social pour le plus grand nombre.
Dons cette
dynamique, l'Organisation des Nations Unies détient un avantage comparatif;
elle est la seule institution à même d'incarner les valeurs universellement
acceptées et la seule tribune susceptible d'organiser un débat fécond sur les
questions mondiales ainsi que sur les voles et moyens pour les règler.
L'Organisation
des Nations Unies est l'instance où les faibles et les marginalisés sont en
mesure de faire entendre leur voix et de participer à la formation de consensus
sur des questions d'intérêt commun.
En effet la mondialisation est aujourd'hui un fait accompli, il convient cependant de souligner qu'elle nest pas neutre.
La bonne gouvernance, la
démocratie, la transparence doivent être consolidées au plan national mais
égnlement Bans les relations internationals.
Ces principes doivent être appliqués aussi bien à l'intérieur de nos Etats qu'à l'égard des forces qui gouvernent la mondialisation et qui s'en servent comme auparavant pour se soustraire à toute forme de contrôle démocratique.
MONSIEUR
LE PRESIDENT,
Les Chefs
d'Etat et de Gouvernement ont adopté au Sommet
du Millénaire un document qui détermine les grandes lignes directrices de
l'Organisation pour le XXIe siècle.
Il
appartient maintenant à la Communauté Mondiale, donc à nos Etats, à la Société
Civile et au Secteur Privé de manifester la volonté de mettre rapidement et
résolument en oeuvre les orientations du Sommet pour traduire en actes le
message d'espoir et la détermination dont ont fait montre les dirigeants du
monde.
Le BENIN se réjouit qu'une attention spéciale ait été accordée à
l'Afrique. Les initiatives prises en faveur du Continent nécessitent un appui
franc des partenaires au développement dans le sens d'un partenariat et dune
solidarité qui devraient pour l'essentiel passer par:
• Une solution durable au problème de
la dette;
• Un ordre plus juste du système
d'échanges
internationaux;
• Un appui en ressources f inancières;
• Un renforcement des capacites de
production.
Nous souhaitons
la mise en oeuvre effective des mesures pour l'intégration des pays en voie de
développement dons l'économie mondiale en tenant compte des besoins
particuliers des Pays les Moins Avancés en vue d'enrayer la dégradation de leur
situation.
A ce
titre, In tenue de is troisième Conférence des Nations Unies pour les Pays les
Moins Avancés revêt une importance toute particulière.
II importe
qu'elle aboutisse à des résultats concrets.
MONSIEUR
LE PRESIDENT,
L'élimination
de la pauvreté est l'un des défis que la Communauté Internationale n'a pas pu
relever au XXe siècle. II est de notre responsabilité de nous atteler à cette
tâche.
A ce titre,
nous nous réjouissons de l'initiative prise par L'Administrateur du PNUD
d'organiser une session ministérielle spéciale pour discuter de l'orientation
stratégique du Programme des Nations Unies pour le Développement et de la
nécessité de lui concéder les ressources indispensables pour lui permettre
d'accomplir ses diverses missions.
Le BENIN compte sur le PNUD, organe
principal de coordination de l'assistance au développement, pour relever les
défis auxquels les pays en développement sont confrontés.
En saluant
les pays qui ont annoncé un accroissement de leurs apports au titre de l'Aide
Publique au Développement, je voudrais lancer un appel pour qu'un équilibre
puisse être restauré au profit des ressources budgétaires de base pour
permettre de réaliser les programmes et projets inscrits dons les priorités des
gouvernements.
Pour ce
qui est du financement du développement, il est notamment indispensable
d'assurer une meilleure mobilisation des ressources ainsi qu'une meilleure
coordination des actions de développement intégrant tous les partenaires y
compris les Institutions de BRETTON - WOODS.
MONSIEUR LE PRESIDENT,
La
réalisation de tous ces plans et programmes ne pourra intervenir que dons un
environnement où la paix et la sécurité sont garanties.
C'est
pourquoi le BENIN a accueilli avec
beaucoup d'intérêt le rapport BRAHIMI qui
fait une analyse approfondie des opérations de Maintien de la Paix.
MONSIEUR
LE PRESIDENT,
Depuis sa
52e Session, l'Assemblée Générale soutient le BENIN pour l'organisation de la
IVème Conférence Internationale des Démocraties nouvelles et rétablies qui se
déroulera à COTONOU du 4 au 6 Décembre 2000. Cette Conférence sera sans nul
doute une étape importante daps la marche de la Communauté Internationale vers
la consolidation des principes démocratiques. A cette occasion, les pays de
vieilles démocraties et ceux des démocraties nouvelles échangeront leurs expériences
et prendront des engagements visant à la promotion de la démocratie, la paix et
la stabilité politique et le développement. COTONOU se prépare à vous
accueillir et souhaite que vows répondiez massivement à son invitation.
Je vous remercie.