Réforme des Nations Unies. Rapports et documentation de référence.
 
 

Réforme à l'ONU : Rétrospective 1997 - 2005


Systèmes et structures de gestion | Opérations hors Siège Partenariats avec les secteurs public et privé

Depuis que Kofi Annan est devenu Secrétaire général de l’ONU, la réforme de l’Organisation a toujours été un de ses premiers soucis. Au cours de ces huit années, il a proposé et mis en application nombre d’idées et de changements visant à hisser l’Organisation au plus haut niveau sur le plan des pratiques internationales – qu’il s’agisse de modifier les programmes de travail, les structures organisationnelles ou les systèmes de fonctionnement, au Siège comme hors Siège.

Une grande partie du programme de réforme a été mise en œuvre, et il faut d’ailleurs noter que toutes les mesures proposées n’avaient pas été approuvées par les États Membres. Sachant que l’Organisation a besoin de continuer de progresser, le Secrétaire général a clairement posé que 2005, qui marque son soixantième anniversaire, devait être une année de « décisions hardies ».

On trouvera ci-après un aperçu des réalisations les plus importantes à ce jour.

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Systèmes et structures de gestion

Réorganisation
Le train de réformes de 1997 comprenait un certain nombre de modifications apportées à la structure organisationnelle du Secrétariat, en particulier la création du Département des affaires économiques et sociales regroupant trois départements antérieurs et la fusion de deux programmes pour former l’Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime. Parallèlement, le Centre pour les droits de l’homme s’est fondu dans le Haut Commissariat aux droits de l’homme.

Trois nouveaux éléments de grande importance ont été mis en place pour améliorer la gestion à l’ONU. Premièrement, le poste de vice-secrétaire général a été créé en 1997 afin de renforcer les capacités de gestion au plus haut niveau. Deuxièmement, le Secrétaire général a créé son conseil de direction, qui regroupe les chefs des départements et bureaux du Secrétariat ainsi que ceux des fonds et programmes des Nations Unies. Enfin, quatre comités ont été formés pour assurer la cohérence des activités de l’Organisation dans les domaines de la paix et de la sécurité, des affaires humanitaires, du développement et des affaires économiques et sociales.

Le deuxième grand train de réformes, en 2002, consistait en une série de propositions en vue d’une profonde réorganisation des départements de l’information, d’une part, et des affaires de l’Assemblée générale et des services de conférence, de l’autre. On a pu observer depuis une nette amélioration dans le service des conférences et dans la production de documents. Neuf centres d’information des Nations Unies ont été fermés en Europe occidentale et remplacés par un centre plus moderne situé à Bruxelles.

Efficience
L’action menée pour améliorer l’efficience d’ensemble de l’Organisation a permis d’avancer sur plusieurs fronts. Environ un millier de postes restés vacants en 1996 ont été définitivement supprimés. Depuis, les effectifs sont restés assez constants. Pour l’exercice budgétaire 2004-2005, près de 1 000 rapports et activités ont été regroupés ou supprimés, et les ressources correspondantes redéployées vers des activités prioritaires. Dans son rapport de 2005, le Secrétaire général propose aux États Membres de donner leur accord pour que les mandats remontant à plus de cinq ans soient examinés de plus près.

Depuis la fin des années 90, les investissements dans l’informatique ont été largement accrus. Un des résultats bien visibles en est la disponibilité en ligne et gratuite de tous les rapports et documents officiels de l’Organisation, grâce au Système de diffusion électronique des documents. Le site Web de l’ONU offre un grand choix de documents dans de nombreuses langues, permettant de se procurer des informations et des images par des moyens multimédias; les séances publiques du Conseil de sécurité, de même que d’autres réunions importantes, sont maintenant retransmises sur le Web.

Au total, l’Organisation a réussi à « en faire plus avec moins » et à se contenter, pendant trois exercices biennaux successifs, d’une croissance nulle ou minime, même en valeur nominale, de son budget ordinaire.

Opérations de maintien ou de consolidation de la paix
Un groupe d’étude de haut niveau présidé par Lakhdar Brahimi a réalisé en 2000 une étude détaillée opérations de paix des Nations Unies, qui a débouché sur ce qu’on a appelé depuis le rapport Brahimi. Cela a eu pour effet un renforcement important des capacités de planification et de recrutement et d’affectation, ainsi que de déploiement rapide, de l’Organisation, et d’améliorer les moyens qu’elle a de tirer les enseignements des nombreuses missions déployées sur le terrain ces 15 dernières années. Parmi les améliorations concrètes, on peut citer la possibilité de se servir de « stocks stratégiques pour déploiement rapide » prépositionnés et la mise en place de capacités de formation d’agents de la police civile et de déploiement de ceux-ci dans les missions. Les opérations des Nations Unies au Timor-Leste et en Sierra Leone, qui sont généralement considérées comme des réussites, ont eu l’avantage d’être dotées d’un mandat plus précis et de meilleurs systèmes et moyens de gestion. En ce qui concerne les problèmes de discipline, le respect de la politique de tolérance zéro en matière d’exploitation et de violence sexuelles a fait l’objet d’échanges avec les États Membres, et des mesures de réforme sont en cours d’application.

