Renseignez-
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Un matin de la semaine. Un groupe d'adolescents erre dans la rue, riant et traînant. Certains ont des bombes de peinture - pas pour décorer un mur voisin avec des graffitis mais pour se défoncer. C'est une manière dangereuse d'échapper à la dure réalité de leurs vies ; vies qui sont marquées par la pauvreté, la discrimination et l'exil. L'un des adolescents est Belitta - une jolie jeune indigène dont la vie est à un carrefour.
L'histoire de Belitta
Belitta est une jeune fille mince de 19 ans qui vit avec sa mère et ses deux frères à Rockhampton, une ville côtière au nord-est de l'Australie. Il y a très peu de travail à Rockhampton et sa famille s'en sort à peine. Peu de temps après le divorce de ses parents, elle a laissé tomber l'école. Elle explique que le racisme est l'une des raisons pour lesquelles elle est partie. En fait, Belitta représente un cas typique des problèmes auxquels doit faire face la jeunesse indigène.
Il existe plus de 370 millions d'autochtones à travers le monde - des peuples Inuit du Canada et de l'Arctique aux pygmées d'Afrique, des Maoris de la Nouvelle-Zélande aux aborigènes d'Australie. Propriétaires historiques de ces territoires, ils ont été déplacés et vivent marginalisés en raison de la perte de leurs terres ancestrales et de leurs droits à l'eau, de la dissolution de leur culture et de la discrimination institutionnelle. Beaucoup d'entre eux sont pris entre deux mondes : l'un traditionnel et l'autre moderne.
En l'absence d'un sens développé de leur identité et d'un solide réseau de soutien pour relier la jeunesse indigène à sa culture, il est facile de comprendre pourquoi tellement de jeunes vont à la dérive. Alors qu'elle n'a que 19 ans, Belitta est résignée. « Quelque soit l'endroit où vous allez, c'est dur pour un indigène », dit-elle. « Je rêvais quand j'étais une petite fille mais j'ai vieilli et j'ai commencé à réaliser à quoi le monde ressemble ».
Belitta passe ses journées à traîner avec son clan et ils discutent, rient, boivent de l'alcool et reniflent de la peinture. Toutefois, elle semble différente des autres et avoir une qualité spéciale que les autres n'ont pas. C'est peut-être la façon dont elle marche avec de longs pas confiants. C'est peut-être sa manière franche et directe de communiquer. Au fond d'elle-même, elle semble savoir qu'elle peut faire plus avec sa vie.
Un conseiller de l'association « Youth Trek », une organisation qui soutient les enfants indigènes en Australie, a remarqué le potentiel de Belitta. « Je pense qu'elle a le choix entre deux voies dans sa vie », dit-il, « elle peut continuer à renifler de la peinture et je ne sais pas ce qu'elle deviendra ou elle peut changer de trajectoire et suivre des cours et une formation professionnelle ». Il a donné à Belitta l'opportunité d'acquérir une certaine expérience professionnelle au sein de l'organisation, en parlant à d'autres gosses indigènes au sujet de leurs situations difficiles. Belitta a accepté et pris un rendez-vous pour un entretien d'embauche.
Belitta a senti que l'offre de l'association était une occasion pour elle de changer. Mais parfois le changement est difficile. Aller à l'entretien signifiait prendre une nouvelle route, s'éloigner de ses amis et de son style de vie habituel. Elle a hésité.
Le jour de l'entretien, elle s'est réveillée avec un oeil au beurre noir. Elle et ses amis étaient allés boire la nuit précédente et se sont retrouvés dans une bagarre. Embarrassée à cause de son oil au beurre noir, Belitta avait une excuse pour ne pas venir à l'entretien. Depuis qu'elle avait arrêté l'école, elle avait perdu l'espoir. Son histoire et les circonstances l'empêchaient de croire en elle-même et de rêver d'une vie meilleure. Secrètement, elle n'avait pas complètement baissé les bras et espérait une opportunité mais elle avait par-dessus tout peur d'échouer. Et si elle n'était pas embauchée ? Et si le travail était une voie sans issue ? Après en avoir discuté avec sa mère et avoir bien réfléchi, elle a finalement décidé d'aller à l'entretien, même avec son oeil au beurre noir et ses doutes. Et ça a payé ! Elle a obtenu une offre d'emploi et elle a commencé à travailler.
Quelle est la prochaine étape pour Belitta ?
La formation professionnelle qu'elle a reçue à « Youth Trek » a permis à Belitta de se rendre compte qu'il y avait autre chose dans la vie que de renifler de la peinture, de boire et de traîner dans les rues de Rockhampton. Récemment, elle a décidé de rejoindre son père, maire d'une communauté indigène et de finir ses études. En s'instruisant, elle a une chance de reprendre confiance et de surmonter les préjudices dont beaucoup de jeunes indigènes souffrent. Peut-être réapprendra-t-elle à rêver. Cependant, le chemin ne sera pas facile. Belitta, comme tous les indigènes, devra très probablement faire face aux stéréotypes et aux discriminations pour le reste de sa vie. C'est l'héritage que tout autochtone doit porter.
Que pouvez-vous faire ?
Informez-vous sur les problèmes et les défis des populations autochtones à travers le monde. Comme Belitta, des millions souffrent de discriminations et d'injustices semblables. L'ONU travaille de manière à promouvoir leurs droits. Le Forum permanent de l'ONU sur les questions autochtones, récemment établi, se réunit chaque année et offre aux peuples indigènes un endroit pour faire entendre leurs voix sur la scène internationale. Tous ces organes, le Forum, le Rapporteur spécial et le Groupe de travail, développent des normes pour les gouvernements qui ont des populations indigènes, combattent les abus des droits de l'homme, fournissent des conseils et intensifient la coopération internationale pour résoudre ces problèmes
L'Organisation internationale du travail (OIT)
était la première institution spécialisée des Nations Unies à traiter
les problèmes des peuples autochtones. D'autres agences telles que l'OMS,
l'ONUSIDA, le FNUAP,
l'UNESCO, le PNUD,
l'UNIFEM,
Habitat et la Banque mondiale
travaillent tous pour gérer les différents problèmes auxquels doivent
faire face les peuples autochtones. Beaucoup d'autres organismes internationaux
et nationaux travaillent également dans ce sens.
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