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Saint-Vincent et-les Grenadines |
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| Andrew mobilise la jeunesse |
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Adolescent, Andrew Simmons a vu la nature détruite par des incendies criminels et les habitants pauvres de Saint-Vincent-et-les Grenadines abattre des arbres d’une précieuse forêt classée pour en faire du bois de chauffe (en savoir plus). Il a alors décidé d’agir pour faire une différence.
Au début des années 70, la récession économique mondiale a eu des conséquences désastreuses sur cette nation minuscule des Caraïbes. Presque 90 pour cent des personnes vivant près de la forêt classée de Kingshill ont perdu leurs emplois quand les usines agricoles locales ont fermé. Manquant d'argent, les villageois ont commencé à abattre la forêt, l'une des plus anciennes réserves du monde, plantée en 1791. Les braconniers, à la recherche de gibier, ont incendié à plusieurs reprises le sanctuaire d'oiseaux « Milligan Cay », détruisant ainsi des milliers d'oiseaux et autres espèces animales. Andrew se souvient des incendies de forêt qui brûlaient pendant des semaines entières.
Andrew s'est rendu compte qu'à moins que ses contemporains ne prêtent attention et se mobilisent, la réserve forestière et le sanctuaire animalier ne pourraient être sauvés. Quand il avait seulement 15 ans, il est devenu professeur et chef de scouts et s'est mis à éduquer ses élèves sur l'environnement. Au début, ses étudiants montraient peu d'intérêt pour la protection de la forêt. Ils étaient plus intéressés par le sport et la musique. Petit à petit, Andrew Simmons a su introduire la conservation de l’environnement dans leurs activités. Il a réussi à les impliquer dans des campagnes de nettoyage de villages et de plages et dans la construction d’équipements sanitaires et de loisirs.
Rapidement, les projets socio-écologiques sont devenus l’activité principale du groupe de jeunes d'Andrew. En 1977, lui et 51 autres personnes ont fondé l'association « JEMS Progressive Community Organization », qui avait pour objectif la sensibilisation aux causes écologiques et la promotion de la conservation à travers Saint-Vincent-et-les Grenadines. Andrew et ses collègues ont commencé par faire campagne sur le thème de l'environnement comme ressource précieuse. « JEMS » a monté à ces fins des pièces de théâtre et des sketches dans les villes et villages.
Au début, ils ont du faire face à beaucoup de scepticisme. Les doutes d'une mère touchaient le cœur du problème : « comment vais-je obtenir de la nourriture ? Je n’ai pas les moyens d’acheter du gaz naturel, alors comment pensez-vous que je vais pouvoir alimenter mes enfants, les envoyer à l'école ? », a-t-elle demandé. Andrew s'est rendu compte qu'il fallait faire plus que de sensibiliser la population. Il savait par expérience que la pauvreté était la cause principale de la dégradation de l’environnement.
Il a décidé d’aider les villageois locaux, en particulier les femmes, à obtenir une formation professionnelle. Beaucoup ont commencé comme charpentiers et maçons. Il a également encouragé l’utilisation de techniques agricoles qui produisent des récoltes de meilleure qualité tout en optimisant les ressources naturelles. Grâce aux efforts d'Andrew, les habitants de la région ont compris le besoin de protéger la forêt classée de Kingshill. Ils ont même mis en place un projet d'écotourisme dans la réserve.
Andrew pense que la mobilisation des habitants, au niveau des villages, est la meilleure manière de susciter un changement positif pour les petites îles. « Le développement est un processus de changement, un processus où les habitants doivent être impliqués directement afin de façonner leur propre existence », explique-t-il.
Quelle est la prochaine étape pour Andrew ?
Andrew Simmons est la définition même de l'organisateur de terrain. Il a également fondé le Réseau de la jeunesse des Caraïbes pour l'environnement (CYEN), véritable fer de lance à l'origine de projets dans 20 pays. Le réseau encourage les organisateurs de la jeunesse à impliquer les communautés locales, comme l'a fait Andrew, à mettre en place des jeux, à écrire des chansons à propos de la conservation de l'environnement afin de trouver des solutions locales. « Nous parlons de responsabiliser les personnes locales, de développer leur fierté, de leur donner confiance de sorte qu'ils puissent décider du type de développement qu'ils désirent au sein de leur communauté », insiste-t-il.
Simmons a confiance en l’avenir et est en mesure de mettre en pratique ses idées. Il pense que les jeunes avec qui il travaille à travers les Caraïbes continueront sur la même voie et qu’une fois adultes, ils reprendront le flambeau et orienteront leurs communautés dans la bonne direction. En 1994, Andrew Simmons s’est vu attribuer le prix « Goldman ». Actuellement chef de programme au sein de la Division des affaires de la jeunesse du secrétariat du Commonwealth à Londres, il est conseiller pour des projets de jeunes sur le développement et la réduction de la pauvreté en Asie, dans le Pacifique, les Caraïbes et l’Afrique.
Que pouvez-vous faire ?
Renseignez-vous sur la question des petites îles des Caraïbes, comme Saint-Vincent-et-les Grenadines, et découvrez les problèmes qu'elles doivent surmonter tels que l'épuisement de leurs ressources naturelles, la pollution, la pauvreté et l'augmentation sérieuse des cas du VIH/SIDA.
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