Chronique ONU

Un lien de réflexion éthique
Par Sacha Goldman

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L'article
Étant donné le contexte mondial de plus en plus périlleux, le Collegium international éthique, politique et scientifique s'engage à répondre avec intelligence et fermeté aux défis importants auxquels fait face l'humanité. Un Appel pour la création du Collegium a été rendu public en février 2002 à New York, et sa composition a été officialisée le 2 avril 2003 devant le Parlement Européen, à Bruxelles. Contrairement aux autres groupes de haut niveau, les membres et les membres associés du Collegium, signataires de l'Appel, sont des scientifiques, des philosophes et des chefs d'État et de gouvernement, anciens et en exercice, reconnus par leur probité, leur expertise et leur attachement indiscutable aux valeurs éthiques.

Coprésidé par Michel Rocard, ancien Premier ministre de la France et Milan Kucan, président de la République de Slovénie lors de sa création, le Collegium compte parmi ses membres fondateurs les Présidents du Brésil, Henrique Cardoso, et du Mali, Alpha Oumar Konaré; Ruth Dreifuss, ancienne conseillère fédérale de la Suisse; les philosophes Edgar Morin et Jürgen Habermas; Benjamin Barber, politologue; Mireille Delmas-Marty, professeur de droit international; Mary Robinson, ancienne présidente de l'Irlande et Haut-Commissaire aux droits de l'homme; les lauréats du prix Nobel Joseph Stiglitz et Armartya Sen ainsi que Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France auprès des Nations Unies, déjà présent lors de la création de l'Organisation.

Depuis ses débuts, le réseau du Collegium a élargi son champ d'action. Le caractère mondial des problèmes actuels exige un renforcement du rôle des organisations internationales, en tenant compte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Pour répondre à ces défis fondamentaux, le Collegium a élaboré une Déclaration d'interdépendance par laquelle il s'engage à contribuer activement à la recherche de solutions aux défis étiques et juridiques auxquels fait face la société contemporaine.

Lors des réunions du Collegium à New York, en automne 2003, le Mémorandum sur le rôle des Nations Unies a été officiellement présenté au Secrétaire général, Kofi Annan, et communiqué aux États Membres pendant la session de l'Assemblée générale. Ils ont par la suite établi un contact avec le Collegium et assisté aux réunions. Conformément à ses objectifs - tels qu'ils sont énoncés dans l'Appel, dans la Déclaration d'interdépendance et le Mémorandum - le Collegium International entreprend actuellement une série d'études qui seront développées lors de la prochaine réunion plénière, qui aura lieu en 2004. Les quatre sujets principaux sont les suivants:
  • Le principe de précaution et la prise de conscience envers l'environnement. Les difficultés pour appliquer un principe de précaution proviennent du fait que la précaution, aussi bien que la prudence, ne peuvent être gouvernées par un principe. Il s'autodétruit en tant que principe car, érigé pour permettre la prévention des catastrophes pour lesquelles les risques non évalués ne peuvent être que matière à conjecture, sa mise en ouvre devrait être concomitante avec un risque du même genre. Voici deux exemples pour illustrer ce fait : les changements climatiques prédits pour les prochaines cinquante années et la question des OGM. Plus généralement les problèmes des sciences et des technologies seraient traités au cas par cas, comme le clonage reproductif, les bio-nanotechnologies et les nouvelles technologies de l'information et de la communication.


  • Les biens publics mondiaux. La protection d'un certain nombre de biens communs aussi divers que le climat, l'eau, l'air ou la biodiversité, est loin d'être une priorité pour les entreprises privées ou les Gouvernements. Elle appelle donc un nouveau multilatéralisme impliquant non seulement les acteurs gouvernementaux mais aussi les entreprises, les collectivités territoriales et les ONG.


  • La fracture numérique et la responsabilité collective. Le domaine essentiel des médias et de la société mondiale de l'information sont confrontés à une fracture de plus en plus marquée entre les sociétés techniquement avancées d'une part, et les groupements sociaux manquant de tout accès à l'information de l'autre. Ce dérèglement menace l'humanité de l'intérieur et doit être considérée de la même manière que la menace posée par l'humanité à l'environnement.


  • La gouvernance mondiale. La communauté internationale est dotée d'un instrument unique pour assurer la gouvernance mondiale : les Nations Unies. Le problème des états en situation d'échec ou défaillants est une menace pour la stabilité internationale. La construction (ou la reconstruction) des nations n'est qu'une des priorités pour ceux qui cherchent un ordre mondial dans la paix et la justice. La communauté internationale possède un outil unique pour la gouvernance mondiale : l'Organisation des Nations Unies. Une réforme qui aboutirait à une plate-forme authentique pour la gouvernance mondiale ferait que l'Organisation des Nations Unies soit non seulement pertinente, mais aussi indispensable à la restructuration mondiale.


  • L'initiative du Collegium fait appel à ses membres pour assurer son fonctionnement logistique et son évolution générale. L'objectif et les principales lignes d'action seront définis dans les mois à venir. Il existe un potentiel considérable dans ce domaine, considérant que la société civile se rassemble à travers un réseau important et élaboré. Il semble essentiel de donner la même importance aux droits économiques, culturels et sociaux qu'aux droits civils et politiques et qu'ils soient mis en ouvre. La responsabilité politique est cruciale, car la plupart des conventions ont le plus souvent été ratifiées qu'appliquées. L'intention n'est pas d'assujettir le Collegium aux contraintes du fonctionnement bureaucratique ni au fonctionnement pragmatique d'une entreprise. Notre organisation n'est pas un centre de réflexion (think-tank) mais plutôt un lien de réflexion (think-link) entre les instances institutionnelles et la société dans son ensemble.
    Sacha Goldman est secrétaire général du Collège international.
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