Chronique ONU

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Partenariat pour améliorer la sécurité humaine
Par le Groupe de travail d'ONG sur les femmes, la paix et la sécurité

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L'article
Comment « la sécurité humaine » s'inscrit-elle dans les travaux du Conseil de sécurité ? Comment s'assurer que les résolutions destinées à protéger ceux qui sont le plus touchés dans les conflits violents - les femmes, les enfants et la population civile - sont appliquées de manière systématique par le Conseil ?

Le 27 janvier, les membres du Conseil ont participé à la Rockefeller Foundation à une table ronde intitulée « Vers la paix internationale et la sécurité humaine : faire avancer la prévention, la participation et la protection dans les travaux du Conseil de sécurité ». Parrainée par le groupe de travail d'ONG sur les femmes, la paix et la sécurité et les missions permanentes du Canada, du Chili et du Royaume-uni auprès des Nations Unies, la table ronde a réuni 13 membres du Conseil et 5 membres sortants, des responsables de l'ONU et des représentants de la société civile qui ont abordé ces questions au cours d'une discussion de trois heures. Ils ont examiné comment renforcer la prévention des conflits, la participation des femmes dans la construction de la paix et la protection des civils dans tous les travaux du Conseil. Ils ont cherché comment aller au-delà de la mise en ouvre des résolutions thématiques pour mettre en place des mesures qui renforcent, systématisent et institutionnalisent leur pleine application.

Pour la première fois, les membres du Conseil, des responsables de l'ONU et des organisations non gouvernementales (ONG) étaient assis à la même table, sur un pied d'égalité, pour examiner le nouveau cadre conceptuel connu sous le nom des « trois P » - prévention, participation et protection.

Ils ont pris comme base de discussion cinq résolutions où le Conseil est exhorté à intégrer les « trois P » dans toutes ses travaux:
  • les résolutions 1265 (1999) et 1296 (2000) sur la protection des civils dans les conflits armés;


  • la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité;


  • la résolution 1366 (2001) sur le rôle du Conseil de sécurité dans la prévention des conflits armés; et


  • la résolution 1460 (2003) sur les enfants et les conflits armés.


  • Les participants, divisés en quatre groupes composés chacun de représentants du Conseil de sécurité, d'institutions de l'ONU et d'ONG, ont discuté des actions menées par le Conseil de sécurité jusqu'à ce jour pour mettre en ouvre ces résolutions dans les régions touchées par les conflits, et ont également cherché comment améliorer leur mise en ouvre. Le thème du partenariat est souvent revenu durant les débats. Il a été noté que les sponsors de la table ronde - trois gouvernements, un groupe rassemblant six ONG et deux organisations, International Peace Academy et Women Waging Peace, représentaient cet esprit de collaboration. S'exprimant au nom du Groupe de travail des ONG, Isha Dyfan, s'est expliqué : « Prévenir le fléau de la guerre est une tâche dont est chargé le Conseil de sécurité. Mais il ne peut s'en acquitter seul. Nous devons tous coopérer. »

    De même, l'ambassadeur du Chili, Heraldo Muñoz, a souligné que « l'application intégrale de ces résolutions est une tâche [commune] à laquelle non seulement les gouvernements mais aussi le système de l'ONU et la société civile doivent participer ». L'ambassadeur du Royaume-Uni, Jones Parry, a ouvert la discussion en rappelant que « ces résolutions devraient fournir un cadre pour la majorité des activités du Conseil de sécurité. Chaque fois que nous, les membres de l'ONU, demandons à l'ONU d'agir, ces résolutions devraient être au centre de nos prises de décision ». Les participants ont mentionné cinq résolutions où des progrès notables avaient été constatés : les missions de l'ONU consultent désormais régulièrement les groupes locaux de femmes; les initiatives en matière de désarmement, de démobilisation et de réintégration répondent aux besoins spécifiques des filles, des garçons et des femmes; et durant les deux dernières années, le Secrétaire général a établi un liste d'acteurs qui recrutent et utilisent des enfants soldats. Mais la grande majorité des participants ont estimé que le Conseil pouvait jouer un rôle plus important et plus systématique pour garantir l'application de ces résolutions.

    Certaines mesures concrètes pourraient être prises comme, par exemple, nommer un État membre ou un réseau d'États qui serait chargé de coordonner les travaux ayant trait à chaque question; établir une liste de contrôle pour assurer l'intégration des résolutions thématiques dans les résolutions par pays; et renforcer la collaboration des spécialistes des enfants qui informent le Conseil sur les questions de parité entre les sexes et celles relatives aux enfants. Les discussions ont également porté sur le rôle des organisations régionales dans l'application des résolutions du Conseil de sécurité, la prise de conscience générale insuffisante concernant les résolutions dans les zones de conflit et la nécessité de maintenir un échange d'informations régulier entre les ONG et le Conseil.

    Nombreux sont ceux qui se sont déclarés satisfaits de cette rencontre qui leur a permis de discuter de ces questions dans un cadre informel et neutre. Dans son discours de clôture, M. Muñoz a qualifié cette pratique de « nouvelle et unique ». Pourtant, « alors que nous pouvons nous féliciter, nous devons maintenant veiller à ce que ces principes de prévention, de participation et de protection soient intégrés dans tous les travaux du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

    Une prochaine table ronde est prévue dans les mois qui suivent. Elle s'appuiera sur les travaux de la première et cherchera à développer des critères d'évaluation et des outils pour promouvoir l'application des résolutions du Conseil tout en se concentrant plus spécifiquement sur les femmes, la paix et la sécurité humaine.

    Le Groupe de travail d'ONG sur les femmes, la paix et la sécurité a été créé en mai 2000 pour soutenir la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité. Lorsque la résolution a été adoptée à l'unanimité en octobre 2000, le groupe s'est attelé à la tâche difficile de faire pression pour garantir sa pleine application.
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