Réformes financière et budgétaire
Le système budgétaire de l’ONU a été bouleversé : au lieu d’être axé sur un inventaire détaillé des moyens à mettre en œuvre et des ressources nécessaires, on définit les résultats visés et des indicateurs qui permettront de mesurer les réalisations. L’horizon de la planification à long terme a été ramené de quatre à deux ans, et un examen au niveau intergouvernemental qui faisait double emploi a été supprimé. D’autre part, le Règlement financier et les règles de gestion financières ont été mis à jour et simplifiés, dans le sens de l’autonomisation, mais aussi de la responsabilisation, des dirigeants. Dans son plus récent rapport sur les réformes, le Secrétaire général convient qu’il faudrait aller encore plus loin dans le réaménagement des processus budgétaires et des règles qui les régissent.

Achats
De grandes transformations sont intervenues dans la fonction achats depuis qu’on a commencé à les réformer, en 1999. Pour garantir une plus grande efficacité, les plans d’achats annuels sont maintenant affichés sur le site Web, ce qui, non seulement permet de diffuser une information préalable, mais aussi donne aux fournisseurs qui ne sont pas sur la liste de la Division des achats la possibilité de s’y inscrire et de participer à l’action. En outre, tous les achats prévus sont également affichés sur le site de l’ONU, où l’on peut suivre le déroulement des opérations et où on trouve aussi une information détaillée sur les marchés passés, conformément aux normes internationales.

Ces mesures, parmi d’autres, ont été sanctionnées par le National Institute of Government Purchasing des États-Unis, à la suite d’une analyse indépendante rendue mi-2005. À la suite de la révélation d’un cas de conduite répréhensible et même délictueuse de la part d’un haut fonctionnaire des achats, le Secrétaire général a ordonné un examen complet des dispositifs de contrôle interne et externe en vue de trouver de nouvelles possibilités de réforme, qui doit être terminé et auquel il doit être donné suite en 2005.

Gestion des ressources humaines
Une foule d’améliorations a été apportée ces dernières années à la façon dont l’ONU gère son personnel. Premièrement, un nouveau système en ligne de recrutement, de réaffectation et de promotion a été mis en place en 2002 afin de garantir une plus grande transparence dans la publication des vacances de poste. Les chefs de service sont maintenant habilités à sélectionner les membres de leur équipe, sous réserve de certains garde-fous. Deuxièmement, des incitations à la mobilité entre lieux d’affectation et entre activités ont été mises en place. La disponibilité des programmes de formation et d’acquisition de connaissances à l’intention de tous les fonctionnaires a été étendue. Troisièmement, un nouveau système d’évaluation et de notation des fonctionnaires a été adopté. Il est axé sur les compétences de base et les besoins en matière de perfectionnement. Enfin, plusieurs avantages pensés en fonction des besoins des fonctionnaires leur sont maintenant offerts, dans l’idée de leur permettre de mieux équilibrer leur vie professionnelle et leur vie privée et d’aligner l’ONU sur les grandes entreprises qui offrent des incitations analogues. Par exemple, un an après l’adoption de la mesure en 2003, presque 2 500 personnes avaient tiré parti des dispositions offrant une certaine souplesse dans les horaires pour permettre de mieux concilier travail et vie de famille.

Déontologie et justice interne
Début 2005, au vu des résultats d’une enquête interne auprès des fonctionnaires et pour corriger les défaillances qui avaient été signalées dans la gestion du programme Pétrole contre nourriture, le Secrétaire général a lancé une série de réformes de la gestion dans le but de responsabiliser les fonctionnaires et de faire mieux respecter les règles déontologiques. En particulier, un bureau de déontologie est en voie de création. Il s’occupera de l’application des nouvelles dispositions concernant la dénonciation de manquements et la déclaration de situation financière. Cela s’inscrira dans le prolongement de l’action menée par l’Ombudsman de l’ONU, dont le poste a été créé en 2002 pour faciliter le règlement des différends entre les fonctionnaires et l’Administration.

Pour donner suite à une récente demande de l’Assemblée générale, le Secrétaire général est en train de former un groupe multidisciplinaire chargé de se pencher sur le système actuel de justice interne et de l’analyser sous tous ses aspects.

Amélioration de la sécurité du personnel
Face à une forte montée des menaces pesant sur le personnel des Nations Unies, les dispositions relatives à la sécurité des fonctionnaires ont été passées en revue, d’abord en 2000 puis en 2003, à la suite de la perte tragique de 22 d’entre eux à Bagdad.

