Chronique ONU

58e Session de l'Assemblée générale
Revitaliser les travaux de l'Assemblée
La section de l'Assemblée générale a été coordonnée et rédigée par Vikram Sura

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L'article
Parmi les quelque 300 résolutions adoptées par la cinquante-huitième session de l'Assemblée générale des Nations Unies, une résolution importante concerne l'efficacité de l'Assemblée. Le texte cherche à établir des voies de communication et de coopération supplémentaires entre l'Assemblée, le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social.
Dans la résolution, Revitalisation des travaux de l'Assemblée générale, les 191 États Membres de l'Organisation ont réaffirmé à l'unanimité la « position centrale » de l'Assemblée. Au cours des deux prochaines années, les consultations devraient permettre d'améliorer la cohérence des décisions de l'Assemblée, de rationaliser ses méthodes de travail et de renforcer la coopération avec les deux Conseils. Le texte précise entre autre : « Les Présidents de l'Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Conseil économique et social devraient se rencontrer périodiquement afin de renforcer la coopération, la coordination et la complémentarité des trois organes [...] conformément à la Charte [de l'ONU]. » Le Président de l'Assemblée, Julian Robert Hunte (Sainte-Lucie) a noté que cette action était un « moyen de répondre efficacement aux défis mondiaux actuels ».

Au cours de ses réunions plénières qui ne font pas partie des six grandes Commissions, l'Assemblée a adopté 55 résolutions, dont la Convention des Nations Unies contre la corruption, une convention révolutionnaire qui a demandé à 130 délégations de l'ONU plus de deux ans de travail. Elle aborde les questions des marchés publics, de la corruption, de l'enrichissement illicite, du détournement de fonds, de la soustraction de biens, du blanchiment d'argent, de la protection des témoins, du gel de biens et de la coopération entre les États. S'adressant à l'Assemblée, le Secrétaire général, Kofi Annan, a dit que le traité « constitue une étape importante car il demande aux États Membres de restituer le produit de la corruption aux pays, propriétaires légitimes. »

Une autre résolution, Promouvoir la compréhension religieuse et culturelle, l'harmonie et la coopération, a été adoptée sans vote. Dans ce texte, l'Assemblée s'est félicitée des efforts menés par les États, les organisations pertinentes du système des Nations Unies et les autres organisations intergouvernementales, la société civile, notamment les organisations fondées sur la religion, les organisations non gouvernementales et les médias qui développent une culture de paix. L'Assemblée les a encouragés à promouvoir l'interaction religieuse et culturelle par le biais de congrès, de conférences, de séminaires, d'ateliers et de la recherche.

Parmi les autres résolutions adoptées en dehors des grandes commissions de l'Assemblée figurent : Assistance pour lutter contre les mines, visant à « encourager la mise en place et le développement de capacités pour lutter contre les mines dans les pays touchés »; Vers des partenariats mondiaux entre les Nations Unies et tous les partenaires pertinents, en particulier le secteur privé « afin de répondre aux défis que pose la mondialisation »; et Sûreté et sécurité du personnel humanitaire et protection du personnel des Nations Unies, par laquelle l'Assemblée « a fermement condamné tout acte ou tout manquement ayant pour effet d'entraver ou d'empêcher le personnel humanitaire et le personnel des Nations Unies d'accomplir leurs fonctions humanitaires » et a exprimé « son inquiétude devant l'escalade des menaces dirigées contre ces personnels, menaces qui ont atteint un niveau sans précédent au cours des dix dernières années ».

Suivant les recommandations de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale), présidée par Jarmo Sareva (Finlande), l'Assemblée a adopté la résolution Amélioration de l'efficacité des méthodes de travail de la Première Commission, qui demandait au Secrétaire général de compiler et de solliciter les points de vue des États Membres sur l'amélioration de l'efficacité des méthodes de travail, au vu des menaces auxquelles est confronté le monde depuis le 11 septembre. L'Assemblée a voté 29 des 52 résolutions recommandées par la Première Commission, adoptant les autres sans vote. Le terme « nucléaire », couvrant des aspects tels que la prolifération et la réduction des armes nucléaires non stratégiques, l'élimination des armes nucléaires, les zones exemptes d'armes nucléaires et la fin de la course aux armements nucléaires, figurait dans 14 résolutions.

