Chronique ONU

Quatrième Commission
Politiques spéciales et décolonisation
Utilisation pacifique de la technologie spatiale pour la gestion de l'agriculture et de l'eau
La section de l'Assemblée générale a été coordonnée et rédigée par Vikram Sura

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L'article
Enrique Loedel, d'Uruguay, Président de la Quatrième Commission. Photo Chronique
Alors que les conflits font rage dans le monde, le concept de maintien de la paix continue de faire l'objet d'une attention particulière dans la Quatrième Commission et figurait dans un grand nombre des 22 résolutions adoptées sur ses recommandations.

Lors de la cinquante-huitième Assemblée générale, certains pays ont exprimé leurs inquiétudes concernant le rôle des opérations de maintien de la paix dans les situations de conflit et d'après conflit. Le Président de la Commission, Enrique Loedel (Uruguay), a dit à la Chronique que certaines délégations préconisaient un renforcement musclé des opérations de maintien de la paix, et d'autres le renforcement de l'approche collective. Je ne crois pas qu'ils aient trouvé un terrain d'entente sur la définition de ces opérations dites musclées », a-t-il ajouté.

Durant la session de cette année, la Serbie et le Monténégro ont plaidé en faveur du « désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion, de l'état de droit et de la réforme du secteur de la sécurité, en confiant au Conseil de sécurité des mandats précis. Dans une déclaration reprise par la Chronique, le Représentant permanent des pays, Dejan Sahovic, a dit : « L'instauration de l'état de droit est d'une importance cruciale pour la paix et la stabilité durables. Sans lui, le risque de nouveaux conflits persiste. C'est pourquoi nous devrions nous attacher à renforcer cet aspect des opérations complexes de maintien de la paix. »

Cuba a adopté un point de vue légèrement différent. Dans un entretien accordé à la Chronique, l'ambassadeur cubain, Orlando Requeijo Gual, a dit qu'il n'existait toujours « pas de consensus entre les États Membres sur la définition des interventions humanitaires ». Un grand nombre d'activités criminelles ont été perpétrées au nom de l'aide dite humanitaire. Nous considérons que la communauté internationale doit prendre position et parvenir à un consensus sur la définition de ce terme.

Mis à part ces positions concernant le rôle général des opérations de maintien de la paix, d'autres débats ont porté sur les opérations menées en Afrique. Dans son rapport 2003, le Comité spécial des opérations de maintien de la paix a déclaré :

« L'objectif est complémentaire aux obligations des États membres de contribuer à la paix et à la sécurité internationales en vertu de la Charte des Nations Unies, y compris en Afrique, et n'est pas destiné à remplacer l'engagement des pays non africains dans les opérations de maintien de la paix dans le continent. » Rappelant le débat sur les opérations de maintien de la paix dans la Commission, E. Loedel a dit : « L'Afrique étant une région qui est, malheureusement, sujette aux conflits plus que d'autres, l'assistance de la communauté internationale lui est indispensable. C'est peut-être la raison pour laquelle les délégués ont parlé d'opérations de maintien de la paix musclées, qui se sont avérées plus difficiles ou moins efficaces que les opérations de maintien de la paix conventionnelles. »

Le débat sur la sécurité a ensuite porté sur la prévention de la course aux armements dans l'espace extra-atmosphérique et sur les bénéfices des sciences spatiales, en complément de l'action prise par la Première Commission. La Quatrième Commission a recommandé à l'Assemblée générale, et adopté par consensus, la résolution sur la Coopération internationale dans les utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique. Dans le débat sur les sciences spatiales, les pays ont abordé la question de l'utilisation des techniques spatiales au service de l'agriculture, de la médecine et des prévisions météorologiques.

Walter Lichem (Autriche), un spécialiste des ressources en eau dans le monde, a attiré l'attention sur la manière dont les sciences et les techniques spatiales peuvent contribuer au développement et à l'utilisation efficace des ressources en eau. Selon lui, les décès causés actuellement par les maladies liées à l'eau sont 5 000 fois supérieurs à ceux causés par le terrorisme, ce qui souligne l'importance de la gestion de l'eau pour la sécurité humaine. Il a repris cette question lors d'un entretien avec la Chronique. « Je me souviens qu'en 1967-68, nous avons demandé aux pays du bassin du Nil de remettre à l'ONU les données sur leurs ressources en eau alors que personne ne voulait les partager. Les sciences spatiales ont permis un prodigieux bond en avant dans la gestion des ressources en eau de surface et souterraines. En Afrique, par exemple, les ressources en eau sont exploitées sans aucune coordination ni coopération; on se rend compte que l'espace offre un différent type de coopération; on ne peut contester les données recueillies dans l'espace. L'espace offre un potentiel non seulement technique mais politique dans la coopération avec, à l'appui, des données fiables. »

