Chronique ONU

L'histoire de Servol
L'éducation par la communauté pour la communauté
Par sour Ruth Montrichard

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L'article
Servol was born in the aftermath of the Black Power riots which rocked Servol a été créé en 1970, après les émeutes raciales qui ont éclaté à Trinité-et-Tobago. Ses membres fondateurs, conscients de l'arrogance culturelle dont font souvent preuve ceux qui veulent faire le bien, ont adopté une philosophie qui privilégie l'écoute attentive et le développement de projets communautaires.

Après trois ans de tâtonnements, il fut décidé de se concentrer sur deux groupes d'âge suggérés par la communauté : les enfants de moins de 5 ans, âges particulièrement importants, et les 16 à 19 ans ayant abandonné leurs études ou en situation d'échec scolaire.

Photos offertes par Servol
Pendant plus de vingt ans, la Fondation hollandaise Bernard Van Leer a apporté son appui au centre en offrant non seulement un soutien technique aux programmes de soins et d'éducation de la petite enfance mais aussi un appui financier important. Elle a aidé à mettre sur pied une équipe d'experts internationaux qui ont mis au point pour les enseignants un programme de soins et d'éducation de la petite enfance très élaboré et adapté à la culture caribéenne. Servol a également reçu les honneurs après avoir été certifiée par l'université d'Oxford, qui a accepté d'être l'examinateur externe du programme.

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Lorsque ce programme de formation aux enseignants a été connu, les demandes ont afflué de la région des Caraïbes. Pour faire face à cette forte demande, Servol a demandé et reçu une aide financière de fondations américaines et européennes et a construit un foyer de quarante lits pour héberger les enseignants qui souhaitaient suivre pendant un an ce programme de qualité. Pendant les vingt dernières années, Servol a formé plus de 600 enseignants venant d'Anguilla, d'Antigua, de la Barbade, de la Dominique, de Grenade, de la Guyana, d'Haïti, de Montserrat, de Panama, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent ainsi que des îles Turques et Caïques.

Le programme pour adolescents a débuté comme un centre d'apprentissage traditionnel : apprendre aux jeunes un métier leur assurant un emploi. Les premiers résultats ont été décevants. Un nombre considérable de jeunes ont abandonné et ceux qui ont terminé le programme ont préféré rejoindre les bandes des rues plutôt que de chercher un emploi.

Photos offertes par Servol
Il était clair qu'il fallait offrir aux adolescents une formation préprofessionnelle afin de les aider à prendre conscience de leurs problèmes, à comprendre ce qui avait entravé leur développement et à les éduquer dans leur futur rôle de parents. C'est ainsi qu'est né Servol, Programme de développement de l'adolescent offrant un cours de trois mois et demi qui a été suivi par plus de 60 000 adolescents au cours des vingt dernières années. Les résultats ont été encourageants. Le taux d'abandon est très faible et les études d'évaluation ont montré que la plupart de ces adolescents sont devenus des parents qui s'occupent bien de leurs enfants. La pénétration de ce Programme a été plus longue que celle du Programme de la petite enfance, mais des programmes similaires existent désormais aux Bahamas, à Dublin (Irlande), à Grenade, en Guyana, à King's Willam Town (Afrique du Sud), à Sainte-Lucie et en Dominique.

Curieusement, alors que les programmes Servol ont été développés dans le monde entier, le gouvernement de la Trinité-et-Tobago s'est montré peu intéressé par ces initiatives lancées dans son pays. Mais, en 1986, un nouveau gouvernement a été élu et a demandé à Servol d'élargir ses programmes à l'ensemble du pays. Aujourd'hui, Servol administre plus de 180 centres de la petite enfance et 30 centres d'adolescents à Trinité-et-Tobago.

Ils sont dirigés par un Conseil villageois d'éducation qui supervise les centres, désignent les jeunes femmes qui suivront la formation d'enseignants et paye leur salaire grâce à une subvention accordée par le ministère de l'Éducation.

En 1995, Servol a demandé à la Banque interaméricaine de développement (BID) un prêt pour doubler les salaires des enseignants de maternelle. En outre, une demande a été adressée pour inclure 25 auxiliaires chargés d'éduquer les parents qui vivent dans les régions pauvres afin d'assurer que les enfants de moins de trois ans ont une alimentation adéquate et qu'ils reçoivent les soins parentaux nécessaires pendant les premières années de leur vie.

Photos offertes par Servol
En 1994, un membre de la communauté a demandé à Servol d'inclure des cours d'informatique et d'électronique pour les adolescents qui suivaient des cours de formation supérieure. Cela a semblé d'abord irréalisable, plus de 30 % des adolescents venant à Servol étant analphabètes. Une fois de plus, nous avons fait appel à la BID et, à notre surprise, l'idée a été prise au sérieux et un prêt important a été accordé pour une période de cinq ans pour la création de trois centres modernes au nord, au centre et au sud de la Trinité.

Ce programme a connu un grand succès et a permis de créer des centres de techniques avancées qui offrent des cours sur la réparation des ordinateurs, la mécanique des compresseurs, l'électronique pilotée par ordinateur, l'instrumentation et la maintenance industrielle générale. Grâce à ces cours, les élèves pourront accéder à des emplois bien rémunérés dans le secteur du pétrole ou du gaz naturel liquéfié, ce qui est considéré comme le dernier barreau de l'échelle que Servol a construite pour permettre aux jeunes de sortir de la misère et de mettre fin à leurs frustrations.

L'organisation a eu la chance de recevoir l'aide financière et technique de plusieurs fondations à vocation éducative, notamment la Fondation Bernard Van Leer, qui a fourni une aide technique et financière pendant plus de vingt ans. Parmi les autres contributeurs importants qui ont aidé au développement de la formation professionnelle figurent la Fondation interaméricaine (États-Unis), MISEREOR (Allemagne) et HELVETAS (Suisse). Servol a également développé des relations étroites avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance à Barbade et l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) établie à Paris. Son Directeur exécutif a présidé une conférence internationale sur l'éducation préscolaire, organisée par l'UNESCO en décembre 1982. En 1994, l'UNESCO a choisi Servol comme l'un des vingt meilleurs projets dans le monde et a publié une brochure sur l'organisation intitulée On the Right Track (Sur la bonne voie). Servol s'est également vu attribuer en 1994 le prix Nobel alternatif par la Fondation suédoise Right Livelihood.

Biographie
Sour Ruth Montrichard est directrice exécutive de Servol depuis 1993. Elle travaille avec l'organisation depuis 1975, où elle a participé au développement et à la gestion des programmes d'éducation de la petite enfance et des adolescents, ainsi que des programmes de formation des enseignants. Elle a également enseigné dans les écoles de la Trinité-et-Tobago et de Grenade.
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