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Une nouvelle vie pour les soldats

Photo d'Andres Loin sur les plateaux du Guatemala, dans le petit village de Pixabaj, Andres Julaju Cojtin a débuté une nouvelle vie, celle de fermier. Après 15 ans de lutte avec le mouvement de guerilla connu sous le nom de Unidad Revolucionaria Nacional Guatelmalteca (URNG), Andres bénéficie aujourd'hui d'un revenu grâce à un projet destiné aux anciens combattants.

L'accord de paix de décembre 1996, entre le Gouvernement et l'URNG, a mis fin à 36 années d'un conflit dévastateur au Guatemala, un conflit qui a ravi plus de 200 000 vies.

Des affrontements restent toutefois de profondes divisions au sein de la société guatemaltecque. Comme de nombreuses autres, la famille d'Andres a été brisée, Andres combattant aux côtés de l'URNG, son frère travaillant pour les renseignements militaires. Quatre ans après que les combats ont cessé, les deux frères ne s'adressent toujours pas la parole.

Démobiliser les anciens soldats et les aider à s'adapter à la vie civile est un élément essentiel du travail effectué par les Nations Unies pour promouvoir la paix. Une mission des Nations Unies, connue sous le nom de Mission de vérification des Nations Unies au Guatemala (MINUGUA), vérifie le respect, par les deux parties, des accords de paix, notamment le désarmement, la démobilisation et la réintégration des anciens combattants comme Andres. L'objectif est de s'assurer que les anciens ennemis prennent au sérieux les traités de paix, s'efforcent de maintenir la stabilité et traitent les causes profondes du conflit. Les programmes de réintégration se concentrent sur l'emploi, la formation professionnelle et l'éducation.

Jusqu'à maintenant, plus de 5 500 anciens combattants de l'URNG - la majorité d'entre eux sont des indigènes - sont rentrés dans leurs villes d'origine. Pour des raisons de sécurité ou parce qu'ils n'avaient pas de famille vers laquelle revenir après la longue guerre, les autres ont été réinstallés dans trois communautés. Nombre de ces hommes et femmes essayent à présent de subvenir à leurs besoins en devenant des fermiers. Ils élèvent du bétail, cultivent des ananas et des mangues, et produisent du miel.

Les projets de réintégration sont coordonnés par la MINUGUA et financés par le Bureau humanitaire de l'Union européenne (BHUE). Le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) apporte son soutien tout comme USAID et l'Organisation des états américains (OAS).

Si Andres constate qu'il existe toujours de nombreux problèmes au Guatemala, comme l'ampleur de la pauvreté et la discrimination contre les indigènes, il est heureux de ne plus mener une vie dangereuse et est optimiste quant à l'avenir de son fils. « Maintenant, lorsque nous nous battons, nous utilisons les mots, pas les armes, » dit-il en souriant.


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