Chronique ONU

Apprendre à connaître les Nations Unies
DePaul University School for New Learning
Par Par Patricia A. Szczerba

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L'article
Les étudiants sont entrés en classe les bras chargés de livres, de photos, de cartes postales, d'appareils photos, de magnétophones et de papiers. Ils bavardaient, heureux de se revoir. Après avoir déposé leur matériel, ils ont fait le tour de la table pour regarder les photos, évoquant avec enthousiasme les événements passés. J'ai ensuite commencé le cours en leur demandant comment s'était passée la conférence. Ils ont répondu à l'unisson : « fabuleuse », « extraordinaire », « fantastique », « super », « géniale », « les gens étaient formidables », « j'ai été emballé ».
Les rapporteurs de DePaul University (de gauche à droite) : Patrick Vrba, Colette Henderson, le professeur Pat Szczerba et Boe Miller. Assis : Andrea Gagliani et Pat Earnest.
La School for New Learning de DePaul University, située à Chicago, a offert un cours, Apprendre à connaître les Nations Unies, avec visites sur le terrain, dans le cadre duquel les étudiants ont assisté à la Conférence annuelle du Département de l'information/organisations non gouvernementales (DPI/ONG) qui se tenait au siège de l'ONU à New York. Cette université offre un programme de licence en lettres fondé sur les compétences destiné uniquement aux adultes de plus de 24 ans. La plupart des étudiants sont des employés d'entreprises situées dans les environs de Chicago. Avant de suivre le cours, peu étaient familiers avec les activités des Nations Unies et des ONG.

L'objectif de ce cours était de faire un compte rendu des expériences vécues durant la 56e Conférence annuelle DPI/ONG : sécurité et dignité humaines (voir Chronique ONU, numéro 4, 2003). Du 8 au 10 septembre 2003, les étudiants de DePaul University ont été les rapporteurs des 31 ateliers organisés et dirigés par les différentes ONG affiliées au DPI. Dix ou onze ateliers avaient lieu simultanément chaque jour sur des sujets aussi variés que la distinction subtile entre la sécurité humaine et les violations des droits de l'homme, ainsi que l'éradication de la pauvreté et le développement durable.

Notre cours a commencé en août 2003 avec la préparation à la Conférence. DPI nous a envoyé une description des sujets, ce qui a permis aux étudiants de choisir ceux qui les intéressaient le plus. Ils devaient couvrir un atelier chaque jour et, étant donné qu'il y avait plus de dix étudiants, certains ateliers comprenaient deux rapporteurs. Tous étaient frustrés car, devant la variété des sujets intéressants, ils voulaient tous assister à deux ou trois sessions à la fois. Mais un étudiant a vite trouvé la solution. « Enregistrons chaque session sur CD-rom et faisons des copies pour chacun d'entre nous. » Tous étaient ravis de cette idée. J'ai réalisé qu'un grand nombre de représentants des ONG faisant face au même problème, ils pourraient aussi disposer de l'enregistrement des sessions auxquelles ils ne pouvaient pas assister. Alors que les étudiants n'avaient pas les moyens d'enregistrer des CD pour des centaines de personnes, j'ai fait remarquer que nous pourrions créer un fichier audio sur notre serveur média en continu de DePaul University, qui pourrait être accessible par tous.

Le nombre de tâches pour chaque atelier se multipliaient. Les étudiants devaient prendre une photo de tous les membres du groupe de travail, enregistrer chaque session d'une heure et demie, prendre des notes (au cas où le magnétophone ne fonctionnerait pas) et vérifier l'orthographe des noms des orateurs. Je craignais que, devant ces nombreuses tâches, les étudiants soient découragés ou intimidés, mais ils étaient enthousiastes. Une fois la Conférence achevée, ils devaient rédiger un résumé de 500 mots pour chaque atelier que le DPI publiera et un autre, plus étoffé, qui sera affiché sur notre serveur. Nous devions également déterminer si les enregistrements audio étaient suffisamment de bonne qualité pour pouvoir figurer sur notre site Internet.

Extraits des discussions des étudiants sur leurs expériences de rapporteurs dans les ateliers du DPI/ONG
Pat Earnest (mariée, mère de famille, étudiante et assistante chez Motorola) : Lorsque je me suis inscrite à ce cours, je savais que ce serait intéressant mais je n'aurais jamais imaginé ressentir la responsabilité ou la fierté de faire partie de la Conférence des Nations Unies. En tant que rapporteur, j'avais la responsabilité de fournir à ceux qui ne pouvaient pas assister à l'atelier les informations qui y étaient présentées. J'arrivais tôt à chaque atelier pour installer mon magnétophone, mon appareil photo et mon bloc-notes, me présentais aux participants et prenais leur photo. Ils ont apprécié que leurs discussions fassent l'objet d'un rapport.

Patrick Vrba (ancien marine américain et directeur d'entreprise ayant travaillé en Afrique du Sud et de l'Ouest) : Personnellement, j'ai appris que le travail de rapporteur nécessitait de la discipline pour suivre le débat et y participer. Mais je devais aussi me concentrer pour prendre des notes sur les points essentiels de la discussion et j'espérais que mon magnétoscope marchait !

