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Mark au volant du changement
  Photo de MarkSherlock Arminus Rose, connu par sa famille et ses amis sous le nom de « Mark », est resté un type décontracté mais c'est un homme changé. Quand il était chauffeur de minibus à Georgetown, la capitale de la Guyane (en savoir plus) Mark faisait partie des « branchés ». Les chauffeurs de minibus portent des vêtements voyants, ont de l'argent liquide et écoutent de la musique en vogue tout en conduisant à travers la ville. Ils sont perçus comme des exemples à suivre par les jeunes. Comme tous les chauffeurs, Mark était sûr de lui et vivait la belle vie jusqu'au jour où deux de ses amis sont décédés du SIDA.

Il y a trois ans, avant leur mort, Mark, comme la plupart des chauffeurs des minibus pittoresques et indépendants de Georgetown, contribuait inconsciemment à perpétuer la discrimination envers les personnes séropositives. Les chauffeurs de minibus aiment jaser. Tout en discutant avec leurs passagers, ils peuvent facilement faire courir des rumeurs et diffuser des informations erronées. Beaucoup de chauffeurs avaient peur d'être en contact avec des personnes séropositives et les discriminaient ouvertement.

Map de Guyane
Version agrandie
La disparition de ses amis a incité Mark à revoir son propre comportement. Il s'est inscrit à un programme qui s'adresse aux chauffeurs de minibus et dont l'objectif est de changer la perception du public envers les personnes atteintes du VIH/SIDA. Il a commencé comme bénévole auprès de l'association « Guyana HIV/AIDS Youth Project », qui est financée par USAID et peu à peu, son engagement s'est développé. Aujourd'hui, il est chargé de mission pour le projet de réduction et de prévention du VIH/SIDA en Guyane.

Mark n'a aucun doute quant à l'importance de sa nouvelle perspective et de son engagement. « Le projet de la jeunesse est un 'don du ciel', parce qu'il a changé ma vie et celle de mes amis », explique-t-il. « Je crois que sans ce projet, non seulement je serais mort, mais beaucoup de mes amis le seraient aussi, particulièrement quand je pense au style de vie insouciant que nous avons mené ».


Quelle est la prochaine étape pour Mark ?

En Guyane, les chauffeurs de minibus ont un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre le VIH/SIDA. Leur contact étroit avec le public peut jouer un rôle central dans la perception et le changement de comportements, en s'attaquant aux préjugés qui empêchent les gens de faire des examens médicaux et de se faire soigner. C'est particulièrement important en Guyane, pays qui a le deuxième taux le plus élevé de VIH en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Mark n'a plus le temps de conduire des minibus. Il se consacre au projet de la jeunesse et à la lutte contre le SIDA. Toutefois, il reste en contact avec plusieurs de ses anciens collègues qui sont maintenant eux aussi des « éducateurs ». Les résultats de leur travail sont encourageants. « J'ai l'impression que les gens en savent plus sur les questions liées au VIH/SIDA et certains d'entre eux commencent à changer leur comportement », raconte-t-il.

Mark n'est peut-être plus un chauffeur en vogue mais il joue un rôle primordial pour influencer le comportement des jeunes. « Beaucoup de personnes qui me reconnaissent dans la rue en raison de mon engagement dans la lutte contre le VIH/SIDA et de ma photo sur les affiches, me posent des questions et me demandent des conseils ». Il espère que le taux d'infection par le VIH en Guyane va baisser au cours des dix prochaines années. « Cela me donne un sentiment de satisfaction de savoir que je peux faire une différence dans les vies d'autres jeunes comme moi. J'aurais bien aimé avoir eu cette occasion plus tôt et sauver la vie de mes amis et de tant d'autres jeunes qui sont décédés ».


Que pouvez-vous faire ?

Découvrez les problèmes auxquels la région des Caraïbes est confrontée. Beaucoup de pays côtiers à plaines, tels que la Guyane, doivent faire face à l'impact négatif du développement côtier, du tourisme, de l'épuisement de leurs ressources naturelles, de la pollution, de la pauvreté et de l'augmentation sérieuse des cas du VIH/SIDA.

En matière de VIH/SIDA, les Caraïbes sont désormais la seconde région la plus touchée après l'Afrique australe. Elles affichent un taux de prédominance du VIH chez les adultes de 2,3 pour cent. Selon le Programme commun des Nations Unies sur le SIDA (ONUSIDA), le taux en Haïti est de 5 à 6 pour cent, avec 30,000 décès par an et 200,000 orphelins. En République dominicaine le VIH/SIDA est la cause principale de décès chez les femmes en âge de procréer. Les conséquences économiques dévastatrices du VIH/SIDA s'observent particulièrement dans les pays ayant une main d'oeuvre qualifiée limitée. Dès que le soutien de famille tombe malade, le niveau des revenus chute et le tissu social est touché.


 
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