Qu'est-ce qui se passe : Page principaleRetour a 'Les enfants sans-abris en Mongolie' L'histoire de ByambasurenL'histoire de Bagii et Itgel Autres épisodes A propos de la campagne Accueil ONU Page principale Page principale
Les cicatrices de l'abus   

Le bras de Nandin est couvert de cicatrices et d'entailles. Elles attestent de la vie d'une petite fille de onze ans qui a la rue pour demeure. La scarification est devenue un rituel parmi les enfants des rues en Mongolie. Dans un environnement où les enfants les plus âgés établissent les règles, les plus jeunes sont battus et ont les bras tailladés pour ne pas avoir rapporté, par exemple, suffisamment d'argent ou de nourriture. C'est la loi de la jungle urbaine.

En Mongolie, environ 4000 enfants vivent dans les rues. Ils ont entre 5 et 18 ans. Pour certains, la rue est leur quotidien. Pour d'autres, elle est temporaire ou occasionnelle. Et puis il y a ceux pour qui la rue est devenue leur demeure permanente. On les appelle « les condamnés à perpétuité » ; leur appropriation de la rue remonte aux années 90 quand le système d'aide sociale s'est écroulé, privant ainsi les familles les plus démunies de tout soutien. Bien que la majorité des enfants des rues, et tout particulièrement les « condamnés à perpétuité », soit des garçons, les filles n'en sont pas absentes. Nandin est une « condamnée à perpétuité ».

L'histoire de Nandin

Nandin vit dans la rue depuis l'âge de 5 ans. C'est d'un air rebelle qu'elle raconte son histoire, arborant par ailleurs une farouche loyauté au groupe avec lequel elle partage nourriture, travail et chaleur pendant les hivers glacés de la capitale mongolienne d'Oulan-Bator. « Avant, je vivais avec ma famille, mais ils me battaient et m'ont envoyée à l'orphelinat », explique-t-elle. « Puis la dame de l'orphelinat m'a battue elle aussi ». L'attitude désinvolte de Nandin ne cache pas les affres du chagrin. Elle rêve d'être adoptée par une « riche famille », mais chaque année qui passe voit son rêve s'amoindrir.

C'est parce qu'elle n'a pas rapporté suffisamment de nourriture ou parce qu'elle a enfreint les règles que Nandin a le bras tailladé avec des bris de verre par les garçons les plus âgés. Les entailles profondes sont une marque d'honneur, la preuve de sa défiance et de son endurance aux traitements cruels. Les entailles mises à part, Nandin fait face à bien d'autres dangers, tels que la prostitution et la malnutrition. Elle a le sentiment qu'elle n'a d'autre option que de rester là où elle est, si possible jusqu'à l'âge adulte, tout comme les autres « condamnés à perpétuité » qui, de leurs tunnels, dirigent leurs bandes et élèvent même leurs propres enfants.

Quel avenir pour Nandin ?

Tout espoir n'est pas perdu, même pour les « condamnés à perpétuité » qui ont peu de chance de réintégrer leurs familles. Des organisations nationales et internationales collaborent avec le gouvernement mongolien pour venir en aide aux enfants des rues. Ils ont des centres d'hébergement et essaient de réintégrer les enfants dans la société en leur dispensant une éducation et une formation professionnelle. Beaucoup de ces centres ont également des foyers d'accueil qui offrent aux enfants des rues des repas chauds et un endroit où se laver.

Pour Nandin, l'avenir s'annonce morose. Peut-être échappera-t-elle à la rue au travers d'un de ces programmes. Elle a l'espoir que sa situation s'améliorera mais, en attendant, elle mène une vie dangereuse et précaire au fond d'un tunnel.

Quelle aide pouvez-vous apporter ?

Tous les enfants ont le droit de grandir dans un environnement familial où règnent le bonheur, l'amour et la compréhension. Cependant, pour diverses raisons, essentiellement la pauvreté, ce droit est dénié à des millions d'enfants des rues de par le monde. Découvrez comment vous pouvez aider les enfants des rues de Mongolie et du monde entier en vous informant sur eux et sur les organisations internationales et nationales qui oeuvrent à améliorer leurs conditions de vie.

L'UNICEF et des organisations telles que World Vision, Enfants des rues, Enfants du monde - Droits de l'homme,et Enfants et développement aident les enfants à quitter la rue. Ils ont des centres et des programmes qui offrent hébergement, éducation et formation professionnelle. Ils tentent également de réunir les enfants à leurs familles, et d'apporter leur soutien aux parents. Ces organisations répondent aussi aux besoins immédiats des enfants qui demeurent dans la rue en leur offrant l'accès à des foyers d'accueil où ils peuvent manger un repas chaud, se laver et satisfaire leurs nécessités matérielles.

D'AUTRES CHRONIQUES sur les enfants sans-abris en Mongolie : Bagii et Itgel, Ankhbayar et Basujen et Richard Gere.