C'est la rencontre avec les participants et la rédaction des résumés qui m'ont le plus apporté. J'ai discuté avec les personnes qui dirigeaient les ateliers, qu'il s'agisse de hauts fonctionnaires de l'ONU, d'universitaires, de responsables d'ONG ou d'experts internationaux. Même si les intervenants et les participants ont exposé différents points de vue sur les questions mondiales, telles que le VIH/sida et les stratégies en matière de sécurité de l'approvisionnement en eau, l'atelier sur « la société civile et la sécurité humaine en Afrique » m'a le plus éclairé sur les conditions actuelles en Afrique. Mais le moment que j'attendais avec impatience était la fin de l'atelier car je pouvais alors discuter plus longuement avec les orateurs sur les sujets qu'ils venaient d'aborder. J'étais surpris et ravi qu'ils soient prêts à discuter avec moi. Je n'en revenais pas d'avoir l'occasion de parler à des responsables locaux tels que Bineta Diop, directrice exécutive de Femmes Africa Solidarité, le docteur Aminata Traore, du Mali, et Teclaure Ntomb, du Cameroun. Et discuter avec Ibrahim Gambari, secrétaire adjoint à l'ONU et conseiller spécial en Afrique, ainsi qu'avec d'autres dignitaires invités venant d'Afrique du Sud, de Roumanie et du Ghana a été une expérience enrichissante. Il y avait tellement de leaders intéressants que je ne peux pas les nommer tous !

Boe Miller (s'intéresse à la technologie open source pour la communauté open source) : Mon expérience m'a permis d'avoir un aperçu de la manière dont les ONG fonctionnent et de leurs diverses activités. Cette Conférence a renforcé les similarités qui existent entre nous, membres de la communauté internationale, et m'a montré que nous devons collaborer pour accomplir de grandes tâches.

J'ai surtout été impressionné par l'enthousiasme des personnes qui travaillent au niveau local et qui parlent avec compassion des progrès accomplis et de ce qui reste à faire. Des gens venant d'horizons différents ont débattu de sujets variés tels que les techniques de préservation des aliments, la nécessité de créer des politiques macroéconomiques qui s'appuient sur le capital humain. La diversité des talents réunis sous le même toit aux Nations Unies était un signe d'espoir pour le futur et démontrait le travail extraordinaire accompli par les ONG partout dans le monde. Cette Conférence et la rencontre de ces personnes si intéressantes ont renforcé mon désir d'être un acteur dans la famille humaine et d'offrir mes services à ma propre communauté.

Andrea Gagliani (mariée, mère de famille et comptable dans un petit cabinet comptable situé dans la banlieue de Chicago) : Quand je pense à mon expérience aux Nations Unies où j'ai entendu un nombre d'orateurs si divers, certains venant de pays dont je n'avais jamais entendu parler auparavant, je me souviens avoir été bouleversée par les innombrables problèmes et injustices dont j'ignorais l'existence. J'étais accablée jusqu'à ce que je prenne le temps de regarder autour de moi ces personnes enthousiastes qui travaillaient sans relâche pour faire évoluer les choses. Les ONG s'efforcent de combattre les injustices dans le monde et de défendre les droits des démunis. Je pensais que l'ONU était une organisation exclusivement laïque, mais j'ai découvert avec surprise que c'était aussi un lieu de spiritualité. Je pense que la spiritualité émane des gens qui consacrent leur vie à la paix et à l'altruisme.

Nombre de discussions ont porté sur l'éducation de la paix. Un orateur a raconté une histoire tirée d'un conte des Indiens d'Amérique : un garçon discute avec son grand-père. Celui-ci lui dit que deux loups habitent dans son cour - l'un est méchant et militariste, l'autre pacifique et gentil. Le garçon demande quel loup gagne la guerre dans le cour du grand-père et le vieil homme lui répond : « Celui que je nourris ». Voilà qui une histoire qui porte à réflexion.

Colette Henderson (assistante juridique) : Cette Conférence a été une révélation, spécialement les ateliers consacrés au VIH/sida. Sur les deux ateliers auxquels j'ai assisté, l'un m'a spécialement touché. C'est une chose de savoir que l'Afrique est affectée par la maladie et une autre d'entendre et de voir ceux qui aident les personnes infectées. Cela a été une grande leçon de motivation et d'éducation. Les orateurs ont fourni une information détaillée. Certains témoignages venaient de personnes qui vivaient ou avaient vécu en Afrique. La détermination de toutes ces personnes dans la lutte contre la pandémie m'a impressionnée. Ce qui m'étonnait, c'est qu'elles donnent tellement d'elles-mêmes alors qu'elles ne sont pas obligées de le faire. Comment ne pas être impressionné par le fait que la majorité de ces personnes, qui détiennent des diplômes universitaires, consacrent leur vie à aider les autres, alors quelles pourraient travailler en entreprise, gagner de gros salaires et se désintéresser des problèmes tels que le VIH/sida.

Cette expérience m'a enseigné beaucoup de choses. J'ai un profond respect pour l'Organisation et le rêve sur lequel elle est bâtie. J'ai eu un aperçu des problèmes mondiaux, ce qui a élargi mon point de vue sur un grand nombre de questions. C'est une expérience que je n'oublierai jamais et qui continuera de m'habiter pendant longtemps.

Pour de plus amples informations sur les résumés des ateliers des ONG de DePaul University, les photos et la sélection des fichiers audio, veuillez vous rendre au site www.lifelearn.depaul.edu/un/ngo/index.asp.

Biographie
Patricia A. Szczerba est directrice du Programme de vidéoconférences des Nations Unies, de l'Office of Distance learning and Visiting Faculty, à la School for New Learning à DePaul University (Chicago, USA). Elle est rédactrice pour l'Almanac du New York Times, où elle écrit des articles sur la santé mondiale, la population et les Nations Unies.
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