Chronique ONU

FNUPI : des partenariats au-delà des frontières
Par Amir A. Dossal

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L'article
Cet article est le premier d'une série qui traitera des nombreuses facettes des partenariats soutenus par les Nations Unies. Alors que l'engagement de l'ONU avec le secteur privé, les fondations et la société civile continue d'évoluer, les possibilités de partenariats innovants augmentent. Dans cette série, des partenaires du secteur privé et des fondations privées donneront leurs points de vue sur l'impact qu'ont les partenariats avec les Nations Unies.

Depuis longtemps, les Nations Unies mettent en place des partenariats pour améliorer l'expertise, l'infrastructure, la technologie, les fonds ainsi que d'autres ressources pour répondre aux défis auxquels est confrontée l'humanité. Dans le monde interconnecté d'aujourd'hui, ces défis nécessitent une action commune des parties prenantes. Ensemble, elles peuvent réaliser des objectifs que, seules, elles ne pourraient pas atteindre. Le FNUPI encourage et soutient ces efforts.

Photo/Fondation des Nations Unies
Dans le passé, les partenariats public/privé se résumaient en gros à ceci : « Vous nous donnez de l'argent et nous le dépensons ». Aujourd'hui, les partenaires collaborent et partagent les ressources intellectuelles et financières. Les partenariats qui exploitent les avantages comparatifs du gouvernement, du secteur privé, des fondations et de la société civile tirent parti des synergies et peuvent traiter des questions à facettes multiples qu'à lui seul un secteur n'a pas les ressources, ni la capacité à gérer. Les initiatives uniques peuvent non seulement ne pas atteindre leur potentiel mais aussi aller à contre-courant des efforts déployés ou faire double emploi.

Le secteur privé peut contribuer à l'infrastructure, à l'expertise technologique, aux compétences de gestion et à d'autres ressources. En plus des ressources financières, les fondations apportent le savoir et l'expertise. De leur côté, les partenariats créent un dialogue politique, soutiennent les efforts de promotion, le transfert de la technologie, l'assistance technique, l'information et l'apprentissage. Lors du Sommet du Millénaire de 2000, le Secrétaire général a demandé aux États Membres de créer de nouveaux partenariats avec tous les secteurs de la société civile afin de réaliser d'ici à 2015 des objectifs précis assortis d'une date butoir. Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ont été conçus pour combattre la pauvreté, la faim, les maladies, l'analphabétisme, la dégradation de l'environnement et la discrimination entre les sexes.

Les défis et les opportunités auxquels fait face la planète, qu'il s'agisse de la polio, du VIH/sida, de l'accès à l'eau potable, d'une croissance durable soucieuse de l'environnement, du terrorisme ou de la migration, sont trop vastes et trop complexes pour pouvoir être traités par les Nations Unies et les États Membres à eux seuls. Faire appel aux entreprises et à la société civile n'est pas seulement le meilleur moyen de trouver une solution mais peut-être le seul moyen de réaliser les OMD. Pour répondre à ces défis, le système de l'ONU nécessite l'infrastructure, le capital intellectuel et l'expertise du secteur privé et des fondations privées. Les discussions de l'Assemblée générale ont conduit à la création d'un cadre de travail avec les partenaires des entreprises et des fondations. La plupart des institutions, des programmes et des fonds de l'ONU ont demandé au secteur privé de créer des points d'intérêt pour identifier de nouveaux partenaires et renforcer les liens entre eux. Le FNUPI et le Pacte mondial ont rassemblé ces points en 2002 pour partager les expériences et les leçons tirées et créer un réseau au sein de la famille de l'ONU.

Le succès des partenariats entre l'ONU et la FNU a eu un effet multiplicateur, permettant au FNUPI et aux Nations Unies d'attirer et de promouvoir d'autres partenariats. Le FNUPI est souvent appelé à faciliter et à promouvoir ce type de partenariats, de réseaux et d'alliances avec diverses parties. Par exemple, Cisco System, CitiGroup, The Coca-Cola Company, Ericsson et PriceWaterhouseCoopers.

Il existe également une synergie naturelle entre les causes de l'ONU et celle des organismes à caractère philanthropique. Des partenariats ont été établis avec des fondations et des acteurs de la société civile, dont : African Medical and Research Foundation, Agag Khan Foundation, Bill and Melinda Gates Foundation, Charities Aid Foundation, Drucker Foundation, E7 Fund, Hilton Foundation, Open Society Institute of the Soros Foundation Network, Rockefeller Foundation, Rockefeller Brothers Fund, Rotary International et Welcome Trust, ainsi qu'avec des organisations non gouvernementales (ONG), telles que l'American Red Cross Society, l'Aspen Institute, Equal Access, Digital Partners, Hope Worldwide-Africa et l'International Business Leaders Forum.

Les réseaux permettent d'apporter les avantages des partenariats aux nouvelles parties. Le FNUPI a établi des liens étroits avec le Council on Foundations, l'European Foundation Centre, la Network of European Foundations for Innovative Cooperation, Europe in the World, la Chambre de Commerce des États-Unis et le Comité pour encourager la philanthropie des entreprises.

