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LA FONCTION DE SECRETAIRE GENERAL
A la fois diplomate
et personnalité engagée, fonctionnaire et chef de
l'Administration, le Secrétaire général est
l'incarnation des idéaux des Nations Unies et le porte-parole
des peuples du monde, en particulier ceux qui sont pauvres et vulnérables.
La Charte définit
le Secrétaire général comme "le plus haut
fonctionnaire de l'Organisation", chargé en cette qualité
de remplir "toutes autres fonctions dont il est chargé"
par le Conseil de sécurité, l'Assemblée générale,
le Conseil économique et social et les autres organes de
l'ONU. La Charte autorise également le Secrétaire
général à "attirer l'attention du Conseil
de sécurité sur toute affaire qui, à son avis,
pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité
internationales". Ces indications générales définissent
les pouvoirs de la fonction tout en laissant au Secrétaire
général une marge d'action considérable. Le
Secrétaire général faillirait à sa tâche
s'il ne tenait pas scrupuleusement compte des préoccupations
des pays Membres, mais il doit aussi défendre les valeurs
et l'autorité morale des Nations Unies et parler et agir
pour la paix, même au risque de contrarier ou de contredire
de temps à autre ces mêmes Etats Membres.
Cette tension
créatrice accompagne le Secrétaire général
dans son travail quotidien, lequel consiste à assister aux
sessions des organes de l'ONU, à avoir des consultations
avec les dirigeants mondiaux, des hauts représentants des
Etats et d'autres personnalités, et à voyager à
travers le monde pour rester en contact avec les populations des
Etats Membres et en prise directe sur les innombrables aspects des
problèmes internationaux dont s'occupe l'ONU. Chaque année,
le Secrétaire général présente un rapport
sur l'activité de l'Organisation, dans lequel il évalue
le travail accompli et esquisse les priorités futures.
L'un des rôles
essentiels du Secrétaire général est d'user
de ses "bons offices", c'est-à-dire de se prévaloir
de son indépendance, de son impartialité et de son
intégrité pour faire, publiquement et en privé,
des démarches propres à empêcher l'apparition,
l'aggravation ou l'extension des conflits internationaux.
Chaque Secrétaire
général définit aussi sa mission en fonction
du contexte dans lequel se situe la période de son mandat.
M. Annan, du Ghana, septième
occupant du poste, s'était fixé les priorités suivantes:
Réformes
Peu après
son entrée en fonctions, M. Annan a présenté
un vaste programme de réformes visant à aider l'ONU
à évoluer avec l'époque et à s'adapter
à l'ère nouvelle de la mondialisation.
La plupart des
réformes relevant de l'autorité du Secrétaire
général ont été menées à
bien ou engagées. Elles sont d'ordre à la fois administratif,
avec notamment un budget à croissance zéro et des
efforts rigoureux pour améliorer les pratiques de gestion,
et organisationnel, la priorité étant de permettre
à l'Organisation de répondre plus efficacement à
des sollicitations toujours plus nombreuses, notamment dans les
domaines du développement et du maintien de la paix.
La nouvelle
fonction de Vice-Secrétaire général
a été créée pour aider le Secrétaire
général à assumer les vastes responsabilités
qui lui incombent. Son premier titulaire a été Mme
Louise Fréchette, vice-ministre de la défense
nationale du Canada jusqu'à sa nomination en 1998. Mme Frechette a occupé la fonction du 2 mars 1998 au 31 mars 2006. M. Mark Malloch Brown lui a succédé et a assuré la fonction jusqu'à la fin du 2eme mandat de M. Kofi Annan.
L'Assemblée
générale, parallèlement, a poursuivi l'examen
de plusieurs questions de réforme institutionnelle relevant
de ses compétences, notamment la taille et la composition
du Conseil de sécurité, les modes de financement de
l'Organisation, et la coordination d'ensemble de son système
d'institutions spécialisées.
Afrique
Le Secrétaire
général a cherché à maintenir l'Afrique
au premier rang des préoccupations et à mobiliser
des appuis internationaux pour aider le continent à poursuivre
sur la voie de la paix et du développement. Sa démarche
est résumée dans un
rapport de 1998 intitulé "Les causes des conflits
et la promotion d'une paix et d'un développement durables
en Afrique", qui contient une série complète
de mesures "réalistes et réalisables" pour
réduire les tensions politiques et la violence aux niveaux
national et international, et pour relever les grands défis
du développement que sont la dette, la gouvernance et la
propagation de maladies comme le sida.
Opérations
de maintien de la paix
Les années
90 ont été marquées par une forte augmentation
du nombre d'opérations et d'activités de maintien
de la paix des Nations Unies et par une évolution radicale
de la nature des conflits - essentiellement la diminution du nombre
de conflits entre Etats, et la fréquence et la brutalité
croissantes des conflits internes. Les difficultés rencontrées
lors des interventions organisées pour répondre à
ces crises humanitaires complexes ont amené le Secrétaire
général à s'assurer que, lorsqu'elle est appelée
à conduire des missions de la paix, l'ONU est pleinement
équipée pour le faire, sur les plans militaire, financier
et politique.
Au-delà
des mesures contenues dans le programme de réformes, trois
importants rapports ont joué un rôle décisif.
Le premier, présenté par le Secrétaire général
en 1999 à la demande de l'Assemblée générale,
concerne les atrocités
commises contre la population musulmane de Bosnie en 1995 dans la
"zone de sécurité" de Srebrenica (A/54/549).
