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L'histoire de Mon Man   

Photo de Mon Man Mon Man ne pourra jamais oublier l'instant qui a brisé sa vie, mettant fin à sa vie d'avant pour le plonger dans sa nouvelle vie, celle d'après l'accident - l'instant où il a marché sur une mine qui lui a arraché la jambe. Il a ainsi rejoint les rangs des 300,000 enfants du monde entier, dont beaucoup dans son pays, le Cambodge, mutilés par des mines terrestres.

Mon Man a perdu sa jambe alors qu'il s'écartait d'à peine 17 centimètres d'un chemin familier et apparemment sûr. « Ce jour-là, ma mère m'a demandé d'aller chercher des légumes », se souvient-il. « C'était pour que mes petits frères et soeurs aient quelque chose à manger. » Il y a eu une forte explosion. « Au début, je n'ai pas compris ce qui se passait, puis j'ai vu que j'avais perdu ma jambe. »

Pendant les mois qui ont suivi l'accident, il est resté chez lui, regardant ses amis jouer, incapable de se joindre à eux. Même son jeune frère, qui, jusque-là, le suivait partout comme son ombre, le délaissait. Mon Man était déprimé, convaincu qu'il n'avait rien de bon à attendre de l'avenir. Sa mère était désespérée. « Je regarde les enfants de mes voisins. Ils ont tous leurs deux jambes. Mon Man est né avec deux jambes, mais, maintenant, il n'en a plus qu'une. Je suis tellement désolée pour lui », dit-elle tristement.

Mais l'avenir de Mon Man n'était pas aussi sombre qu'il le pensait. Sa jambe cicatrisait depuis des mois lorsqu'il a appris qu'il était prêt à recevoir une prothèse. Il est allé au centre de rééducation accompagné de son jeune frère, chargé de lui soutenir le moral. Malgré sa présence, en regardant d'autres amputés s'entraîner à utiliser leurs nouvelles jambes, il était inquiet. Les difficultés semblaient insurmontables. Il se demandait s'il pourrait un jour remonter sur une bicyclette.

Mon Man devait tout recommencer à zéro, apprendre à garder l'équilibre. Il a fini par comprendre que, malgré sa peur, c'était sa seule chance d'avoir un semblant de vie normale et il était résolu à la saisir. « Je ferai de mon mieux pour apprendre à utiliser ma nouvelle jambe », dit-il. « Je dois y arriver. Ma mère et mon père ont besoin de mon aide. »

Et, effectivement, il a réussi. À la fin de cette première longue journée, après beaucoup d'entraînement, il est monté sur une bicyclette fixe, au centre de rééducation. Son frère perché devant lui, Mon Man a revécu les moments où ils faisaient de la bicyclette ensemble, avant l'accident.

Qu'est-ce que l'avenir réserve à Mon Man ?

Mon Man fait des progrès constants avec sa prothèse. Il va à l'école et aide sa famille à accomplir les tâches ménagères. Grâce à une organisation cambodgienne, Opérations Enfants de Battambang (OEB), qui aide à rééduquer et à scolariser les enfants victimes des mines, il a reçu des fournitures scolaires et un uniforme, ainsi qu'une bicyclette qu'il adore.

Mon Man est néanmoins loin d'être au bout de ses peines. Sa vie sera ponctuée par les visites à l'hôpital, les essayages et les séances de rééducation nécessaires pour s'adapter aux 30 nouvelles prothèses dont il aura besoin à mesure qu'il grandira et que son corps changera.

Grâce à l'Organisation des Nations Unies et à des organisations telles que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), et Opérations Enfants de Battambang, Mon Man pourra recevoir l'aide nécessaire. La menace des mines terrestres, continuera toutefois de peser sur lui et sur des millions d'enfants comme lui, dans les pays touchés, tant que toutes les mines n'auront pas été détruites.

Que pouvez-vous faire pour aider ?

Commencez par vous informer. Au Cambodge, plus de 5 millions de personnes courent le risque d'être tuées ou blessées par ces armes meurtrières, qui font également obstacle à l'activité économique et au développement. Le déminage, la destruction des stocks existants et l'interdiction de la production de mines sont le seul moyen de rétablir la sécurité.

Le Service de la lutte antimines (SLAM) coordonne l'action des organismes de l'ONU, tels que l'UNICEF et le PNUD, qui financent et gèrent les projets éducatifs destinés aux enfants et aux enseignants des écoles primaires, et qui aident également les victimes.

Visitez les sites du CICR, de Handicap International, du MAG et de Parrainez un chantier de déminage pour découvrir comment vous pouvez aider. Consultez les sites Web du Centre cambodgien
de lutte antimines (CMAC) et de Cambodia Trust
pour prendre connaissance de l'action menée, en particulier au Cambodge, et savoir comment vous pouvez aider.

D'AUTRES CHRONIQUES sur les mines antipersonnels au Cambodge : Suk Ratha et Laurence Fishburne.