La Commission a également débattu de l'avenir des 16 territoires non autonomes. Lorsque les Nations Unies ont été fondées en 1945, 750 millions de personnes, soit un tiers de la population mondiale, vivaient dans des territoires non autonomes dépendant des puissances coloniales. Aujourd'hui, sur une population mondiale de 6 milliards, moins de 2 millions y vivent, et 80 anciennes colonies ont obtenu leur indépendance. Le président E. Loedel a déclaré qu'il espérait que la Quatrième Commission « continuerait d'être un lieu où l'on peut exprimer des points de vue différents » sur la décolonisation. Lors d'une conférence de presse, il lui a été demandé s'il estimait que l'ordre du jour de la Commission était « inutile et dépassé ». « Penser de la sorte serait comme si, dans une famille nombreuse, les plus jeunes seraient livrés à eux-mêmes lorsque les aînés ont grandi », a-t-il répondu.

Durant le débat, la représentante d'Antigua-et-Barbuda, qui s'exprimait également au nom de la communauté des Caraïbes, a attiré l'attention sur le « manque d'information ». Elle a dit que les représentants de la plupart des territoires n'étaient pas informés de leurs options politiques et « ne disposaient pas non plus d'informations suffisantes sur la dynamique coloniale dans les territoires ».

L'Assemblée générale a adopté trois résolutions sur la décolonisation : Renseignements relatifs aux territoires non autonomes, communiqués en vertu de l'Article 73 de la Charte des Nations Unies, par 163 voix pour et 6 abstentions, par laquelle l'Assemblée demandait à l'ONU de prendre en compte les suggestions du Comité spécial sur la décolonisation et de continuer à faire connaître les travaux des Nations Unies sur la décolonisation par le biais des publications, de la radio, de la télévision et de l'internet. Une autre résolution Application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l'Organisation des Nations Unies, a été adoptée par 116 voix pour et 55 abstentions. L'Assemblée a réaffirmé que l'existence du colonialisme quelle que soit sa forme ou sa manifestation, y compris l'exploitation économique, était incompatible avec la Charte de l'ONU, la Déclaration sur la décolonisation et la Déclaration universelle des droits de l'homme. Une autre résolution, Activités économiques et autres préjudiciables aux intérêts des peuples des territoires non autonomes, a été adoptée par 164 voix pour, 2 voix contre (Israël et les États-Unis) et 3 abstentions (les États fédérés de Micronésie, de France et le Royaume-Uni). L'Assemblée a exhorté les Puissances administrantes de sauvegarder le droit inaliénable des territoires non autonomes pour leurs ressources naturelles.

Le conflit au Moyen-Orient entre les Israéliens et les Palestiniens a fait l'objet d'une attention particulière avec 10 projets de résolutions sur un total de 22 recommandés à l'Assemblée générale pour adoption. Les travaux de l'UNRWA ont également été discutés en profondeur et l'Assemblée a adopté la résolution sur l'Assistance au peuple palestinien et le soutien à
l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient
(UNRWA), par 133 pour et 35 abstentions, qui soutenait les travaux menés par l'Office et demandait à tous les États de répondre aux besoins anticipés, y compris les appels à une assistance d'urgence. Une autre résolution sur les opérations de l'UNRWA a été adoptée par 162 voix pour, 5 contre (États-Unis, Israël, îles Marshall, États fédérés de Micronésie et îles Palaos) et huit abstentions. L'Assemblée a demandé à Israël de cesser de faire obstacle au déplacement du personnel, des véhicules et à l'approvisionnement des fournitures de l'UNRWA ainsi que de ne plus prélever de redevances ni de taxes supplémentaires, ce qui a un effet néfaste sur les opérations de l'Office.

Photo ONU
La Commission a également débattu d'un ensemble de questions sur les travaux du Département de l'information (DPI). Une résolution recommandée à l'Assemblée sur l'Information au service de l'humanité dans le cadre des Questions relatives à l'information a été adoptée sans vote. L'assemblée a exhorté tous les pays à « faire en sorte que les journalistes puissent travailler librement et efficacement, toute attaque contre leurs personnes étant résolument condamnée ».

Selon un texte intitulé Politiques et activités relatives à l'information des Nations Unies, également dans le contexte des Questions relatives à l'information, l'Assemblée a demandé au DPI d'accorder une attention particulière aux questions majeures, telles que l'éradication de la pauvreté, la prévention des conflits, le développement durable, les droits de l'homme, le VIH/sida, le combat contre le terrorisme et les besoins du continent africain.
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