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Flambée de grippe aviaire en Asie
Compilation par Erika Reinhardt, pour la Chronique

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L'article
Dans plusieurs pays, les flambées de grippe aviaire hautement pathogène survenues en Asie ont alarmé les autorités sanitaires qui craignent que le virus ne se propage chez l'homme et provoque une épidémie. La première flambée du virus grippal aviaire H5N1 a été confirmée, le 12 décembre 2003, en République de Corée. Au 25 février 2004, le Cambodge, la Chine, l'Indonésie, le Japon, la République démocratique populaire Lao, la Thaïlande et le Viet Nam étaient touchés. Hong Kong a également signalé qu'un faucon pèlerin, trouvé mort, était porteur du virus. C'est la première fois que survient une flambée de cette ampleur dont les conséquences économiques sont désastreuses pour le secteur agricole. Les résultats de laboratoire, reçus le 11 janvier, ont confirmé la présence du virus grippal dans des échantillons prélevés chez l'homme. Ces prélèvements ont été effectués sur deux enfants et un adulte hospitalisés à Hanoï pour une grave affection respiratoire. Le 27 février, 23 cas étaient confirmés en laboratoire au Viet Nam, dont 15 mortels. En Thaïlande, 7 des 10 cas confirmés ont été mortels. Aucun cas n'a été signalé en Chine.

Le 30 janvier, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a souligné que le succès de l'éradication de la grippe aviaire dans les pays touchés dépend de l'abattage massif. « Nous sommes toutefois préoccupés, car l'abattage massif ne se déroule pas aussi rapidement que l'exige l'urgence afin de circonscrire le virus H5N1 dans la région. Le problème de la compensation est capital. Tant que les petits exploitants, notamment dans les pays pauvres, n'auront pas reçu de compensation financière pour l'abattage de leurs poulets, ils hésiteront à appliquer rigoureusement les mesures d'urgence », a précisé Hans Wagner, responsable du Service de la production et de la santé animale de la FAO. Les pays pauvres en particulier ont besoin d'une aide financière extérieure et de conseils pour faire face à la situation. Au 25 février, plus de 25 millions de volatiles ont été abattus dans le cadre de la campagne contre la grippe du poulet.

Les 3 et 4 février, les experts vétérinaires ont recommandé une campagne de vaccination ciblée des volailles pour enrayer l'épidémie de grippe aviaire, ce qui pourrait éviter l'abattage massif des volailles en dehors des zones contaminées et épargner des pertes considérables aux économies nationales et aux moyens d'existence des ménages ruraux. « L'abattage des animaux infectés constitue la méthode recommandée dès lors que la maladie est détectée. La vaccination, lorsqu'elle est utilisée avec d'autres mesures de contrôle telles que la surveillance des marchés, les mouvements d'animaux et les bonnes pratiques agricoles, représente un moyen convenable d'appui à l'élimination du danger de propagation du virus », a affirmé Jospeh Domenech, responsable du Service de santé animale de la FAO.

Selon les experts, une vaccination ciblée aiderait à réduire la concentration du virus dans l'environnement et le risque de transmission à l'homme. Les recommandations des experts incluent la nécessité d'une aide financière internationale substantielle pour financer les mesures de contrôle requises, notamment des équipements de protection et l'élaboration de directives à l'usage des pays ainsi que des programmes de coordination au niveau régional.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque cas de transmission d'un virus grippal aviaire à l'homme nécessite de renforcer la vigilance et la surveillance. Les virus grippaux sont très instables. La circulation simultanée de virus animaux très pathogènes et de virus humains pourrait donner lieu à l'échange de matériel génétique entre des virus affectant des espèces différentes et aboutir ainsi à l'apparition d'un nouveau virus grippal contre lequel l'homme n'aurait que peu ou pas d'immunité protectrice. Les études de laboratoire ont démontré que les isolats de ce virus sont hautement pathogènes et qu'ils peuvent être à l'origine de graves maladies chez l'homme. Les oiseaux qui survivent à cette infection, excrètent le virus pendant 10 jours au moins, ce qui facilite sa propagation sur les marchés de volailles vivantes et par les oiseaux migrateurs et augmente les possibilités d'infection directe de l'homme. Si le nombre des cas d'infection humaine augmente dans le temps, la probabilité s'accroît aussi que des personnes, infectées simultanément par des souches humaines et aviaires, servent de « creuset » pour l'apparition d'un nouveau sous-type ayant suffisamment de gènes provenant du virus humain pour avoir la possibilité de se transmettre facilement d'une personne à l'autre. Cela marquerait alors le début d'une pandémie. L'endiguement des risques pour la santé publique dépend, pour réussir, de l'OMS, de son Réseau mondial de surveillance de la grippe et d'autres organismes internationaux, ainsi que des moyens en épidémiologie, des laboratoires et des systèmes de surveillance déjà en place dont disposent les pays touchés.


Qu'est-ce que la grippe aviaire ?

La grippe aviaire ou la « grippe du poulet » est une maladie infectieuse des oiseaux provoquée par une souche A du virus grippal (H5N1). Elle peut avoir des symptômes très variés, allant d'une forme bénigne à une maladie très contagieuse et rapidement mortelle qui provoque de graves épidémies. On parle alors de grippe aviaire hautement pathogène, qui se caractérise par une apparition brutale, de graves symptômes et une évolution rapide vers la mort, le taux de mortalité pouvant avoisiner les 100 %. Les virus n'infectent pas normalement d'autres espèces que les oiseaux et les porcs. Ce virus est particulièrement inquiétant car il mute rapidement et a une propension avérée à acquérir les gènes des virus infectant d'autres espèces.

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