Le deuxième, demandé par le Secrétaire général
et rendu public en 1999, est une enquête indépendante,
conduite sous la direction de l'ancien Premier Ministre suédois
Ingvar Carlsson, sur les actions
de l'ONU pendant le génocide de 1994 au Rwanda (S/1999/1257).
Le troisième, paru en 2000, est celui du Groupe d'études
de haut niveau nommé par le Secrétaire général
et présidé par l'ancien Ministre algérien des
affaires étrangères Lakhdar Brahimi, sur les activités
de l'ONU en matière de maintien de la paix et de sécurité.
Ce dernier rapport, qui reprend en les prolongeant les conclusions
des deux précédents dans une perspective d'avenir,
adresse des recommandations très diverses au Secrétariat
et aux Etats Membres, en particulier ceux qui siègent au
Conseil de sécurité. Le Secrétaire général
a commencé à mettre en oeuvre celles qui sont de son
ressort; les autres nécessitent l'approbation et l'appui
des organes délibérants de l'ONU.
Le rapport
du millénaire : L'ONU comme catalyseur du changement
Aujourd'hui,
des acteurs de la scène mondiale ne sont plus seulement les
Etats, déclare le secrétaire général
Kofi Annan dans son rapport du millénaire intitulé
Nous les peuples : le rôle
des Nations Unies au XXle siècle : le secteur privé,
les ONG et les organismes multilatéraux collaborent de plus
en plus étroitement avec les Etats pour trouver des solutions
de consensus aux problèmes de la planète.
Ses propres
ressources étant extrêmement limitées, l'ONU
doit se garder d'usurper le rôle des autres acteurs à
l'ceuvre sur la scène mondiale. II lui faut bien plutôt
se faire le catalyseur efficace du changement et de la coordination
entre ces acteurs et stimuler une action collective à l'échelon
international. Le Secrétaire général recommande
d'agir sur les plans ci-après:
- Identifier
les principaux atouts de l'ONU. L'Organisation tire son ascendant
non pas d'un quelconque pouvoir, mais des valeurs qu'elle incarne,
de son rôle dans l'établissement puis la protection
de normes internationales, de sa capacité à sensibiliser
et mobiliser la communauté internationale, et de la confiance
qu'inspire son travail sur le terrain au service du bien-être
des populations. Elle doit exploiter ces atouts tout en s'adaptant,
notamment en réformant le Conseil de sécurité
pour qu'il puisse à la fois travailler efficacement et
jouir d'une légitimité incontestée. Elle
doit aussi développer ses liens avec des organisations
de la société civile et le secteur privé.
- Créer
des réseaux pour le changement.
L'ONU doit appuyer l'action des institutions officielles en créant
des réseaux informels rassemblant les institutions internationales,
la société civile, les acteurs du secteur privé
et les gouvernements pour la réalisation d'objectifs communs.
- Prendre
pied dans l'ère de l'électronique. L'ONU doit
mettre pleinement à profit les nouvelles technologies de
l'information pour devenir plus efficace et améliorer son
dialogue avec le reste du monde.
- Poursuivre
la révolution tranquille. L'ONU a besoin d'une réforme
structurelle et d'un consensus plus clair entre les Etats Membres
en ce qui concerne les priorités. L'Assemblée générale
doit prendre un certain nombre de décisions - par exemple
celles d'inclure des "clauses couperets" (dates-butoirs)
pour les nouveaux engagements et d'introduire un système
de budgétisation fondé sur les résultats.
Pour mieux servir les Etats Membres et leurs populations, l'ONU
doit- être "plus efficace et plus à l'écoute
des peuples du monde".
Le Rapport du
millénaire a été publié en préparation
du Sommet du millénaire de septembre 2000 - rassemblement
du plus grand nombre de chefs d'Etat et de gouvernement jamais réunis.
Lors du Sommet, tenu au Siège de l'ONU du 6 au 8 septembre
2000, les dirigeants du monde entier ont clairement défini
les grands axes suivant lesquels il faudrait orienter l'action de
l'Organisation au XXle siècle. La Déclaration du millénaire,
qu'ils ont adoptée à l'unanimité, établit
un ensemble d'objectifs concrets dont il incombe à la communauté
internationale d'assurer la réalisation pour relever le principal
défi de l'heure : faire en sorte que la mondialisation devienne
une force positive pour l'humanité tout entière.
Pacte
mondial
En 1999, au
Forum économique mondial de Davos (Suisse), le Secrétaire
général a proposé un "pacte mondial"
entre l'ONU et les entreprises. Ce pacte a pour objectif de permettre
à tous les peuples de la planète de bénéficier
des avantages de la mondialisation et d'ancrer les marchés
mondiaux à des valeurs et pratiques indispensables pour répondre
aux besoins socioéconomiques. Le Pacte mondial est basé
sur neuf grands principes, inspirés de la Déclaration
universelle des droits de l'homme, des normes fondamentales de l'Organisation
internationale du Travail en matière de droit du travail
et des Principes de Rio sur l'environnement et le développement,
auxquels souscrivent tous les gouvernements de la planète.
Le Secrétaire
général a demandé aux entreprises du secteur
privé d'adhérer à ces principes et de les traduire
dans leur pratique. Il encourage également les dirigeants
syndicaux et les représentants de la société
civile à s'associer au Pacte et à en faire une tribune
de débat sur les aspects controversés de la question
de mondialisation et du développement. Une première
réunion de représentants de ces trois secteurs s'est
tenue en 2000.
M. Annan a accompli des missions
de bons offices pour dénouer toute une série de crises,
notamment à Chypre, au Timor oriental, en Iraq, en Libye,
au Moyen-Orient, au Nigéria et au Sahara occidental.
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