Chronique ONU

Le rôle du Kazakhstan pour améliorer la machine de l'ONU
Par Yerzhan Kh. Kazykhanov

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L'article
Alors qu'ils entrent dans le XXIe siècle, les Kazakhs ont le droit d'être fiers de la stabilité politique de leur pays ainsi que de l'harmonie entre les ethnies et les religions, qui sont ses plus grands accomplissements. La stabilité de la société et les réalisations économiques et sociales sont des éléments importants qui contribuent au renforcement de l'État et à sa reconnaissance en tant que membre à part entière de la communauté internationale.

Depuis son indépendance, le 16 décembre 1991, le Kazakhstan a construit une société démocratique dans laquelle les droits de l'homme sont une priorité. Il s'est engagé à entreprendre des réformes de marché socialement orientées, à promouvoir les principes de démocratie et la prévention des droits de l'homme. Son objectif politique est de mettre en place un État de droit fondé sur la primauté du droit international et le soutien de l'État ainsi que sur le développement libre de systèmes sociaux et institutionnels de protection des droits de l'homme.

Le Kazakhstan est devenu membre des Nations Unies le 2 mars 1992 et, depuis, a trouvé sa place au sein de la communauté internationale. En tant qu'organisation universelle et faisant autorité, les Nations Unies doivent être l'instrument privilégié pour traiter des questions internationales essentielles et devraient continuer à jouer un rôle de coordination indispensable dans toutes les affaires mondiales. La situation mondiale actuelle nécessite des efforts importants afin d'améliorer la machine onusienne et de l'adapter aux nouvelles réalités. Pour répondre efficacement aux nouveaux défis, les États Membres ont besoin d'une institution multilatérale forte et efficace. La réforme de l'ONU doit être complète et comprendre tous ses organes principaux.

Le gouvernement du Kazakhstan a appuyé la proposition du Secrétaire général de l'ONU d'établir un groupe d'étude de haut niveau pour examiner le fonctionnement du système de l'ONU. Notre délégation a activement participé aux consultations informelles ouvertes concernant la revitalisation des travaux de l'Assemblée générale pendant sa cinquante-huitième session et adopté une résolution importante qui prévoit le renforcement du rôle de l'Assemblée, l'amélioration de ses méthodes de travail, la rationalisation de son ordre du jour et le renforcement de la fonction du Président.

Les conditions qui ont déterminé la composition et les procédures du Conseil de sécurité ont considérablement changé. Sa réforme fait partie des engagements pris par les leaders mondiaux pendant le Sommet du Millénaire. Le Kazakhstan s'est fermement engagé à renforcer cet organe majeur de l'ONU chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Nous avons favorablement accueilli la décision du Président Julian Hunte de reprendre les travaux du groupe de travail, ce qui pourrait permettre une reprise du processus de négociations destiné à mettre en place un ensemble d'accords sur la réforme du Conseil.

L'Afghanistan continue de poser une menace sérieuse pour la paix et la stabilité en Asie centrale. Le Kazakhstan a lancé un appel à un règlement rapide de la situation dans ce pays et, avec l'ouverture de sa mission diplomatique à Kaboul, il y a deux ans, a pu participer plus efficacement aux activités politiques et économiques menées pour reconstruire la société afghane. Il collabore avec la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan et les organisations internationales en vue d'un règlement de la situation dans le pays. Le Kazakhstan a coparrainé une résolution, adoptée en 2003, sur l'importance d'une assistance internationale pour garantir la paix et la sécurité, permettre un retour à la normale et développer l'économie afin d'améliorer la vie des Afghans. Cette résolution reflète l'engagement des États Membres vis-à-vis du processus de Bonn en 2001 visant à reconstruire l'Afghanistan.

Même si la situation politique est un peu plus stable en Afghanistan, le Kazakhstan est préoccupé par la production et le trafic de drogues illégales dans le pays qui, malheureusement, continue d'être la source d'approvisionnement principale vers les marchés internationaux. En 2003, la production d'opium a retrouvé son niveau des années 1990 et son transit dans les pays d'Asie centrale a augmenté. Le Kazakhstan a souligné la nécessité d'établir des mécanismes mixtes afin de réduire le trafic de la drogue en Afghanistan et d'allouer des ressources adéquates afin de mettre en ouvre des projets et des programmes pour lutter contre la distribution de la drogue. Une approche complète, fondée sur une stratégie internationale intégrée, coordonnée par les Nations Unies, est nécessaire pour aborder efficacement ce problème. Nous considérons que les Nations Unies devraient accorder une plus grande attention à la mise en ouvre de programmes destinés à lutter contre le trafic de la drogue.

La communauté internationale devrait effectuer un examen constant des efforts continus menés pour éliminer les groupes terroristes en Afghanistan. Le Kazakhstan s'est joint aux efforts afin de traiter ces menaces et ces défis mondiaux et soutient les efforts de l'ONU visant à combattre le terrorisme international. Conformément à la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité, le Kazakhstan a pris des mesures efficaces dans ce domaine en établissant un mécanisme national destiné à supprimer le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.

Il a ratifié les Conventions internationales sur la répression du financement du terrorisme et sur la répression des attentats terroristes à l'explosif. Il encourage le Comité contre le terrorisme de l'ONU, dont le vaste mandat inclut la coopération internationale, la création d'un bureau exécutif interne et d'une législation nationale afin de renforcer sa coopération avec les organisations internationales et régionales. Il attache également une grande importance à créer une convention internationale sur la répression des actes de terrorisme nucléaire et une convention complète sur le terrorisme international. Nous ne pouvons sous-estimer la nécessité de ces instruments juridiques et devons renforcer nos efforts pour faire face de manière efficace à cette menace mondiale.