Fin 2004, le Secrétaire général a préconisé une refonte complète du système de sécurité des Nations Unies. Il a notamment demandé une augmentation substantielle des ressources consacrées à la protection du personnel et fait des propositions visant à préciser et à renforcer les lignes hiérarchiques. Par la suite, un Département de la sûreté et de la sécurité a été créé, et des fonctions précédemment exercées par différents services y ont été regroupés. Ce département est maintenant mieux à même de donner rapidement des conseils de professionnel sur les questions touchant à la sécurité, notamment grâce à une évaluation plus poussée des menaces et des risques. Il est chargé de la sécurité d’une centaine de milliers de fonctionnaires de tous les organismes des Nations Unies, ainsi que de leurs 300 000 personnes à charge; nombre de ces personnes se trouvent dans des lieux en situation de crise ou d’après conflit, avec les risques que cela comporte.

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Opérations hors Siège

Équipes de pays des Nations Unies
Depuis que le Secrétaire général a pris ses fonctions en 1997, des mesures ont été prises pour commencer à regrouper les bureaux hors Siège qui forment le vaste réseau des Nations Unies. Il a donné son accord pour que le rôle des coordonnateurs résidents des Nations Unies soit renforcé, afin de faire en sorte que les équipes des Nations Unies présentes dans plus de 134 pays réalisent le plus possible d’économies, partagent des ressources et préparent et coordonnent leurs activités d’une manière plus intégrée.

Ainsi, il y a maintenant une grosse soixantaine de Maisons des Nations Unies dans le monde en développement, et des économies considérables sont réalisées grâce à ces opérations de concentration.

Le Groupe des Nations Unies pour le développement (GNUD) réunit les organismes des Nations Unies ayant des activités opérationnelles de développement, dans le but d’élaborer des politiques communes en matière de planification et des outils et stratégies de maîtrise des dépenses.

L’adoption des objectifs du Millénaire pour le développement, ces cibles assorties de délais concernant la lutte contre la pauvreté, les maladies, la faim, l’illettrisme et la discrimination sexuelle, a aidé le GNUD à formuler, en collaboration avec les États Membres, des orientations plus cohérentes en matière de développement.

Droits de l'homme
Au début du premier mandat du Secrétaire général, il y a eu un mouvement vers l’intégration du souci des droits de l’homme, particulièrement dans les activités de maintien de la paix et de développement de l’Organisation. Le Haut Commissariat aux droits de l’homme a ouvert plusieurs sous-bureaux sur le terrain, afin de renforcer ses capacités d’intervention. Les pays reçoivent maintenant une aide accrue pour bâtir des institutions de protection des droits de l’homme et pour se conformer à leurs obligations conventionnelles. D’autre part, le Secrétaire général a nommé un Conseiller spécial pour la prévention du génocide et demandé instamment au Conseil de sécurité de veiller à ce que les civils soient convenablement protégés dans les conflits armés. Dans son plan de réformes de 2005, il propose de renforcer encore le Haut Commissariat.

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Partenariat avec les secteurs public et privé

Former des alliances avec la société civile et le secteur privé
En 1997, le Secrétaire général a lancé le Pacte mondial, mettant les entreprises au défi de s’acquitter de leurs responsabilités de citoyennes du monde. Depuis, près de 2 000 entreprises et dirigeants d’organisations connues de la société civile et de syndicats se sont ralliés au Pacte. Celui-ci a permis d’améliorer les échanges entre la société civile et le secteur privé, de susciter des initiatives en faveur de la responsabilisation sociale des entreprises et d’ouvrir de nouvelles perspectives sur le rôle de l’entreprise dans les pays en développement.

En outre, la société civile a maintenant davantage d’occasions de participer au processus consultatif des Nations Unies. Par exemple, le Conseil de sécurité peut recueillir directement les témoignages d’organisations non gouvernementales. De même, en 2000, des organismes des Nations Unies ont conclu avec les plus grands laboratoires pharmaceutiques un accord visant à rendre les médicaments antirétroviraux contre le sida plus abordables financièrement et plus disponibles dans les pays en développement frappés par l’épidémie. Un groupe présidé par l’ex-Président Cardoso du Brésil a formulé plusieurs propositions visant à resserrer les liens entre les Nations Unies et la société civile. Concrètement, l’Assemblée générale a inauguré la pratique d’auditions informelles pour la société civile, qui ont eu lieu pour la première fois en juin 2005 dans le cadre des activités préliminaires conduisant au Sommet.

Le Secrétaire général a créé le Fonds des Nations Unies pour les partenariats internationaux, qui a expressément pour mission de renforcer les partenariats entre les secteurs public et privé et qui a été chargé de susciter et d’examiner des possibilités de projets conjoints entre le système des Nations Unies et la Fondation pour les Nations Unies, celle-ci étant chargée d’administrer le don de 1 milliard de dollars qui a été fait pour soutenir les causes que défendent les Nations Unies.

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