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La
petite entreprise de Janet fleurie dans le désert
Dans
le village de Rawda, au milieu du désert Jordanien brûlé
par le soleil, les conditions sont idéales pour Janet Horani
qui fabrique du « Jameed » un yaourt au lait de brebis dans
son jardin.
Tandis que beaucoup de gens dans le pays ont fuit les zones désertiques
de la Jordanie
pour le centre des villes, certains, comme Janet, ont choisi de continuer
à vivre de façon traditionnelle, élevant le bétail
et se déplaçant selon les saisons et la disponibilité
des patûrages.
Mais les ressources naturelles du pays sont très limitées,
notamment l'eau, ce qui rend le mode de vie
traditionnel jordanien
de plus en plus difficile à suivre.
Coincé entre la Syrie, le Liban, l'Irak, l'Arabie Saoudite,
Israel et les territoires palestiniens, la Jordanie est désertique
à 80 pour cent. Le pays compte à peine 5 pour cent de
terres arables. D'après certaines estimations, la Jordanie
aurait besoin de trente pour cent d'eau en plus de ce dont elle dispose
naturellement. Si personne n'intervient, la pénurie d'eau devrait
même empirer. Et en raison du taux de croissance élevé
de la population, la demande d'eau devrait augmenter fortement dans
un avenir proche.
Le déficit de l'eau en Jordanie est important et les
changements climatiques planétaires aggravent la situation
en réduisant encore un peu plus les précipitations.
« Les pluies dans ce secteur semblent être un peu moins
abondantes chaque année et la terre est devenue moins productive, »
explique Mahmood Mahadin, qui comme la plupart des fermiers de la
région, n'a pas de système d'irrigation et dépend
du ciel pour ses récoltes.
La seule façon de réduire la pauvreté en Jordanie
consiste à abandonner les cultures trop gourmandes en eau.
C'est dans ce but que le Fond internationnal des Nations Unies pour
le développement agricole (FIDA)
à lancé un Programme
de Diversification des Revenus visant à faciliter l'installation
des petites entreprises de sorte que même en période
de basses précipitations, les fermes jordaniennes puissent
dégager des revenus.
Janet
est une Jordanienne qui a tiré bénéfice de la
diversification de ses activités. Veuve depuis quelques années,
elle a pu surmonter la mort de son mari et subvenir aux besoins de
ses quatre enfants.
Après avoir entendu parler du programme du FIDA par des voisins,
Janet a décidé d'y participer. « J'ai suivi une
formation de production laitière. J'ai appris le traitement
du lait et j'ai obtenu un prêt » relate Janet. Protégée
contre le soleil par l'ombre des oliviers et la longueur de son 'kuftan'
(sa
robe traditionnelle),
Janet retourne les grands morceaux de yaourt conservés tout
en expliquant comment, de simple femme au foyer, elle est devenue
chef d'une petite entreprise.
Avec un prêt de 2.500 dinars, (environ $3.555), Janet a achetés
15 moutons et utilisé le reste de l'argent pour acheter l'équipement
de traitement du yaourt. « Avec cet équipement, je fais
bouillir le lait. Après le caillage, nous mettons le lait dans
les écumoires, puis nous l'emballons dans des récipients
en plastique, il ne reste plus alors qu'à ajouter le sel et
le fromage est transformé, » explique-t-elle. Les fromages
ronds qui en résultent ressemblent,
sous ce climat chaud, à
d'incongrues boules de neiges. Elle vend le plus souvent son yaourt
localement mais une partie est exportée vers des clients aux
Etats-Unis et en Australie.
D'autres projets du FIDA sont menés en Jordanie pour économiser
l'eau et pour favoriser des pratiques agricoles écologiquement
rationnelles et viables; elles sont souvent étonnamment simples
: Ils incitent à la construction de bâtiments en terrasses
sur les pentes pour retenir le sol et l'eau ; en réutilisant
l'eau gaspillée dans le drainage, l'arrosage ou le traitement
industriel, dans les terres agricoles ou en remplaçant les
céréales par des oliviers qui après leurs deux
premières années, prospèrent presque sans eau.
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