Les efforts du Kazakhstan destinés à créer un système de sécurité efficace en Asie sont indéniables. La Conférence sur l'interaction et les mesures d'établissement de la confiance en Asie, lancée par le Président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbaev, fournit une coopération active entre les États régionaux dans le combat contre le terrorisme international. Nous avons proposé une initiative sur l'établissement d'un centre régional de diplomatie préventive et de gestion des conflits dans le pays, ce qui renforcera l'activité de l'ONU en Asie centrale.

La prolifération des armes de destruction massive demeure un des plus importants défis à la paix et à la sécurité internationales. Le Kazakhstan préconise un renforcement de l'application des régimes de non-prolifération existants et considère que les accords internationaux actuels dans ce domaine devraient être adaptés aux nouvelles réalités. Le système de l'ONU devrait jouer un rôle vital en renforçant le contrôle des armes nucléaires ainsi que les régimes de non-prolifération et devrait améliorer la transparence dans le développement et les essais de ces armes.

Comprenant l'ancien site d'essais nucléaires de Semipalatinsk, le Kazakhstan a une expérience de première main des conséquences de ces essais. C'est pourquoi il demande d'anticiper l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction complète des essais d'armes nucléaires (CTBT), étant donné que le moratoire sur les explosions d'armes nucléaires constitue une base pour la non-prolifération des armes nucléaires, le contrôles des armements et le désarmement. Il soutient fermement les efforts de l'Agence internationale de l'énergie atomique visant à assurer la sécurité nucléaire mondiale et a signé le Protocole facultatif aux accords de garanties en relation avec ce Traité de non-prolifération des armes nucléaires. En qualité de pays ayant volontairement renoncé à son héritage nucléaire et comptant le quatrième plus grand arsenal nucléaire dans le monde, le Kazakhstan participe activement aux négociations visant à établir une zone exempte d'armes nucléaires en Asie centrale.

La communauté internationale doit adopter des mesures coordonnées afin de prévenir et de réduire la propagation excessive et incontrôlée des armes de petit calibre, qui sapent les efforts menés pour assurer une sécurité indivisible et totale.

Le Kazakhstan, en collaboration avec l'ONU et le Japon, accueillera à Almaty, du 16 au 18 mars 2004, la Conférence internationale sur les armes légères et de petit calibre en Asie centrale. La Conférence examinera les besoins des États participants concernant la mise en ouvre du Programme d'action des Nations Unies pour prévenir, combattre et éradiquer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects. Le Kazakhstan soutient les efforts de l'ONU visant à renforcer ses capacités de maintien de la paix. En octobre 2003, il a signé un Mémorandum d'accord avec l'ONU concernant sa contribution au système des activités préparatoires des Nations Unies. Il s'est engagé à remplir ses obligations en matière de maintien de la paix et continue de prendre les mesures nécessaires pour renforcer la capacité de maintien de la paix de l'ONU.

En août 2003, le Kazakhstan a accueilli la Conférence ministérielle internationale sur la coopération en matière de transport en transit, ce qui a directement contribué à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Une résolution, adoptée en 2003, demande la mise en ouvre complète et efficace du Programme d'action d'Almaty concernant les besoins spéciaux des pays en développement sans littoral. L'initiative sur l'établissement par l'ONU d'un registre des problèmes écologiques, lancée par le Président du Kazakhstan, est tout à fait pertinente. Le Kazakhstan, comme d'autres pays d'Asie centrale participant au Fonds international pour la mer d'Aral, exhorte la communauté internationale à fournir une assistance plus efficace dans la région touchée par la biais des voies multilatérales et bilatérales. Nous soutenons les efforts du système de l'ONU menés pour améliorer la situation sociale, économique et environnementale dans la région, mais pensons qu'ils ne sont pas adéquats. Notre pays s'est félicité des résultats du Forum international de l'eau qui s'est tenu à Dushanbe en 2003 dans le cadre de l'Année internationale de l'eau. Les décisions adoptées contribuent à la réalisation des objectifs fixés durant le Sommet du millénaire et le Sommet du développement durable.

Le Kazakhstan a également participé aux efforts internationaux menés pour établir et promouvoir un dialogue parmi les civilisations et les cultures. État connu pour son esprit de tolérance religieuse et d'harmonie entre les ethnies, il a accueilli le premier Congrès des religions mondiales et traditionnelles en septembre 2003 où les leaders spirituels ont reconnu la nécessité de poursuivre un dialogue constructif entre les religions.

En décembre 2003, le Président Nazarbaev a signé un décret sur l'accession du Kazakhstan aux Pactes internationaux relatif aux droits civils et politiques ainsi qu'aux droits économiques, sociaux et culturels. L'accession aux instruments des droits de l'homme de l'ONU s'inscrit dans une démarche visant à instaurer une société qui garantit le respect des droits de l'homme et les libertés fondamentales, quels que soient le sexe, l'ethnie ou la religion.
Biographie
Yerzhan Kh. Kazykhanov est le représentant permanent du Kazakhstan auprès des Nations Unies. Il a été directeur du Département de la coopération multilatérale et chef de protocole au ministère des Affaires étrangères ainsi que conseiller à la mission permanente auprès de l'ONU de 1995 à 2000.
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