Les domaines couverts par les programmes du FNU/FNUPI
  • Le programme consacré aux femmes et à la population vise à améliorer la situation socio-économique des jeunes filles et des femmes ainsi que leur accès à l'éducation et aux soins de santé. Au Bangladesh, par exemple, le FNU/FNUPI appuie les efforts de l'UNICEF et du Fonds des Nations Unies pour la population afin de donner aux jeunes filles les moyens d'augmenter leurs opportunités socioéconomqiues et d'améliorer leur santé génésique.

  • Le programme consacré à l'environnement encourage les projets liés à l'énergie afin de lutter contre les changements climatiques dans les pays en développement et soutient les initiatives à long terme pour protéger la biodiversité de la planète. En République démocratique du Congo, la Fondation des Nations Unies (FNU) travaille avec les responsables des Eaux et forêts et les partenaires locaux et internationaux afin de fournir des ressources au personnel chargé du site et créer un soutien pour protéger la biodiversité à long terme.


  • Le programme consacré à la santé des enfants soutient l'approche de l'ONU visant à améliorer les systèmes de santé publique par des interventions préventives pour les maladies infectieuses, le tabagisme et la mortalité infantile. Suite à la campagne d'éradication de la polio menée depuis 16 ans, qui comprend des activités financées par la FNU, le nombre de pays endémiques est passé à 10.


  • Le programme consacré à la paix, la sécurité et les droits de l'homme encourage des approches intégrées à la prévention des conflits, tout en renforçant la position centrale des Nations Unies dans la cause des droits de l'homme. Par exemple, la FNU soutient les efforts de l'Organisation internationale du Travail en fournissant une formation juridique aux peuples autochtones afin qu'ils défendent leurs droits.

  • Les entreprises, les fondations et les ONG qui souhaitent soutenir les causes de l'ONU ont souvent besoin de conseils pour naviguer dans la bureaucratie de l'ONU. La FNUPI est de plus en plus amenée à fournir une sorte de service unique pour les mettre en relation avec les partenaires de l'ONU appropriés. Cependant, un partenariat efficace est bien plus que la navigation dans le système complexe de l'ONU et la transmission des informations. Il s'agit avant tout de créer et de renforcer des relations. Un temps de réponse rapide, la minutie, la gestion des attentes, comprendre ce qui est important pour un partenaire, ainsi que ce qui l'est pour les Nations Unies, sont des éléments importants qui permettent une collaboration fructueuse.

    Un partenariat solide se construit dans la durée, comme dans les relations amoureuses où, au début, chacun écoute l'autre, tient compte des différences et est sensible aux points forts et aux faiblesses de l'autre. Les idées, et non l'argent, crée une collaboration fructueuse. L'argent vient lorsqu'un terrain d'entente a été trouvé et que les partenaires peuvent contribuer au développement d'un projet ou d'un programme avec les Nations Unies. Les caractéristiques d'un partenariat efficace comprennent entre autres : une vision commune et un engagement à réaliser les objectifs du partenariat; une complémentarité des points forts des différentes parties prenantes dans le partenariat; une communication ouverte, honnête et régulière; des accords clairs établissant les rôles et les responsabilités et fixant des objectifs; et des mécanismes de communication et d'évaluation.

    Photo OMS/P. Virot
    L'éradication de la polio est un exemple d'initiative mondiale qui n'aurait pas pu être entreprise par un seul acteur. Lancée en 1988, c'est la plus importante initiative prise pour éradiquer la polio d'ici à 2005. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) coordonne les efforts, tandis que le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) fournit un vaccin oral.

    Les Centres de contrôle et de prévention des maladies et l'OMS offrent une expertise technique, tandis que le Rotary International a réuni environ 500 millions de dollars pour l'éradication de la maladie et envoyé des dizaines de milliers de volontaires sur le terrain. L'initiative comprend également des fondations privées, comme la FNU et la Bill and Melinda Gates Foundation, des gouvernements nationaux, la Banque mondiale et d'autres banques de développement, des organisations humanitaires et des partenaires d'entreprises, tels qu'Aventis Pasteur, De Beers et Wyeth. En Afrique, l'ONU a également bénéficié d'un soutien important de la société Coca-Cola, qui a réquisitionné ses camions frigorifiques pour transporter de grandes quantités de vaccin anti-polio dans les villages reculés.

    L'initiative First on the Ground est un partenariat qui s'appuie sur l'expertise et la technologie du secteur privé. Il regroupe la société de télécommunications Telefonaktiebolaget LM Ericsson, l'IFRC, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies et le Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

    Associer des partenaires pour le développement
    La politique de réforme menée par le Secrétaire général, Kofi Annan, comprend la création de partenariats avec le secteur privé et des fondations privées. Sous la direction de la vice-secrétaire générale, Louise Fréchette, le Fonds des Nations Unies pour les partenariats internationaux (FNUPI) met cette politique en pratique. Le FNUPI a été créé en 1998 par le Secrétaire général après que Ted Turner a offert un milliard de dollars au soutien des causes des Nations Unies. La Fondation des Nations Unies (FNU), l'organisation caritative créée par M. Turner, travaille avec le FNUPI pour financer et développer des programmes, et créer des partenariats. Sous la direction de Timothy E. Wirth, la FNU s'est développée en un mécanisme de soutien multidisciplinaire pour la famille de l'ONU. Pour concentrer les activités et assurer la meilleure utilisation des ressources, MM. Turner et Annan ont déterminé quatre domaines de priorité : les femmes et la population; l'environnement; la santé des enfants; et la paix, la sécurité et les droits de l'homme.