La Deuxième Commission (économique et financière), présidée par Iftekhar Ahmed Chowdhury (Bangladesh), a recommandé 37 résolutions à l'Assemblée, dont toutes sauf deux ont été adoptées sans vote. Le débat a principalement porté sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), notamment la réduction de moitié, d'ici à 2015, du nombre de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable, l'élimination des inégalités entre les garçons et les filles dans l'enseignement primaire et secondaire et la mise en place d'un système commercial et financier non discriminatoire. La Troisième Commission (sociale, humanitaire et culturelle), présidée par Martin Belinga-Eboutou (Cameroun), a recommandé à l'unanimité une résolution historique, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, qui a été adoptée par l'Assemblée. Le traité a été conçu pour faire face à la recrudescence de la criminalité organisée et oblige les États Membres à intégrer ses dispositions dans leur législation nationale. La Commission a recommandé 70 résolutions à l'Assemblée; toutes ont été adoptées, dont 24 par vote. Beaucoup concernaient les droits de l'homme dans des pays spécifiques, l'autodétermination, la mondialisation et les avantages du développement.

Les territoires non autonomes, la question du Sahara occidental et les opérations du maintien de la paix dans les sociétés sortant d'un conflit ont été parmi les questions traitées par la Quatrième Commission (politiques spéciales et décolonisation), présidée par Enrique Loedel (Uruguay). Elle a recommandé 22 résolutions à l'Assemblée, dont 10 relatives au conflit israélo-palestinien.

La Cinquième Commission (administrative et budgétaire), présidée par Hynek Kmonicek (République tchèque), a recommandé 32 résolutions, toutes adoptées sans vote. Elle a approuvé un budget total de 3,16 milliards de dollars pour l'exercice 2004-2005 et a demandé au Secrétaire général de proposer un cadre stratégique pour remplacer le plan actuel à moyen terme sur quatre ans par un plan reflétant les objectifs à long terme de l'Organisation, ainsi qu'un plan biennal. La Sixième Commission (juridique), présidée par Lauro L. Baja, Jr., (Philippines), a recommandé 15 résolutions, dont une recommandait de reporter à l'année prochaine le débat et le vote sur la question controversée du clonage et une autre sur la convention contre le terrorisme international qui continue d'être débattue.

Cette session de l'Assemblée s'est également penchée sur la diplomatie informelle dans le cadre de la résolution intitulée Appui du système des Nations Unies aux efforts déployés par les gouvernements pour promouvoir et consolider les démocraties nouvelles ou rétablies. La résolution, qui a été adoptée par consensus avec la coopération de la majorité des États Membres, avait été débattue en septembre 2003 à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, où s'était tenue la Cinquième Conférence internationale des démocraties nouvelles ou rétablies. La réunion avait porté sur la manière dont la coopération internationale et l'assistance de l'ONU pouvaient aider les États à instaurer un gouvernement démocratique.

Une approche globale vers la paix
Marqué par deux guerres mondiales, de nombreux conflits et l'ombre du terrorisme constituant une menace pour la sécurité de tous, le XXe siècle aura probablement été le siècle le plus destructeur de l'histoire de l'humanité.

Soulignant la nécessité de promouvoir une culture de paix dans un monde où la guerre et les conflits n'ont cessé de sévir, l'Assemblée générale a adopté à l'unanimité la résolution Décennie internationale pour une culture de paix et de non-violence pour les enfants du monde 2001-2010. L'Assemblée a demandé aux États Membres de continuer d'exercer leur influence sur les activités qui encouragent la paix et la non-violence et que la Journée internationale de la paix soit observée chaque année le 21 septembre.

En proposant la résolution, Iftekhar Ahmed Chowdhury, représentant permanent du Bangladesh auprès de l'ONU, a constaté que le monde redécouvrait les valeurs de paix, de solidarité et de compréhension. Il a dit à la Chronique que l'objectif était de « créer une société mondiale, où l'harmonie l'emporte sur la haine et où la stabilité supprimerait la suspicion ». De même, « si nous inculquons aux enfants une culture de paix dès le début, nous pourrions prévenir ces actes de violence ». Pour ce faire, il faut se concentrer sur certains domaines. Selon l'ambassadeur, tous les États Membres, la société civile et les personnes devraient promouvoir la « culture de paix », qui constitue un ensemble de valeurs et d'idées fondées sur « le développement durable et social, la participation démocratique, la tolérance, la solidarité, les droits de l'homme et la circulation libre du savoir qui transcende les frontières ». Une telle entreprise permettrait de « faire disparaître le terreau qui nourrit des pensées irrationnelles comme le terrorisme ».  

— Namrita Talwar
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