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Les
adolescents écossais rendent vie
au Gaélique
« J'ai
le sentiment que le gaélique nous procure l'identité d'un
peuple » Jayne McCleod, une adolescente.
Jayne
McCleod replace le dialecte antique gaélique écossais
dans les coeurs des jeunes de la région, grâce à
une combinaison d'émissions de radio et de danse traditionnelle.
Jayne vit sur l'île de Lewis au large des côtes écossaises.
Dans sa ville natale de Ness, les collines verdoyantes, le signe distinctif
des montagnes écossaises, rencontrent les vagues bleues ondulantes
de l'Océan Atlantique.
Jayne est l'une des rares personnes qui comprennent parfaitement le
gaélique, la langue la plus ancienne parlée en Ecosse.
Elle parle le gaélique à la maison avec sa famille, particulièrement
sa grand-mère, mais pas avec ses amis.
Jayne explique que le gaélique souffre d'un problème d'image
parmi la génération la plus jeune : « la plupart des
jeunes pensent que le gaélique est démodé donc
ils ne le parlent pas. C'est très regrettable ».
Passionnée par sa langue et son héritage, Jayne travaille
dur pour réintroduire le gaélique dans sa communauté.
Chaque mercredi, dans le cadre de son travail à la station de
radio locale, Jayne passe en revue les CD alternatifs rock et pop en
gaélique. Elle espère qu'employer la langue pour discuter
de sujets qui intéressent les jeunes, les poussera à trouver
la langue utile et appropriée.
Jayne croit également que la danse des Highlands est une manière
d'intéresser les jeunes aux traditions et à la culture
gaéliques. « Quand je danse je sens que je fais partie de
mon pays. Cela renforce mon lien avec la langue et la culture. Danser
est quelque chose que tout le monde peut faire », dit Jayne.
De nombreuses danses des highlands sont liées aux coutumes et
à l'histoire folklorique de l'écosse antique. Le « Old
trousers » (vieux pantalons) par exemple, vient de l'époque
où les hommes qui partaient faire la guerre ont abandonné
le kilt traditionnel pour des pantalons. La danse mime un écossais
perdant son pantalon (pendant la première partie, plus lente,
de la danse) et revenant à son kilt traditionnel et à
son tartan (pendant l'accéleration finale).
Jayne a appris la danse à l'âge de 11 ans et l'enseigne
maintenant à d'autres au centre artistique communautaire. Il
y a environ 25 élèves dans sa classe de danse hebdomadaire,
ils sont agés de trois à 12 ans. Elle exécute et
enseigne toute une variété de danses et, comme les « old
trousers », toutes les danses racontent une histoire.
Autrefois répandu en Ecosse et en Irlande, le gaélique
disparaît lentement et aujourd'hui la plupart des Ecossais parlent
anglais. Le gaélique fait partie de la famille des langues Celtes,
il est apparu en Ecosse autour du troisième siècle. Au
cours du cinquième siècle, à la fin de l'occupation
romaine de la Grande-Bretagne, le gaélique est devenu la langue
de la majorité de l'Ecosse.
La diffusion du gaélique en Ecosse a été accélérée
par des vagues d'immigration irlandaise, à travers la Manche.
Le gaélique fut longtemps la langue de la cour écossaise
et il possède l'une des plus anciennes littérature en
Europe.
Cependant, le gaélique a connu un déclin aux 19 et 20èmes
siècles. Son absence dans les écoles et dans la vie publique
l'a de plus en plus dissociée du progrès et de la vie
quotidienne.
Jayne fait partie d'un mouvement de renaissance plus large de la langue
gaélique qui a cours aujourd'hui. Depuis les années 80,
de nombreuses mesures ont été prises par les gouvernements
britannique et écossais pour préserver et favoriser la
langue et la culture gaéliques. Bien qu'elles aient un certain
effet, pour l'instant seulement 1.4 pour cent de la population écossaise
au-dessus de l'âge de trois ans peut parler, écrire et
comprendre le gaélique.
L'engagement de Jayne en faveur du gaélique se prolonge au delà
de sa maison et de sa vie active, elle prépare également
un diplôme sur la langue et la culture gaélique dans une
université de l'île. Elle a pris la décision de
rester et d'étudier à Lewis, alors que la plupart des
personnes de son âge quittent l'île quand elles finissent
l'école, parce qu'elle a pensé que rester lui serait plus
bénéfique, étant plus proche des histoires de sa
famille et de la langue qu'elle étudie. « Je n'ai pas beaucoup
voyagé » admet-elle, « je voudrais le faire à
un certain point. Mais je suis heureuse ici pour l'instant. »
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