    Une équipe du FNUPI, travaillant avec ses homologues de la FNP, fait appel à des partenaires potentiels dont les intérêts, les compétences et les ressources se complètent et permettent de s'attaquer à la réalisation des objectifs de paix et de développement.

    Le partenariat entre l'ONU et Ericsson aide le système de l'ONU à assurer des communications mobiles efficaces pendant les opérations de secours humanitaire. Cette collaboration a, entre autres, permis de mettre en place, dans les 24 heures qui ont suivi le tremblement de terre qui a eu lieu en décembre en Iran, un réseau de communications pour 5 000 personnes de la région.

    L'Initiative Équateur, un partenariat entre la société civile, les entreprises et les fondations et le gouvernement canadien, la FNU et l'ONU, contribue à développer les capacités des entreprises locales, à créer des emplois tout en protégeant l'environnement dans les régions situées dans les régions tropicales. Au Sommet du développement durable de Johannesburg, le prix Équateur 2002 a été décerné à sept communautés dans cette région pour leurs efforts exceptionnels menés pour réduire la pauvreté ainsi que pour maintenir et préserver la biodiversité. Au Bélize, le Toledo Institute for Developement and Environnement (TIDE) a été récompensé pour ses programmes de formation de la population locale qui ont permis de produire des produits forestiers certifiés et de créer des emplois dans l'écotourisme. Une coopérative mexicaine, Café de la Selva, a été récompensée pour la production et la commercialisation de café certifié que de petits exploitants cultivent pour la consommation nationale et l'exportation. Cette Initiative montre, de plusieurs façons, que l'utilisation et la préservation de la biodiversité font partie des conditions essentielles à l'essor des entreprises locales.

    Les petites entreprises et organisations peuvent également travailler avec l'ONU pour améliorer la vie des gens. Books for Africa, une ONG établie aux États-Unis, qui collecte des manuels, des livres de bibliothèque et des ouvrages de référence et les expédie en Afrique, a établi un partenariat avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés pour fournir des livres dans les camps de réfugiés.

    Dans le cadre d'un projet pilote, 25 000 livres d'une valeur de 110 000 dollars ont été expédiés, début juin, dans le camp de réfugiés de Dukwe, au Botswana, qui abritent des réfugiés angolais, somaliens et namibiens. Une bourse octroyée par l'Initiative USAIDS Education for Development and Democraty a permis de couvrir les 8 000 dollars de frais de transport. Book for Africa compte envoyer 400 000 livres dans les camps de réfugiés au Kenya, en République unie de Tanzanie, en Ouganda et au Rwanda.

    Dessin d'Emmanuel Dugbartey, 16 ans, du Ghana, l'un des lauréats du concours d'affiches organisé par le Sommet mondial sur la société de l'information avec la collaboration de Cyberschoolbus ONU.
    L'Initiative Mother-to-Child Transmission Plus (MTCT) est un autre partenariat innovant mis en place par le FNUPI et dirigé par la Rockfeller Foundation. Il s'intéresse à la prévention du VIH/sida liée au traitement afin de réduire les risques de transmission de la mère à l'enfant. Parmi d'autres, l'UNICEF et l'Elizabeth Glaser Pediatric AIDS Foundation mettent en ouvre ce programme de 100 millions de dollars. La Mailman School of Public Health de l'université de Colombia à New York dirige le groupe de partenariats sur des questions techniques et opérationnelles et est parrainée par huit fondations.

    Pour soutenir le Groupe d'étude des technologies de l'information et des communications (TIC) de l'ONU, créé en 2001 pour développer les opportunités d'utilisation des TIC pour le développement, la FNUPI a établi des liens entre les corporations et les fondations pour soutenir les TIC dans les domaines de la santé et de l'éducation.

    La création de partenariats demande des efforts, elle est d'ailleurs parfois difficile. Mais, en définitive, pouvoir rassembler deux ou trois points de vue différents pour agir sur les crises d'aujourd'hui ouvre la porte à un nouveau monde de possibilités.
    Biographie
    Pour Amir A. Dossal, directeur exécutif du FNUPI, la création de partenariats c'est avant tout les gens et leur relation. Avant de diriger le Bureau de la politique de gestion de l'ONU de 1997 à 1999, il a été directeur de la gestion financière pour le Département des opérations du maintien de la paix. Avant de prendre ses fonctions à l'ONU en 1985, il a occupé divers postes de gestion dans le secteur privé à l'étranger.
    Liens
    UNFIP: The United Nations Fund For International Partnerships
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