Chronique ONU

Les maladies infectieuses
Le paludisme en Afrique aujourd'hui
Compilation par Erika Reinhardt, pour la Chronique

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L'article
Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique et plus d'un million chaque année. Selon le Rapport sur le paludisme en Afrique - 2003, la maladie continue de faire de nombreuses victimes parmi les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes vivant dans les pays au sud du Sahara.

Les nouvelles analyses confirment que le paludisme est la cause principale d'au moins un cinquième des décès des jeunes enfants dans la région. Dans les pays d'endémie, un tiers des consultations dans les dispensaires et au moins un quart des hospitalisations sont dus au paludisme. Le nombre d'enfants victimes de la maladie a augmenté de manière considérable en Afrique orientale et australe pendant la première moitié des années 1990, par rapport aux années 1980.

Le Sommet 2002 pour faire reculer le paludisme, qui s'est tenu à Abuja, au Nigeria, a approuvé des interventions relativement abordables et efficaces déjà disponibles, comme les moustiquaires imprégnées d'insecticides qui se sont avérées efficaces dans la réduction de la mortalité des jeunes enfants. L'utilisation de ces moustiquaires permettent de prévenir la maladie, ce qui est particulièrement important en raison de la résistance des parasites aux médicaments. Davantage d'enfants dorment désormais sous des moustiquaires, et on utilise beaucoup plus de moustiquaires en Afrique qu'auparavant.

Leur prix a considérablement baissé en raison d'une demande plus importante, d'une plus grande concurrence entre les fabricants, et de la réduction des taxes et des tarifs douaniers qui a été instituée par un grand nombre de pays africains après le Sommet. Actuellement, il y a au moins cinq grandes entreprises africaines qui fabriquent des moustiquaires et la majorité des pays d'endémie de la région ont à présent des programmes actifs pour promouvoir l'utilisation des moustiquaires traitées. Cependant, le prix des moustiquaires et les insecticides restent encore trop élevés pour les plus pauvres. Des efforts importants sont réalisés dans au moins cinq pays pour fournir des moustiquaires aux jeunes enfants et aux femmes enceintes.

Le 26 septembre 2003, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Acumen Fund ont annoncé une percée technologique qui permet de traiter les moustiquaires qui ne requièrent pas de traitement supplémentaire pendant une période de quatre à cinq ans. Mises au point par des chercheurs japonais, ces moustiquaires sont à longue durée d'action. Avant d'être produites par A-Z Textile Mills en Tanzanie, les moustiquaires n'étaient fabriquées qu'en Asie de l'Est. Leur fabrication en Afrique augmentera leur disponibilité et renforcera le développement de l'industrie. Même si le coût initial de ces moustiquaires est plus élevé que les autres, elles coûtent moins cher qu'un traitement annuel.

L'Acumen Fund, l'OMS et l'UNICEF ont lancé un appel aux producteurs et aux distributeurs africains afin de fabriquer des moustiquaires de qualité, à des prix abordables.

« Nous envisageons, dans quelques années, de fournir une gamme de moustiquaires prétraitées à longue durée d'action fabriquées au niveau local et produites en Afrique », a déclaré le docteur Lee Jong-Wook, directeur général de l'OMS. « Faire en sorte que ces moustiquaires soient fournies à ceux qui en ont besoin contribuera de manière significative à contrôler d'une manière durable cette maladie qui est la cause première des décès chez les enfants. » En outre, nombre de pays africains ont récemment reçu des fonds du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour acheter des moustiquaires à longue durée.

Selon le Rapport sur le paludisme en Afrique, dans la plupart des pays, la chloroquine, le médicament antipaludique le plus répandu, a perdu son efficacité clinique. De plus, on a signalé une résistance à la sulfadoxine-puriméthamine, le médicament de remplacement le plus courant. Au cours des dernières années, treize pays ont modifié leurs directives nationales qui préconisent à présent le recours à des traitements antipaludiques plus efficaces. Pour remplacer les monothérapies inopérantes, l'OMS recommande une association médicamenteuse à base d'artémisinine (ACT) qui permet de retarder l'apparition de résistance. Toutefois, son utilisation est encore limitée du fait de son coût élevé et du manque d'expérience opérationnelle. Quatre pays ont adopté les ACT comme traitements de première intention.

D'après des enquêtes par sondage, près de la moitié de tous les enfants de moins de cinq ans qui ont de la fièvre sont traités avec un médicament antipaludique, mais les médicaments qui leur sont administrés sont périmés, sont pris trop tard ou la dose n'est pas correcte. Des études récentes indiquent qu'une prise en charge à domicile, étayée par une information publique et un conditionnement unidose pour faire en sorte que les malades prennent toutes les doses, peut permettre de réduire la mortalité infantile. Avec l'appui des initiatives communautaires et l'engagement des vendeurs de médicaments et des laboratoires pharmaceutiques, un grand nombre de pays s'attachent à ce que les traitements soient facilement accessibles.

Selon le Rapport, les effets du paludisme sur les femmes enceintes et les nouveau-nés peuvent être considérablement réduits en ayant recours au « traitement préventif intermittent » (TPI) recommandé. Cette stratégie prévoit que les dispensaires de soins prénatals administrent au moins à deux reprises un antipaludique efficace à toutes les femmes enceintes vivant dans les régions à risque, qu'elles soient ou non infectées. Près de deux tiers des femmes enceintes en Afrique subsaharienne se rendent dans les dispensaires de soins prénatals. À présent partie intégrante de l'initiative de l'OMS « Pour une grossesse à moindre risque », le TPI a été adopté par six pays pour remplacer la chimioprophylaxie, la majorité des autres pays de la région revoyant leur politique pour la modifier dans ce sens. La prévention et la gestion de la maladie pendant la grossesse nécessitent la combinaison du TPI, le soutien de l'utilisation des moustiquaires prétraitées et de l'accès rapide à un traitement efficace. Cinq pays de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe ont récemment formé une coalition pour réduire les effets du paludisme sur les femmes enceintes grâce à ces mesures.
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